Viviane Tranquille est classée troisième tête de série des Championnats nationaux de taekwondo.

La quête olympique de Viviane Tranquille [VIDÉO]

Trois-Rivières — Une mononucléose a ralenti Viviane Tranquille l’été dernier. La maladie a presque eu raison de son rêve olympique, mais voilà qu’elle se prépare à défier les meilleures athlètes du Canada en taekwondo, samedi à Laval, dans la première étape d’une route qui, espère-t-elle, la mènera aux Jeux de Tokyo.

Il n’y a pas à dire, la jeune femme de Champlain revient de loin. Celle qui a dû s’avouer vaincue dès son premier combat aux Universiades en juillet a laissé place à une taekwondoïste en pleine forme, plus tard au cours de l’automne à l’Open du Canada de Montréal. Une victoire contre une Mexicaine, championne des Jeux panaméricains chez les moins de 49 kg, a gonflé la confiance de Tranquille, considérée depuis des années comme l’une des bonnes espoirs de son sport au pays.

«Je ne m’entraîne que pour ces sélections depuis des semaines. Je suis très confiante. Ce n’est pas seulement de rêver pour rêver, je me dis que je suis dans le coup que j’ai une réelle chance de passer.»

Le Nouvelliste l’a rencontrée au gymnase du Club Performance de l’aréna Jean-Guy-Talbot, lundi après-midi. Comme c’est son habitude, elle s’entraînait avec les jeunes du programme Sport-études, qui tentent de suivre sa voie vers l’excellence. Bon nombre d’entre eux feront le voyage jusqu’à l’hôtel Sheraton de Laval, samedi, pour la voir en action.

«J’annule tous les cours de samedi, il n’y aura pas de coachs au club pour les plus jeunes. Tout le monde veut encourager Viviane! Nous serons une cinquantaine du club à Laval, des parents et des amis. C’est la preuve que Viviane est très appréciée. Elle s’implique tellement avec nous», mentionne son entraîneur Tommy Boisvert, qui sera aux premières loges.

Beaucoup d’appelées, une élue

Le processus de qualification pour Tokyo 2020 est quelque peu complexe.

Taekwondo Canada recevra samedi les dix meilleures filles au pays pour le tournoi des -49 kg. Viviane Tranquille est classée troisième. Les positions 2 à 10 s’affronteront dans une compétition à double élimination: deux victoires en autant de combats propulseraient la Mauricienne vers le carré d’as, où la place d’Yvette Young, tête de série numéro un, est acquise.

«Il y a une possibilité de faire jusqu’à 11 combats samedi, mais ce n’est pas la route que je souhaite prendre. Avec cinq victoires, je gagne les sélections nationales. Le plus expéditif ce sera, le mieux ce sera!»

La jeune femme de Champlain revient de loin. Il y a quelques mois, elle combattait une mononucléose. Samedi, elle participera à l’une des compétitions les plus importantes de sa carrière.

Sauf que ça ne s’annonce pas facile, loin de là! Ce n’est pas un hasard si la fédération canadienne a choisi les -49 kg chez les dames pour dénicher une des deux représentantes du pays à Tokyo. En effet, cette catégorie regorge de potentiel: les cinq meilleures ont toutes une chance de causer des dégâts sur la scène internationale. L’autre catégorie du Canada chez les femmes à Tokyo sera celle des -57 kg, avec Skyler Park, déjà qualifiée.

«C’est bien de voir que Taekwondo Canada croit en ma catégorie de poids. Yvette Young est classée numéro un, sauf qu’elle se bat normalement chez les 46 kg. C’est une fille d’expérience. Elle est très petite, environ 5 pieds, ce ne sera pas facile pour elle chez les 49 kg», analyse Viviane Tranquille qui, à 5p4, se situe dans la moyenne. «Mon principal atout, c’est ma force musculaire.»

La fille qui s’imposera au tournoi de Laval se rapprochera du rêve olympique. En fait, il ne resterait qu’une dernière étape avant Tokyo: les qualifications continentales, au début du mois de mars au Costa Rica. «J’ai battu la championne des Panams à Montréal, alors je sais que c’est réaliste d’y croire. Mais il ne faut pas sauter d’étape. Je dois absolument gagner à Laval avant de penser à la qualification continentale.»

Devancer le cycle

Viviane Tranquille n’a su qu’il y a quelques mois qu’une porte s’entrouvrait pour les Olympiques de 2020. Consciente de l’opportunité à saisir, elle a décidé de mettre ses études en veilleuse pour se concentrer sur l’entraînement.

«Techniquement, je visais Paris 2024, ce qui m’amènera à 24 ou 25 ans. Par contre, je dois tenter ma chance dès cette année, surtout en étant classée troisième au pays. Déjà, que je sois à Laval, c’est une bonne évolution si je me compare à l’été dernier...»

Aux prises avec la mononucléose, elle pouvait dormir jusqu’à 15 heures par jour. «Ma soeur me sortait aux Aigles le soir et je retournais me coucher! J’ai su trois jours avant de partir à Naples pour les Universiades que je pouvais recevoir des coups, car ma rate n’était plus enflée. J’ai pris l’avion et je suis arrivée là-bas sans entraînement, avec Marianne [Leclerc, sa partenaire au gym et une de ses bonnes amies]. En fin de semaine, je serai dans de bien meilleures dispositions. Et je compte bien en profiter.»

Son entraîneur partage cette confiance, rappelant avec justesse que sa protégée a remporté quatre titres nationaux depuis le début de sa carrière. «Quand elle dicte sa loi au début d’un combat, Viviane est dure à battre. Elle a cassé la main de la championne des Panams à l’Open du Canada! Elle arrive à maturité et on croit en ses chances d’accéder aux Jeux.»