Si la plupart des rivaux de Simon Kean n’ont pas été les plus courageux, préférant encaisser leur chèque sans souffrir, Alexis Santos promet une bien meilleure opposition de sa part, le 10 février à Shawinigan.

«La pression est sur Kean»

SHAWINIGAN — Il sera seul au monde sur le ring du Centre Gervais Auto en fin de soirée le 10 février, lors de la finale du gala de boxe concocté par les Cataractes et Eye of the Tiger Management. Et ça fait son affaire!

Alexis Santos (18-2, 15 K.-O.) aura devant lui en Simon Kean un olympien affamé, entouré d’au moins 3000 personnes qui s’attendent à le voir enregistrer une 13e victoire en autant de sorties depuis qu’il est chez les pros. Santos sait bien qu’il est le négligé des parieurs, un statut qu’il endosse volontiers.

«La pression est sur Kean. C’est lui qui se bat devant ses fans, sa famille, ses amis. Moi, tout ce dont j’ai à m’occuper, c’est de respecter le plan de match que j’ai tracé avec mon entraîneur», indiquait Santos, dans une entrevue exclusive accordée au Nouvelliste mercredi après-midi.

Santos sait que plusieurs rivaux de Kean n’ont pas voulu mélanger avec lui une fois la cloche sonnée. Certains n’ont pas été très courageux, préférant encaisser un chèque sans souffrir. L’Américain promet une bien meilleure opposition de sa part. «Kean est un gars avec un bon jab, une belle carrière amateur. Je pense que son physique a pu intimider quelques-uns des gars avec qui il s’est battu. Moi, ce n’est pas quelque chose qui m’effraie. Je ne me bats jamais contre des gars de ma taille de toute façon! Sur papier, il part certainement favori. C’est correct. Le papier, c’est une chose, la vérité c’est sur le ring qu’on la connaît!»

Son entraîneur, Sean B. Farley, rappelle que Santos a couché Daniel Martz il y a deux ans, pourtant un géant de 6’7’’, pour s’emparer de la ceinture internationale de l’IBO des poids lourds. «C’est un titre qui ne nous appartient plus, mais qu’Alexis n’a pas perdu dans le ring. Voilà qu’on nous offre la chance de se battre maintenant pour la ceinture intercontinentale de l’IBO. C’est la raison pour laquelle nous venons à Shawinigan. C’est une belle opportunité pour nous.»

Santos a accepté le combat à trois semaines d’avis, après la retraite surprise de Solomon Haumono. Les promoteurs ont approché plusieurs boxeurs avant lui pour servir de plan B, notamment Adam Braidwood, sans réussir à les convaincre de signer le contrat. L’ex-champion de la Nouvelle-Angleterre, lui, n’a pas mis de temps à répondre à l’appel.

«Je suis au gymnase depuis décembre, alors il n’y avait aucun problème de ce côté. Je suis prêt à faire 10 rondes s’il le faut. Prêt à faire n’importe quoi pour gagner. Le travail de base était fait quand le téléphone a sonné, les trois dernières semaines m’auront permis de me préparer de façon spécifique pour Kean. J’ai mis les gants avec de gros poids lourds. Certains étaient même plus imposants que lui. Je sais dans quoi je m’embarque.»

«C’est juste de croire qu’Alexis n’a jamais affronté un boxeur de la trempe de Kean. C’est juste aussi de dire qu’Alexis sera le meilleur boxeur que Kean aura affronté dans sa carrière. Les gagnants d’un tel scénario, ce sont les fans de boxe qui seront présents, car ils risquent d’avoir droit à tout un combat», analyse Farley, qui débarquera avec son poulain en Mauricie mardi.

Rappelons que Santos a subi une défaite par décision partagée à sa dernière sortie en septembre, face à Niall Kennedy (10-0). Son seul autre revers fut encaissé aux mains de Martz, alors qu’une blessure à une cheville subie au premier assaut a forcé Santos à abdiquer après trois rondes. Lors du match revanche, Martz s’était fait passer le K.-O. à la septième reprise.

Kean, de son côté, a facilement disposé de Mike Sheppard (25-21-2) à son dernier combat en décembre, l’arrêtant au deuxième round.

En plus du choc Kean-Santos, la carte prévoit huit autres combats, dont les demi-finales entre Steven Butler (21-1-1, 18 K.-O) et Uriel Gonzalez (16-3-1, 12 K.-O.) de même que Mathieu Germain (12-0-0, 6 K.-O.) et Cam O’Connell (16-1-1, 10 K.-O.). Le Trifluvien François Pratte (5-0) et le Drummondvillois Jordan Balmir (7-0-0), tous deux affiliés au Club Performance comme Kean, seront eux aussi en action pour ce premier gala dans la ville de l’électricité en 12 ans.