François Pratte aura son avenir en boxe entre ses mains samedi soir à Shawinigan.

La porte s’ouvre

TROIS-RIVIÈRES — On entre dans une semaine de boxe qui sera tout sauf banale en Mauricie, et qui mènera au choc tant attendu au pays entre les poids lourds Simon Kean et Adam Braidwood samedi prochain au Centre Gervais Autos.

Les deux mastodontes vont se croiser pour une première fois en fin d’après-midi ce samedi, à l’occasion d’un entraînement public au stade Stéréo+.

Un troisième pugiliste sera de l’activité, qui se tiendra avant le match entre les Aigles et les Capitales de Québec. Même s’il sait que les projecteurs ne seront pas sur lui, François Pratte se promet de savourer le moment, lui qui va disputer le combat le plus important de sa carrière en sous-carte.

Ex-champion canadien chez les amateurs, Pratte est invaincu en six sorties chez les pros. Malgré ce sans faute, il peine à attirer l’attention des promoteurs. Pendant que d’autres peuvent se dédier à la boxe, Pratte a conjugué études, emploi et sa passion ces dernières années. Un mélange pas toujours évident.

Mais voilà que la porte s’ouvre. Camille Estephan, Grand Manitou d’Eye of The Tiger Management, a bien voulu lui offrir un dangereux rival cette fois. Éric Taylor, un pugiliste de l’Ouest canadien, n’a qu’une défaite à son palmarès en 11 combats. Il est aussi plus pesant que le Trifluvien. L’occasion d’impressionner le grand boss lui est servie sur un plateau d’argent.

«C’est vraiment tout un test. S’il gagne son combat avec une belle performance, on va certainement discuter ensemble de l’opportunité de lui offrir un contrat de plusieurs combats», explique Estephan, qui croit que Pratte pourra alors prétendre à un titre canadien. «C’est entre ses mains. Il sera évalué sur ce qu’il donnera face à Taylor. Après la soirée de samedi, il saura s’il peut faire des sous avec la boxe. Et moi, si je peux en faire avec lui comme promoteur.»

Pratte ne se laisse plus bercer par de potentielles associations. Il a appris à prendre un combat à la fois, et à faire confiance au destin. Voilà que celui-ci lui offre un tremplin. «C’est drôle, l’équipe de Taylor nous avait approchés l’an dernier pour un combat. Nous avions dit oui mais ils avaient fait marche arrière après avoir pris leurs informations», sourit Pratte. «Taylor a plus d’expérience maintenant, et puis il a le même promoteur que Braidwood, alors le combat a peut-être été un peu plus facile à mettre sur pied. C’est parfait, il s’en vient me donner mon meilleur défi en carrière. J’ai hâte de le relever. Il est classé cinquième au Canada. Si je le bats, plus personne ne pourra rien dire sur mon parcours!»

Le protégé de Jimmy Boisvert ne fait pas d’urticaire avec le fait que le poids limite a été fixé à 128 livres pour cet affrontement de six rondes, lui qui normalement embarque sur la pesée à 124. «J’y vois même un certain avantage. Je n’ai pas eu à faire de diète. Je suis déjà à 132 livres. Pas besoin, donc, de souffrir comme un malade avant d’embarquer sur la pesée. C’est une étape difficile normalement, ça occupe tes pensées pendant quelques jours. J’en suis soulagé, et je sais que je vais entrer dans le ring plus fort. Ça va faire une différence.»

En plus des combats Kean-Braidwood et Pratte-Taylor, cinq autres combats sont à l’affiche. La demi-finale est assurée par Yves Ulysse Jr (15-1) et Ernesto Espana (25-0-1). Andranik Grigoryan (6-0) fera face à Daniel Olea (13-4-2), Nurzat Sabirov (6-0) va se mesurer à Guillermo Romero (12-6), le surdoué Sadriddin Akhmedov (2-0) sera défié par Gustavo Garibay (13-10-2), et Artur Ziyatdinov (5-0) sera opposé à Mario Aguilar (18-4). «C’est une carte dont nous sommes très fiers. Une demi-finale Ulysse-Espana, normalement, tu ne peux pas avoir ça sur ton gala à moins d’avoir le support d’un gros réseau de télévision. On aime l’équilibre de nos combats. Nos gars seront testés», prévoit Estephan, qui se dit très confiant que le gala fera salle comble. Quelque 1350 billets - dont quelques tables VIP - sont encore disponibles sur les 5500 qui ont été planifiés. «Normalement, lors de la dernière semaine menant à un gala, on vend 50% de nos billets. Nous sommes beaucoup plus haut que ça. Je pensais qu’on serait même plus haut mais il est vrai qu’il y a beaucoup de galas de boxe au Québec en peu de temps. La bonne nouvelle, c’est qu’Ovechkin a réglé sa première Coupe Stanley de bonne heure, et le Grand Prix de Montréal se termine dimanche. Après, tout le monde parlera de notre événement!»

En passant, Eye of the Tiger Management et les Cataractes ont décidé de se payer plus de sécurité qu’à l’habitude autour des pugilistes dans les événements publics, vu la tension qui règne entre Kean et Braidwood. On tient à ce qu’ils s’affrontent samedi prochain, pas dans un entraînement public, en conférence de presse ou à la pesée!