En début de saison, Yves Tremblay avait été présenté comme un complice d’Étienne Boileau. Dans les faits, les deux hommes n’ont travaillé ensemble que quelques semaines. Voilà que Tremblay pourrait prendre la relève de Boileau si jamais celui-ci quittait le marché trifluvien.

«La porte n’est pas fermée»

TROIS-RIVIÈRES — À partir du moment où Étienne Boileau déciderait de faire ses valises et de quitter Trois-Rivières après une année d’opérations hyper difficile à la tête des Draveurs, il y a au moins un homme d’affaires en Mauricie qui serait prêt à écouter les dirigeants de la Ligue nord-américaine de hockey si ceux-ci souhaitent vraiment garder la cité de Laviolette sur leur carte géographique.

Sans surprise, il s’agit d’Yves Tremblay, qui a flirté avec le dossier à plusieurs reprises au cours des dernières années. Incapable de faire valoir ses points à l’interne auprès des investisseurs principaux, Tremblay s’est chaque fois retiré de la bouillante marmite.

La dernière fois, c’était l’automne dernier. Les Draveurs l’avaient nommé vice-président. Deux semaines plus tard, il était réduit au rang de conseiller spécial. Or Boileau ne l’a pas consulté une fois. Méchant conseiller spécial!

«C’est correct, on ne voyait pas les choses de la même façon. Moi, je voulais mettre une structure, faire des changements importants. Il n’avait pas la même vision, alors on a pris nos distances.»

Tremblay a vu comme tout le monde les résultats du règne de Boileau. Ça n’a que renforci son idée sur la médecine à administrer au produit en place pour lui permettre de reprendre sa place dans le marché. Si Richard Martel lui passe un coup de fil pour sonder son intérêt, sa réponse est prête. «La porte n’est pas fermée. Mais si je prends le dossier, je vais le mener à ma manière. La recette actuelle ne fonctionne pas, c’est assez clair. Si je n’obtiens pas la marge de manœuvre dont j’ai besoin, je vais passer mon tour.»

Le propriétaire de Plante Sports a établi deux conditions non négociables pour sauter dans l’aventure d’un éventuel sauvetage. Primo, il veut engager Dean Lygitsakos pour prendre en main le secteur hockey. Secundo, il souhaite négocier une entente plus avantageuse avec la Ville de Trois-Rivières.

«Dans la LNH, quand Toronto a eu besoin d’un gars de hockey pour virer les choses, ils ont engagé le meilleur en Mike Babcock. Je regarde ce qui se fait à Shawinigan dans le junior, et Martin Mondou m’impressionne grandement. C’est le poteau au milieu de la tente. Eh bien, Dean (Lygitsakos), c’est l’équivalent dans la Ligue nord-américaine de hockey. Avec lui, j’ai le sentiment qu’on pourrait mettre en place quelque chose de différent. De solide. De durable», lance Tremblay. «Mais avant toute chose, ça prend un meilleur appui de la Ville. Je regarde l’aide qui est accordée aux Aigles, ou même au Grand Prix de Trois-Rivières. Je ne suis pas contre, bien au contraire. Je me dis par contre qu’il pourrait y avoir un peu plus d’équité dans la façon d’aider les organisations sportives. Une concession de l’envergure de la Ligue nord-américaine a besoin que sa ville soit un partenaire plus engagé…»

Si ces deux conditions sont réunies au départ anticipé de Boileau, possible que les Draveurs survivent. «Je pense sincèrement qu’il y a un moyen de mettre quelque chose d’intéressant sur pied pour les amateurs. C’est la raison pour laquelle je vais écouter si le téléphone sonne. Mais je vais y aller avec mon plan ou je n’irai pas du tout», prévient Tremblay, conscient que plusieurs gestionnaires ont raté leur coup dans pareille aventure ces dernières années.

Boileau, pour sa part, n’a pas retourné les appels du Nouvelliste pour une deuxième journée d’affilée.