La situation demeure difficile pour les équipes bantam et midget du simple lettre à l’association du Cap-de-la-Madeleine.
La situation demeure difficile pour les équipes bantam et midget du simple lettre à l’association du Cap-de-la-Madeleine.

La grogne ne s’estompe pas au Cap

TROIS-RIVIÈRES — Un mois après des sorties médiatiques et une manifestation devant les bureaux de Hockey Mauricie, la situation demeure difficile pour les équipes bantam et midget du simple lettre à l’association du Cap-de-la-Madeleine (AHM), déplorent certains parents.

Non, la grogne ne s’estompe pas chez eux. La nouvelle structure régionale adoptée en mai dernier en irrite encore plusieurs.

Le printemps passé, de nouveaux territoires de regroupements visant à rassembler les meilleurs hockeyeurs d’un même secteur ont été approuvés lors de l’assemblée générale annuelle de Hockey Mauricie. Onze des 12 associations de la région ont voté en faveur de la refonte, tandis que celle du Cap s’est abstenue.

Pour diverses raisons, comme les déplacements et les coûts plus élevés, peu de joueurs de cette AHM ont répondu présents aux camps de sélection de ces nouveaux regroupements. En réponse, l’organisme qui régit le hockey dans la région a demandé à l’AHM de former deux équipes de niveau A et une de niveau B dans la classe bantam, ainsi que deux formations de calibre A pour le midget. Auparavant, on comptait deux équipes dans le B.

Représentant du mouvement de contestation de l’AHM, Daniel Robitaille a pris l’initiative de publier des comptes-rendus des cinq formations des Barons du Cap touchées par ces changements. Résultats: tous les clubs du hockey récréatif en arrachent. La fin de semaine dernière, ils ont encaissé 68 buts et n’en ont inscrit que 8.

Cinq départs

Selon Robitaille, cinq joueurs ont tout simplement décidé d’accrocher leurs patins. Un entraîneur a quant à lui quitté, conscient qu’il ne pouvait diriger des joueurs de niveau A, habitué qu’il était au niveau B.

«Les gens prennent la mesure de l’injustice. Un éventuel départ de tous les entraîneurs a même été envisagé, sauf qu’on s’est dit que ça pénaliserait nos jeunes, exactement comme le fait Hockey Mauricie.»

N’empêche que la frustration gagne les hockeyeurs adolescents. «Ils se critiquent beaucoup entre eux. Certains entraîneurs ont dû faire des mises au point avec les parents. Ce n’est pas drôle quand tu vois un jeune gardien quitter l’aréna la tête basse et l’air totalement dévasté, surtout quand il se rend bien compte qu’il devrait être dans le B plutôt que le A...»

Daniel Robitaille craint désormais que certaines équipes se retrouvent en pénurie de joueurs, plus la saison avancera.

«Est-ce que notre association aurait pu en faire davantage pour inciter les meilleurs à participer aux camps du double lettre? Probablement que oui. Mais ce qui me choque, c’est d’entendre des gens insinuer qu’on voulait juste paqueter nos équipes du simple lettre, alors que ce n’était pas le cas du tout. On a même invité Hockey Mauricie à assister à nos matchs intra équipes et hors-concours pour leur prouver le contraire. Ils ne se sont jamais pointés.»

Réponse de Hockey Mauricie

Chez Hockey Mauricie, on refuse de décrire la situation comme une pénitence à l’endroit d’une AHM. Pour ses dirigeants, il s’agit plutôt d’une conséquence afin de se montrer équitable.

En ce sens, le vice président hockey, Émile Desmarais, reprend sensiblement les propos du président de la structure régionale René Leclair.

«Il y a 11 assos sur 12 qui ont accepté la structure au mois de mai. Je trouve ça triste que monsieur Robitaille ne lâche pas le morceau. Je regarde les divers classements du simple lettre bantam et midget, il n’y a pas que les Barons qui connaissent un début de saison difficile. D’autres équipes d’associations différentes vivent aussi des moments plus durs et je n’entends personne se plaindre là-bas. Les Barons ont fait des choix, ils doivent les assumer.»

Émile Desmarais se rapporte aux règlements administratifs 4.3.2 et 4.3.3 de Hockey Québec pour expliquer la décision de créer une équipe de niveau A supplémentaire dans le bantam et le midget à l’AHM du Cap.

«Nous n’avons rien inventé et tout le monde doit s’y plier. Il y a quelques années, Trois-Rivières-Ouest et Shawinigan ont vécu des situations semblables de reclassement. Ç’a été accepté, même s’ils n’étaient pas très heureux. Personne n’a réglé ses comptes sur les réseaux sociaux...»

Le vice président hockey termine en invitant les parents mécontents à proposer leur nom afin de siéger sur un conseil d’administration, que ce soit de leur AHM ou chez Hockey Mauricie.

«On est bénévoles nous aussi.»