Dominik Crête s’est invité parmi l’élite canadienne grâce à sa victoire lors du K1-200 mètres aux essais nationaux.

La grande éclosion de Crête

TROIS-RIVIÈRES — Les innombrables heures à l’entraînement se sont finalement avérées payantes pour Dominik Crête lors de la troisième tranche des essais nationaux de canoë-kayak présentés au bassin olympique de Montréal. Face à l’élite nationale, le porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières a surpris bien des observateurs en arrachant la victoire de l’épreuve la plus relevée du week-end, le K1-200 mètres. En prime, ce triomphe pourrait lui ouvrir les portes des Championnats du monde.

Confronté à des rameurs comptant des participations aux Jeux olympiques ou encore aux Championnats du monde, le Trifluvien de 26 ans a notamment devancé au fil d’arrivée nul autre que Mark De Jonge, olympien à Londres 2012 (médaillé de bronze) et Rio 2016 ainsi que double champion du monde sur cette distance (2014, 2015).

Pour le principal intéressé, cette victoire, bien que satisfaisante, n’avait rien d’inattendu. «Tout en demeurant humble, je m’attendais à gagner. J’avais de grandes attentes cette année. Cet hiver, je sentais que je me rapprochais de plus en plus des premiers et je pensais gagner lors des premiers essais nationaux qui ont eu lieu en Géorgie. Malheureusement, j’ai livré une contre-performance à ce moment. Ce week-end, quand j’ai gagné, c’était un feeling incroyable. Cette année, j’ai escaladé la montagne, avant de la débouler et ensuite réussir à l’escalader jusqu’au bout. J’ai le sentiment du devoir accompli!»

Son entraîneur Mathieu Pelletier ne tarissait pas d’éloges à la suite de cette performance. «Il a réussi à gagner la course qu’il voulait gagner depuis les premiers essais nationaux. Il avait le potentiel et, cette fois, il a tout contrôlé. C’est une épreuve dans laquelle il y a énormément de profondeur au Canada.»

La victoire de Crête est d’autant plus impressionnante compte tenu de son parcours atypique. Après une pause de huit ans, le kayakiste a effectué un retour à la compétition en 2015, à l’invitation de Richard Dober Jr. Crête était alors bien loin de se douter qu’il allait devancer un athlète de la trempe de De Jonge, un jour! «Je croyais que c’était une blague! Pourquoi un gars qui est allé aux Jeux olympiques voudrait ramer avec moi, se rappelle-t-il. Il est devenu un mentor pour moi. Il a cru en moi.»

Par ailleurs, Crête a voulu mettre toutes les chances de son côté cet hiver pour atteindre ses objectifs. Il s’est donc joint aux meilleurs kayakistes au pays pour le camp d’entraînement en Floride. Or, contrairement aux membres de l’équipe nationale, le Trifluvien ne détient pas de brevet de la fédération nationale. C’est donc à ses frais qu’il s’est offert ce perfectionnement. «Il a un cheminement hors du commun. Contrairement aux gars avec qui il rivalise, il travaille à temps plein, sur des horaires rotatifs, à travers l’entraînement et les compétitions. C’est tout à son honneur d’atteindre ce niveau.»

Grâce à cette victoire, les portes de l’équipe nationale pourraient bientôt s’ouvrir pour Crête en vue des Championnats du monde. Un dernier obstacle se dresse toutefois devant lui. Au cours des prochains jours, il devra se frotter en duel à Alex Scott, qui a aussi remporté un course de K1-200 m plus tôt cette saison, pour mériter le casier disponible aux Mondiaux. Chose certaine, il sera des Championnats panaméricains à la fin de l’été.

Outre Crête, Laurence Vincent-Lapointe a aussi visité la première marche du podium dans la métropole. Même si elle n’avait rien à gagner lors de ces essais, puisque son billet pour les Mondiaux est déjà dans la poche, la reine du canoë a tout de même remporté le C1-200 m et le C1-500 m.

De retour sur l’eau après une pause salutaire, l’olympienne Andréanne Langlois est quant à elle parvenue à rivaliser avec les meilleures grâce à deux deuxièmes positions (K1-200 m et K1-500 m). Elle a ainsi obtenu une place pour les Panaméricains, tout comme Vincent Jourdenais.

Les Juniors brillent aussi
Sur le parcours olympique montréalais, quelques autres rameurs du club trifluvien ont profité des essais nationaux pour se magasiner une participation à des rendez-vous d’envergure. Du lot, les kayakistes juniors Laurent Lavigne et Alexandre Martin ont particulièrement bien fait. Pendant que Lavigne s’est offert trois podiums en autant de courses, dont une victoire en K1-500 m, Martin a brillé au moment opportun en survolant le tracé en K1-200 m. Le duo sera notamment aux Championnats du monde juniors et U23 qui auront lieu en Bulgarie, du 26 au 29 juillet.

Du côté féminin, les kayakistes Alexanne Morin et Ariane Dessureault ont aussi livré de bonnes performances pour attirer l’attention des décideurs et mériter une invitation aux Panaméricains juniors, tout comme leur coéquipier en canoë Édouard Beaumier.

Enfin, en paracanoë, la région a également capté l’attention. En vertu de ses résultats, Mathieu St-Pierre, du club de canotage de Shawinigan, prendra le départ aux Championnats du monde ainsi qu’aux Panaméricains. À ce dernier rendez-vous, son coéquipier Yves Bourque sera aussi de la partie.