Artturi Lehkonen a inscrit le premier de ses deux buts en avantage numérique, dimanche, dans la victoire de 4-1 du Canadien contre les Sénateurs.

La génération avantage numérique

Quelle est la définition du développement au hockey? L’entraîneur du Moose du Manitoba, Pascal Vincent, en avait offert probablement une des plus justes, il y a quelques semaines. «C’est placer des joueurs dans des situations où on sait qu’ils vont peut-être échouer. Mais on les met là quand même, on doit être patient et répéter.»

Malgré une fin de semaine réjouissante, les chances du Canadien d’accéder aux séries restent minimes. Il y a les points au classement, bien sûr, mais aussi — et surtout — les équipes entre le Canadien et la dernière place disponible. Dans ce contexte, aussi bien se tourner vers l’avenir.

Et quand on se tourne vers l’avenir, on fait exactement ce dont Pascal Vincent parlait. Le meilleur exemple en ce moment chez le Canadien? La deuxième vague de l’avantage numérique déployée face aux Ducks d’Anaheim et aux Sénateurs d’Ottawa.

Victor Mete est le quart-arrière à la ligne bleue à 19 ans seulement. Devant lui, Charles Hudon, 23 ans, puis Artturi Lehkonen et Nikita Scherbak, 22 ans. Joe Morrow complète le groupe. Ensemble, ils ont trouvé le moyen de marquer deux fois la fin de semaine dernière.

C’est comme si l’avantage numérique était devenu une histoire de générations. Les leaders actuels du Canadien dans la première vague, la prochaine génération dans la deuxième. On ne regarde plus en arrière, on oublie l’incertitude qui entourait Mete, la saison sans lustre de Lehkonen. Ça ne donne plus rien, de toute façon. Si Julien garde le cap, on assistera pour ces joueurs à une fin de saison aux allures de camp d’entraînement.

«Ça m’a pris un an et demi avant de jouer sur l’avantage numérique à Tampa», a lancé Jonathan Drouin pour mettre en perspective les nouvelles responsabilités de ses jeunes coéquipiers. «C’est agréable à voir, surtout quand ils ont tous le même âge. Tout le monde se tient ensemble. À cinq ou six plus jeunes, ils sont capables de communiquer ensemble plus facilement parfois.»

Drouin a vu juste. Hudon a d’ailleurs expliqué le modus operandi de ce groupe de jeunes. «Quand on doit se parler, on se parle. C’est différent. Oui, les vétérans prennent des décisions en ce moment. Nous, les jeunes, on fait des remue-méninges tous dans le milieu et on choisit la meilleure option pour tout le monde. Ça aide, et ça nous a amené du positif en fin de semaine.»

Prochaine génération

«Tu parles de Mete, Hudon, Scherbak, on est satisfaits de l’évolution et de la façon dont ces jeunes joueurs se développent, a admis Claude Julien, mardi. Avec l’expérience, ils nous en donnent de plus en plus. Sur l’avantage numérique, on voit qu’ils sont capables de faire le travail.»

Attardons-nous un instant sur ces trois joueurs de première année. Passons rapidement sur Hudon, qui n’a plus besoin de présentation. Si quelque chose est brisé dans la formation du Canadien, il y a de fortes chances qu’on demande à Hudon de le réparer. C’est tout dire.

Pour Victor Mete, la rumeur veut qu’il soit l’un des rares intouchables chez le Canadien. Sa saison en a été une d’apprentissage. On s’éloigne de plus en plus du défenseur qui a passé six minutes sur la glace plus tôt cette saison.

«J’apprécie avoir la chance d’aider l’équipe à aller de l’avant. C’est excitant. C’est une folle année. Je ne savais pas si j’allais être de la formation, puis je ne savais pas si j’irais aux Mondiaux juniors, je ne savais pas si j’allais revenir, je ne savais pas si j’allais dépasser les 40 matchs. J’ai vécu des montagnes russes, mais ce n’est rien de négatif.»

Puis, il y a Scherbak. Certains avaient perdu espoir de le voir s’établir dans la LNH après deux années ternes dans la Ligue américaine. Mais il s’est imposé comme un leader avec le Rocket de Laval cette saison, et le voici aujourd’hui aux côtés d’Alex Galchenyuk et de Jonathan Drouin au sein d’un trio résolument offensif.

L’entraîneur vante son coup de patin, sa force physique, reconnaît même que son joueur comprend mieux le hockey. Scherbak n’est de retour que depuis deux matchs, il a encore tout à prouver. En revanche, force est d’admettre qu’il n’est plus le même homme. On le voit plus posé, plus allumé devant les journalistes.

«J’ai changé d’attitude, je suis plus ouvert, a reconnu Scherbak. Avec le Rocket, je devais être un exemple pour les plus jeunes. C’était pareil aussi à mes débuts, les plus vieux m’ont aidé. Je suis devenu plus mature.»

Par la force des choses, l’avenir commence maintenant pour le Canadien. Claude Julien a tout intérêt à le reconnaître, 30 secondes d’avantage numérique à la fois.

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RIEN DE NOUVEAU DU CÔTÉ DE L'INFIRMERIE

Rien n’a changé du côté des blessés. Shea Weber (pied gauche) n’est toujours pas près d’un retour au jeu et Phillip Danault (symptômes liés à une commotion cérébrale) continue de patiner en solitaire. Son état s’améliore, aux dires de Julien, mais pas assez pour fixer une date où il pourrait renouer avec ses coéquipiers à l’entraînement. Quant à Ales Hemsky, lui aussi aux prises avec des symptômes liés à une commotion cérébrale, il n’est toujours pas en mesure de s’entraîner avec contacts. Il a patiné en solitaire après l’entraînement du Canadien. Les hommes de Claude Julien tiendront une dernière séance d’entraînement, mercredi, qui pourrait être plutôt brève, car l’équipe s’envolera ensuite vers Philadelphie pour y affronter les Flyers, jeudi soir. Le Canadien y jouera quelques heures à peine après le défilé commémorant le triomphe des Eagles au Super Bowl contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.  La Presse canadienne