Auteur de 12 points en 21 matchs avec les Admirals de Milwaukee dans la Ligue américaine, Anthony Richard a obtenu une promotion avec les Predators en fin de semaine.

La folle journée d’Anthony Richard

TROIS-RIVIÈRES — Vous lisez souvent que les joueurs de la Ligue américaine ne sont qu’à un coup de fil de la LNH. Anthony Richard peut en témoigner, lui qui a fait ses débuts dans le show samedi soir avec les Predators de Nashville.

Le Trifluvien, qui en est à sa deuxième saison chez les pros après un brillant parcours junior, a été utilisé pendant sept minutes par Peter Laviolette face aux Blackhawks de Jonathan Toews et Patrick Kane. Récit d’une journée folle.

Le coup de fil

«Il était environ 11 h 30 quand le téléphone a sonné. J’étais relax à l’appartement, j’écoutais la télévision. On avait joué la veille, ça ne faisait pas très longtemps que j’étais debout. Je devais prendre l’autobus à 14 h avec les Admirals pour se rendre à Rockford pour y affronter le club-école des Blackhawks. Puis quand j’ai vu qui appelait, je me suis mis à stresser un peu. C’est rare que tu reçois un appel du directeur-gérant. D’habitude, c’est soit pour t’annoncer que tu es échangé, soit pour te dire que tu es rappelé. J’ai répondu le plus calmement possible mais en dedans, le cœur battait vite.»

Et il n’a pas eu beaucoup de répit pour les heures qui ont suivi! La conversation a été courte. Richard avait deux heures pour récupérer son équipement à l’aréna, puis pour filer à l’aéroport. Il était rappelé à la suite de la blessure subie par la grande vedette offensive du club, Filip Forsberg. En chemin, il a eu le temps d’appeler ses parents mais le délai était trop court, impossible pour eux d’arriver à temps pour le premier match de fiston. «Ils m’avaient toujours dit qu’ils seraient là le jour où ça arriverait mais c’était juste impossible. Même moi, je suis arrivé juste. J’ai mis les pieds à Nashville à 16 h, j’ai filé directement à l’aréna. J’ai eu un court meeting avec les entraîneurs pour parler un peu du système de jeu puis la première chose que j’ai su, j’étais rendu sur la glace.»

Le match

Richard avait bien sûr rêvé de ce moment depuis son enfance. Il avait entendu bien des histoires au sujet de l’ambiance au domicile des Predators, il espérait que son baptême soit là. Or c’était encore plus excitant qu’il ne l’avait planifié. «Les gars m’en avaient parlé mais je pense qu’il faut le vivre pour comprendre à quel point les partisans des Predators sont uniques. Je n’ai jamais une ambiance comme celle-là dans un aréna. Ils chantent tout le temps, ça ressemble à une foule de soccer. Du banc, tu ne comprends pas tout, mais tu saisis qu’ils sont dans le match à 110 %. C’est unique!»

Le jeune homme n’a pas mis de temps à comprendre qu’il ne disposait pas de tout son arsenal habituel. Les jambes étaient plus lourdes qu’à l’habitude. Dès sa deuxième présence, il s’est retrouvé aux côtés de Kane à la mise en jeu. Bienvenue dans les ligues majeures, kid! «La première chose à laquelle j’ai pensé, c’était que je ne devais pas le laisser filer à la mise en jeu. C’est pas le plus gros, j’ai réussi à faire le travail au plan physique mais quand le jeu s’est développé par la suite, j’ai pu voir à quel point un gars comme lui est doué. Je n’ai pas joué beaucoup, il y a eu pas mal de pénalités des deux bords. J’avais le meilleur siège de l’aréna pour épier les joueurs en avantage numérique. J’ai pris des notes!», rigole-t-il.

L’ex-vedette des Estacades midget AAA se disait satisfait de son match. «J’avais un peu moins d’énergie que d’habitude, je n’ai pas pu avoir la même routine. Je pense avoir été quand même en mesure d’amener de la vitesse. Quand tu joues un premier match, tu veux surtout éviter de faire des gaffes. Plus ça avançait, plus j’étais à l’aise. J’ai même touché le poteau en fin de match. J’ai fait dévier un tir, puis j’ai entendu le son de la rondelle qui touche la tige. Je me suis retourné, j’espérais voir la rondelle au fond du filet mais ce sera pour une prochaine fois. Ça aurait été tellement la cerise sur le sundae.»

La suite

Les joueurs des Predators ont eu congé dimanche. Étant donné tout ce qu’il avait vécu, Richard n’a pas eu de mal à trouver le sommeil samedi soir. Rejoint en fin d’après-midi dimanche, il ne savait pas trop la suite des événements. Il croit en apprendre davantage lundi matin, alors que les Predators vont s’entraîner avant de se mesurer aux Sabres de Buffalo en soirée. «Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Nick Bonino était malade samedi, peut-être que mon sort à court terme est lié au sien. Ça ne donne rien de trop faire de scénarios pour l’instant. Je vais me présenter à la pratique demain matin (lundi), en espérant qu’on va à nouveau me confier un poste dans l’alignement face aux Sabres.»

Si ça se passe ainsi, Richard croit être en mesure d’en donner plus à Laviolette. «Le jeu est différent dans la LNH, je sais maintenant à quoi m’attendre. Dans la Ligue américaine, tout le monde essaie de se prouver, il y a plus de jeux individuels. Les gars courent pas mal un peu partout. Dans la LNH, les joueurs sont toujours bien placés. Tu as des options de passe, tu as du soutien dans tes batailles un contre un. Bien sûr, c’est plus rapide. Mais en même temps, quand tu comprends ça, tu peux en tirer profit. C’est ce que je vais essayer de faire la prochaine fois. Espérons que ce sera contre les Sabres!»