Le Bellemare est en quête d’un troisième championnat consécutif.

La finale qu’on n’attendait pas

Trois-Rivières — D’un côté, les champions des deux dernières saisons. De l’autre, l’une des formations les plus dédiées du hockey senior AAA. Vendredi soir à Louiseville, le Bellemare et les Sportifs de Joliette se rencontrent dans le premier choc d’une finale qui sera intéressante. Peu de gens auraient d’ailleurs parié sur la présence en ronde ultime de ces deux équipes, il y a quelques mois à peine.

Dans le camp du Bellemare, c’est le manque de constance pendant la saison qui les a relégués au troisième rang du circuit. Devant eux, La Tuque et Cap-de-la-Madeleine étaient identifiés comme les favoris.

«Je pense qu’à un certain moment, on était blasés. Les joueurs avaient pris l’habitude de jouer avec un enjeu maximal, donc on a perdu plusieurs matchs serrés», explique l’entraîneur-chef Dean Lygitsakos, dont la troupe s’est heureusement prise en main quand ça comptait, c’est-à-dire en fin de saison ainsi qu’en séries.

Les Louisevillois attaqueront d’ailleurs cette finale dans le rôle des favoris. Ils ont gagné quatre championnats en cinq ans au hockey senior. Ils sortent à peine d’une demi-finale très émotive face au Climatisation Cloutier. «On a fait vibrer la Mauricie, on a rempli deux arénas», souligne avec fierté Lygitsakos, témoin de quelques scènes fâchantes au cours de ce duel épique. «Il y a eu beaucoup de suspensions données, d’autres qui n’ont pas été données. J’ai entendu des horreurs dans les gradins, j’ai essayé de me dissocier de tout ça en plus d’épurer mes réseaux sociaux. Il y a eu du dénigrement et du racisme. Je trouve ça malheureux, surtout avec les récentes histoires de la Ligue nord-américaine.»

Les Sportifs misent sur le gardien le plus efficace des présentes séries en Frédéric Piché.

Lygitsakos regrette que des gens aient voulu créer une confrontation entre lui et son bon ami Éric Haley, qui dirige l’équipe de Cap-de-la-Madeleine. «Nos familles étaient assises ensemble dans les gradins, ça n’a pas changé grand-chose! La seule chose que je trouve dommage, c’est de voir que des partisans s’en permettent autant en prétextant qu’ils dépensent 10 $ pour assister aux parties.»

Le pilote en chef espère donc une atmosphère plus saine en finale, alors qu’il sera de nouveau confronté à un type qu’il connaît bien, cette fois André Lachance, son ancien entraîneur chez le Bellemare du temps où il occupait uniquement les fonctions de directeur-gérant. Lachance a soulevé la coupe en 2017 et 2018 avec la gang de Louiseville. «Il faudra encore gérer le niveau d’émotions! André est un double champion et je ne suis pas surpris par la victoire des Sportifs contre La Tuque. Ils sont dédiés et ont un très gros premier trio.»

Rock Régimbald, Jean-Philippe Caron et Nicolas Larocque-Marcoux sont tous installés au sein du top-5 des meilleurs pointeurs de la Ligue de hockey senior AAA du Québec, en séries. Quant au gardien Frédéric Piché, brillant face aux Loups, son pourcentage d’efficacité atteint ,924. Il est premier à ce chapitre. Son vis-à-vis de Louiseville, Philippe Gatien, s’en tire bien lui aussi (huit victoires, deux défaites et pourcentage d’arrêts de ,916). Les Sportifs ont freiné les Loups, champions du classement général, en les empêchant d’utiliser leur vitesse, principale source du succès de la meute en saison. Les joueurs du Bellemare, eux, sont reconnus pour l’étanchéité de leur défensive. Bref, on pourrait assister à une guerre de tranchées.

Le Bellemare devrait saluer le retour à temps plein de Francis Charette, sa figure de proue à l’attaque. Blessé, Charette a dû rater quelques matchs et dans ceux auxquels il a pris part, son entraîneur l’a uniquement assigné à l’avantage numérique. «Ça promet! J’ai aimé la façon de réagir de nos joueurs dans la série contre le Cap. Malgré les suspensions, nous n’avons pas été affectés. On est jeunes, mais matures, et une partie du groupe a vécu les deux derniers championnats. On est prêts», assure Lygitsakos.

Les Sportifs aussi, parole d’André Lachance! «On est sortis motivés de notre victoire sur La Tuque. De remporter le premier match de la demi-finale nous a insufflé beaucoup de confiance, on va tenter de répéter le coup à Louiseville», soutient Lachance, qui considère son adversaire derrière le banc comme son mentor. «Il m’a tout montré dans le coaching! J’ai été son capitaine à l’époque du Canadel, puis on a remporté un championnat avec le Caron et Guay à Trois-Rivières et deux autres chez le Bellemare. Ce sera vraiment spécial.»

La rondelle tombera sur la glace à 20 h 30 vendredi.