Jean Pascal est clairement le meilleur boxeur de sa génération au Québec. Olympien, champion du monde chez les pros, il s’est toujours fait un devoir de se mesurer aux plus grands de son sport. Il n’a pas gagné toutes ses guerres, mais il a toujours performé.

La fin d’une grande carrière?

Jean Pascal n’a jamais eu la reconnaissance qu’il méritait. Il est clairement le meilleur boxeur de sa génération au Québec. Olympien, champion du monde chez les pros, il s’est toujours fait un devoir de se mesurer aux plus grands de son sport. Il n’a pas gagné toutes ses guerres, mais il a toujours performé.

Son palmarès est beaucoup plus étoffé qu’un Lucian Bute, par exemple. Pourtant, il est cinq fois moins adulé que le Roumain. Il y a une question de tempérament en jeu, certes. Bute est un gentleman. Pascal, un esprit libre qui ne déteste pas la controverse et les réflecteurs. Sa personnalité ressemble drôlement à Patrick Roy, un autre gamer. Roy faisait presque l’unanimité, Pascal a autant de détracteurs que de fans. Pourquoi? Dur à comprendre. J’espère seulement que ce n’est pas une question de couleur de peau…

Elbiali a choisi le mauvais client
Pascal a offert un autre échantillon de ses dons vendredi soir à Miami. Face à une jeune étoile montante invaincue, qui l’avait choisi pour gravir les échelons, il a refusé ce rôle de faire-valoir. Même s’il a été traité comme tel.

C’est en monarque qu’il a quitté le ring, après avoir arrêté Ahmed Elbiali au sixième assaut d’un combat qu’il a dominé.
Pascal a juré après le duel que sa carrière était bel et bien terminée. Ça fait quelques semaines qu’il évoque la retraite. Lui seul sait si c’est encore une de ses ruses, ou si c’est une façon de mousser sa valeur.

Vrai que le temps l’a usé. Il vieillit comme tous les boxeurs. L’expérience compense jusqu’à un certain point, mais il n’est plus le gars qui a sorti Chad Dawson du top 5 mondial livre pour livre, ou qui a servi une leçon à Bute.

Face à Bossé ?
Par contre, il reste quand même une force de la division. Elbiali vient de douloureusement s’en rendre compte. Il semble être le client idéal pour Steve Bossé, qui veut imiter Connor McGregor et passer de l’octogone du UFC à un ring de boxe. Bossé-Pascal, le potentiel est là pour générer des revenus en mesure de payer les combattants de façon respectable dans un Centre Bell qui pourrait attirer plusieurs milliers de fans. Voilà une fin de carrière plus logique pour une bête de scène comme Pascal, non?

Et qui sait si, après avoir battu Bossé, Pascal ne recevra pas une invitation du clan d’Adonis Stevenson. Ils bossent tous les deux pour Al Haymon. Et un Pascal en fin de carrière ne serait pas trop menaçant pour Stevenson, que Haymon protège à outrance. Simonac, même Mickey protégeait moins Rocky! Ce combat arriverait trois ou quatre ans trop tard mais bon, il serait quand même intéressant. Pas mal plus en tout cas que tous les duels de Stevenson réunis depuis qu’il a mis la main sur son titre mondial !

Choyés
Les amateurs de boxe d’ici sont choyés depuis le mois de décembre. Il y a d’abord eu Artur Beterbiev qui a cueilli facilement son premier titre mondial. En dispute contractuelle avec Yvon Michel, Beterbiev n’est pas très connu en ce moment mais ça va changer s’il continue de boxer au Québec. Dur de voir qui, dans sa division, pourra stopper un boxeur aussi complet. Beterbiev rêve de se retrouver dans le même ring que Sergei Kovalev, et pas sûr du tout que ce dernier aura l’avantage si ça matérialise.

Ensuite, il y a eu cette performance magique de Pascal. À lire les réseaux sociaux, plusieurs se sont réconciliés avec lui à la suite de cette victoire. Tant mieux.
Reste que le dessert, ce sera le choc David Lemieux-Billy Joe Saunders pour le titre mondial WBO le week-end prochain à Laval. Bravo à Camille Estephan d’avoir réussi à attirer le clan Saunders au Québec. Le champion est invaincu, mais c’est la première fois qu’il quitte l’Angleterre. Il va débarquer en terrain hostile, face à un cogneur qui va le pourchasser. Du bonbon, à quelques jours de Noël.

Qui veut se mesurer à Kean ?
L’année 2018 sur la planète boxe québécoise devrait s’amorcer le 10 février à Shawinigan, si Roger Lavergne et Estephan réussissent à convaincre un poids lourd potable de monter sur le même ring que Simon Kean.

C’est compliqué en titi, trouver chaussure au pied d’un olympien invaincu de 6’5’’ qui cogne dur. Les promoteurs cherchent un boxeur en mesure de défier le Trifluvien. Ils ont beau offrir une bourse alléchante, ils n’ont pas encore trouvé preneur après un mois de recherche.

Adam Braidwood a repoussé l’offre la plus lucrative de sa carrière. Le nouveau champion canadien Mladen Miljas, qui vient tout juste de détruire Dillon Carman, n’est pas intéressé lui non plus. Une demi-douzaine de boxeurs des États-Unis ont offert la même réponse. Bien hâte de voir comment Lavergne et Estephan vont manœuvrer pour mettre sur pied une finale qui ne sera pas scénarisée d’avance. C’est la promesse faite par Lavergne pour ramener de la boxe à Shawinigan et tenter de remplir le Centre Gervais Auto. Il a toujours livré la marchandise par le passé. Cette fois, considérant la réputation de Kean, le défi est titanesque.