Marc-Étienne Hubert

La fin d'un cycle chez les Patriotes

Avec un noyau quasi identique à celui qui avait mené l'équipe à la coupe Queen en 2016, les attentes étaient grandes chez les Patriotes de l'UQTR. Mais la dernière saison aura été très décevante, avec une cinquième position au classement et une fin abrupte en deuxième ronde des séries face aux Redmen de McGill.
Pourtant, l'équipe était à maturité, avec 10 joueurs qui en étaient à leur dernière saison avec l'équipe. Le problème, c'est que le principe d'équipe à maturité n'est peut-être pas aussi avantageux au hockey universitaire qu'il ne l'est au hockey junior. C'est lors de cette dernière année que la tâche est la plus importante au point de vue des études pour les joueurs et certains pensent déjà à leur avenir, sur et hors de la glace.
«Des gens proches du programme m'ont dit que lorsque l'équipe était composée majoritairement de 4e et 5e année, ça n'a jamais fonctionné. La charge est supplémentaire pour les finissants qui ont beaucoup de choses à penser, autres que de s'entraîner et d'avoir du succès sur la glace», mentionne l'entraîneur-chef Marc-Étienne Hubert, qui avoue avoir trouvé la dernière campagne particulièrement difficile.
Et pour cause. Au-delà d'une fiche de 16-9-3, il a été privé du joueur par excellence au Canada la saison dernière, Guillaume Asselin, pendant près de la moitié de la saison, alors que plusieurs de ses coéquipiers ont été incapables d'égaler leur production de la saison précédente. Six de ses joueurs ont aussi quitté l'équipe prématurément pour participer aux Universiades avec Équipe Canada. Une belle expérience certes, mais qui n'a pas favorisé la cohésion au sein de la formation à l'approche des séries éliminatoires. Une possible explication au faible rendement de l'avantage numérique en séries. Même derrière le banc, un changement d'adjoints a été effectué en pleine saison.
«C'est certainement l'année la plus éprouvante physiquement pour moi. En 2015-2016, nous avions 25 gars qui étaient à 100 % concentrés sur la game et nous avions évité les blessures 95 % du temps. Cette année, il n'y a pas eu une fois où nous avons eu notre alignement complet, dont des blessures à des joueurs clés. Le focus était éparpillé partout», souligne le chef d'orchestre.
«Nous ne sommes jamais venus à bout de prendre du momentum et de le garder comme nous l'avons fait lors des trois années précédentes. Ce n'est pas que nous étions moins bons que les autres années, mais nous avions été plus chanceux. Les étoiles étaient alignées pour que nous ayons du succès. Cette année, il y a trop d'affaires qui nous ont fait des jambettes. Une petite jambette ici, une petite jambette là... ce qui fait qu'un moment donné, tu finis par tomber.»
Un recrutement intéressant
Avec le départ d'Asselin, Pierre-Olivier Morin, Martin Lefebvre, Marc-Olivier Mimar, Guillaume Bélanger, Raphaël Boudreau, Jérémy Beaudry, Tommy Giroux, Carl-Antoine Delisle et Charles-David Beaudoin, les Patriotes auront un visage bien différent la saison prochaine.  
L'élimination hâtive de l'équipe permettra à Hubert de se concentrer plus tôt que prévu sur son recrutement. Déjà sept joueurs ont répondu présent, dont Christophe Boivin, neuvième meilleur marqueur de la LHJMQ cette saison, ainsi que les défenseurs Jonathan Deschamps et Guillaume Beaudoin. Si tous ces joueurs venaient qu'à se présenter au Colisée, le prochain cycle des Patriotes s'annonce intéressant. Il s'agira de la première saison où tous les joueurs à bord de l'équipe ont été choisis par Hubert, lui qui s'est joint au programme à l'été 2013.
De plus, des discussions sont amorcées afin qu'un adjoint à temps plein s'ajoute à la formation, ainsi que davantage de financement pour l'équipe. La directrice générale du Service de l'activité sportive avait d'ailleurs déclaré en janvier dernier vouloir donner davantage de soutien à Hubert afin de garder son programme parmi l'élite canadienne.