Simon Kean n’a rien raté du point de presse de son adversaire lundi. Il semble d’ailleurs un peu agacé par l’intérêt autour d’Adam Braidwood.

La fierté du Grizzly écorchée

LAVAL — Simon Kean n’a pas seulement l’intention de régler le cas d’Adam Braidwood, samedi au Centre Gervais Auto de Shawinigan. Le poids lourd trifluvien souhaite également se servir de cette tribune pour faire taire les critiques à son endroit.

S’il avoue ne pas détester le jeu du chat et de la souris auquel il se livre avec le Britanno-colombien depuis plus d’un an sur les réseaux sociaux, l’olympien de 29 ans admet du même souffle être agacé par les amateurs de boxe qui souhaitent le voir échouer. À l’approche du choc le plus attendu de l’année sur la scène nationale, la planète Web s’enflamme de plus en plus lorsque vient le temps discuter de l’issue du duel. Une réalité qui vient à coup sûr égratigner la fierté du Grizzly.

«Il y a beaucoup de gens qui espèrent et qui pensent que je vais perdre. Les gens pensent que parce que Braidwood ne l’a pas eu facile dans la vie, ça va faire de lui un meilleur boxeur. Moi non plus, je n’ai pas bâti ma carrière dans la ouate. Mais je n’ai besoin de sortir ça à la surface pour me faire valoir. J’opte pour les belles choses que j’ai faites dans ma vie pour me vendre et non pas pour les bêtises que j’ai faites», a expliqué Kean, lundi lors d’un entraînement médiatique mis sur pied par Eye of the Tiger Management au gym Sherbatov MMA de Laval.

«J’ai juste hâte de le battre. J’ai juste hâte de prouver aux gens que c’est moi le meilleur dans la division des poids lourds», ajoute le protégé de Jimmy Boisvert, sur un ton incisif.

Braidwood reconnaissant
À l’opposé, Braidwood espère se servir de ce duel face au redoutable colosse trifluvien pour accroître sa notoriété sur la scène nationale, voire internationale. Après tout, l’ex-footballeur professionnel sait très bien qu’il ne mise pas sur un tableau de chasse aussi prestigieux que celui de Kean.

D’ailleurs, le protégé de Mel Lubovac chez KO Boxing est pleinement conscient de l’ampleur de l’opportunité qui s’offre à lui. À ce chapitre, une part du mérite lui revient puisque sans son insistance sur les réseaux sociaux, il n’aurait probablement jamais obtenu sa chance face à un rival de la trempe Kean.

«Heureusement que j’ai une grande gueule! Ça m’a permis d’être assez chanceux pour que Camille (Estephan) trouve un terrain d’entente avec ma gérante afin de me donner cette opportunité de combat. C’est une belle occasion pour moi de prouver ce que je vaux et de percer. J’espère que le reste du monde va prendre des notes, car quand j’aurai fini ici, je vais m’occuper des autres», souligne celui que l’on surnomme le Boogeyman.

Beaucoup à perdre
Samedi, les deux mastodontes partageront un même objectif, celui de mettre la main sur les titres des poids lourds IBF International et WBC Francophone. Outre cette similitude, les enjeux seront différents dans l’arène. Pendant que Kean (14-0, 13 K.-O.) tentera de poursuivre sa route vers la scène mondiale, Braidwood (13-1. 12 K.-O.) voudra surtout prouver qu’il peut tenir son bout avec l’élite pugilistique. Assurément, chacun jouera gros.

Kean réfute justement la théorie selon laquelle son rival n’a pratiquement rien à perdre contre lui entre les câbles. «Je sais comment il va se sentir dans ses bottines avant de rentrer sur le ring. Il a tout à perdre lui aussi. L’enjeu est aussi grand pour les deux, même si c’est vrai que la pression est un peu plus sur mon côté», note-t-il, rappelant également que Braidwood est «un athlète fort, dangereux et beaucoup sous-estimé».

Si les deux boxeurs n’ont pas été toujours tendres l’un envers l’autre sur les réseaux sociaux, on sent que l’animosité a quelque peu laissé sa place au respect dans les derniers jours. Du moins, c’est ce qui se dégage de chacun depuis samedi. Évidemment, le ton risque de changer d’ici le son de la cloche, samedi.

«Il faut ramener ça au plus simple possible. C’est comme à l’école, quand on se crie des bêtises. On va ensuite se battre à la récréation. Sauf que là, c’est dans le ring que ça va se passer!», sourit Kean.

De son côté, Braidwood entend avoir son rival à l’usure. «Simon fait plusieurs choses très bien. Il est talentueux, il est allé aux Jeux olympiques, il pratique ce sport depuis longtemps. Mais quand tu as un gars devant toi qui, comme moi, se fout de se faire frapper, et qui frappe avec de mauvaises intentions, tu as de gros problèmes entre les mains. Je vais donc le frapper le plus fort que je le peux. Je vais le frapper, encore le frapper et continuer de le frapper, jusqu’à ce qu’il s’effondre.»