La Fédération d’escrime du Québec affirme que les femmes ne sont pas discriminées dans la spécialité du sabre.

La Fédération se défend de faire de la discrimination

Trois-Rivières — Au lendemain de la publication d’un reportage au sujet d’une jeune escrimeuse de la Mauricie qui ne peut prendre part à l’épreuve du sabre à la prochaine Finale des Jeux du Québec, car cette discipline est réservée aux garçons, la Fédération d’escrime du Québec se défend de faire de la discrimination basée sur le sexe.

L’absence d’une catégorie féminine en sabre aux Jeux du Québec s’explique, soutient la fédération, par le manque de pratiquante de cette discipline dans la plupart des régions du Québec.

«Dans toutes les catégories, le sabre féminin a sa place à part entière dans les compétitions de notre fédération», lance d’emblée Dominique Teisseire, directeur technique à la Fédération d’escrime du Québec, qui réagissait à la suite du reportage sur le souhait de Léa-Marie Vincent, une jeune escrimeuse de 12 ans, de prendre part aux Jeux du Québec en sabre.

Présenté pour la première fois aux Jeux olympiques de Beijing en 2008, le sabre féminin avait même été intégré il y a six ans à une finale des Jeux du Québec. «Le sabre féminin n’est toutefois pas développé dans toutes les régions du Québec. Ce qui fait que l’année où on l’a intégré aux Jeux du Québec, l’escrime est sortie des jeux l’année suivante. Et c’est en raison du sabre féminin, car nous ne remplissions pas nos quotas», précise Dominique Teisseire.

«Il y a fallu faire des pieds et des mains avec SportsQuébec pour que l’escrime soit réintégrée dans les Jeux du Québec. Ç’a été fait, mais il a fallu retirer momentanément le sabre féminin en attendant que cette spécialité se développe dans plusieurs régions.»

Conscient que cette réalité brime le développement vers l’excellence de jeunes sabreuses du Québec, le directeur technique de la Fédération d’escrime du Québec affirme que l’objectif est de réintégrer cette discipline aux Jeux du Québec. En attendant que les quotas de SportsQuébec soient atteints, les filles peuvent toujours compétitionner en fleuret et en épée.

«On travaille fort pour développer le sabre auprès des filles. Et il faut noter qu’on a eu quand même deux Québécoises qui ont participé aux Jeux olympiques en sabre féminin. Nous sommes pour le développement de cette arme, mais à l’heure actuelle, si on l’intègre, l’escrime sort des Jeux du Québec», explique Dominique Teisseire. «On ne peut pas prendre de chance comme fédération à être sorti des Jeux du Québec, car c’est quand même la première étape pour nous du chemin vers l’excellence pour les athlètes.»

La Fédération d’escrime du Québec précise de plus qu’il n’est pas souhaitable de faire concourir les garçons contre les filles à l’escrime. Dominique Teisseire indique que les risques de commotion cérébrale sont même plus importants au sabre qu’à l’épée ou au fleuret en raison des techniques de combat inhérentes à cette spécialité. Les différences de gabarits qui peuvent être importantes entre les adolescents et les adolescentes justifient que les catégories selon les sexes. De plus, en aucun cas les compétitions internationales n’ont de catégories mixtes.