L’aréna Jean-Guy Talbot du secteur Cap-de-la-Madeleine devait être démoli à l’automne.
L’aréna Jean-Guy Talbot du secteur Cap-de-la-Madeleine devait être démoli à l’automne.

La démolition de l’aréna Jean-Guy Talbot est retardée

Trois-Rivières — Difficile de prédire à quoi ressemblera un match de hockey cet automne. Ce que l’on sait toutefois, c’est que l’aréna Jean-Guy Talbot continuera d’en présenter, au moins pour quelques mois.

Le retard annoncé dans la livraison du nouveau colisée, au District 55 de Trois-Rivières, force la Ville à retarder la démolition de Talbot, d’abord prévue pour l’automne. Ce scénario était envisagé depuis plusieurs semaines, il est maintenant confirmé par les instances municipales.

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À lire: Le chantier du nouveau colisée reprend, la livraison retardée à la fin de l’année 2020

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Président de l’Association de hockey mineur du Cap-de-la-Madeleine (AHMC), Marc Sévigny avait reçu une note l’avisant de la possibilité d’une poursuite des activités à l’aréna Talbot. Il faut dire cependant que les regroupements comme le sien ont des dossiers plus urgents à gérer, par les temps qui courent.

«Depuis le mois de mars, le hockey mineur est carrément arrêté. Dans les circonstances, un déménagement au District 55 ne nous inquiétait pas», mentionne-t-il.

«On ignore si nous aurons une saison et de quoi elle aura l’air.»

Le nouveau colisée comptera deux glaces. La deuxième doit d’ailleurs accueillir en partie les activités de l’AHMC. Au moment de cette annonce, des parents avaient critiqué la décision de déplacer les activités du hockey mineur de leur association à l’autre bout de la ville. D’autres se disaient heureux que leurs enfants puissent bénéficier d’infrastructures neuves.

«On ne sait pas combien de temps nous jouerons à Talbot, mais j’imagine que la Ville voudra que des équipes testent le nouveau Colisée quand il sera livré», suppose Marc Sévigny.

L’aréna a été construit à la fin des années 60. Quelques années plus tard, on lui donnait le nom de l’ancien défenseur des Canadiens de Montréal.

«C’est plus simple pour nous de déménager en cours de saison, mais tout ça reste à voir. On ne sait pas comment la saison va se dérouler, comment le calendrier sera organisé. Les tournois, ça risque d’être très différent aussi. Au moins, à Talbot, nous sommes dans nos souliers chauds, comme on dit. Nous allons amorcer la période de nos inscriptions bientôt.»

Soulagement chez le Climatisation Cloutier

Ça fait des années que l’homme d’affaires Yves Tremblay implore la Ville de Trois-Rivières de trouver une solution pour sauver l’aréna Jean-Guy-Talbot. L’annonce de lundi ne signifie en rien que la bâtisse sera sauvée, car sa démolition est toujours prévue. Par contre, pour l’actionnaire du club de hockey senior du Climatisation Cloutier, cette prolongation donne encore un peu de temps aux décideurs afin d’étudier d’autres scénarios... s’il y en a.

«Je suis content! En ce moment, on ne sait même pas quel sort nous sera réservé pour les sports qui accueillent des spectateurs. Si nous pouvons au moins négocier une entente pour occuper l’aréna Talbot une année de plus, c’est déjà une grosse victoire pour notre équipe senior AAA.»

Le Climatisation Cloutier attire des centaines de partisans à ses matchs locaux. Avec la mort annoncée de l’aréna Talbot, un déménagement au vieux Colisée du parc de l’Exposition, de l’autre côté de la rivière Saint-Maurice, figurait dans les plans. L’équipe aurait dû négocier certaines ententes, dont les concessions alimentaires, si chères à la bonne santé financière d’équipes comme celles du senior AAA. Tout cela, c’était bien sûr en prévoyant que les Patriotes de l’UQTR iraient occuper le nouveau colisée.

Les retards confirmés dans le grand chantier du District 55 balaient toutes ces projections, du moins pour l’instant.

«Nous avons une bonne organisation avec un solide appui de notre communauté, affirme Yves Tremblay. Là, on fait un pas de côté, au lieu d’un pas en arrière. C’est une bonne chose, mais il n’en reste pas moins que l’aréna a besoin de beaucoup d’amour.»

Pas de programme de subventions sous le radar

L’aréna Jean-Guy Talbot vit sous le respirateur artificiel depuis quelques années. Structure déficiente, fissures de ciment sous la patinoire, bandes et estrades qui datent: les travaux ne manqueraient pas, advenant une rénovation. Celle-ci a cependant été éliminée des options depuis déjà belle lurette. Des ingénieurs s’étaient penchés sur le dossier, mais en venaient à la conclusion qu’il en coûterait plus cher de rénover. La Ville maintient pourtant qu’elle souhaite garder la vocation sportive de l’endroit, entouré par des terrains de tennis, de dek-hockey, d’un terrain de baseball lui aussi en manque d’entretien ainsi que d’une piscine, notamment.

«Données à l’appui, on nous dit qu’il faut la démolir. Ce ne serait pas rentable de la rénover», rappelle le conseiller du district des Estacades, Pierre-Luc Fortin. Dès son entrée en poste, celui-ci avait épluché diverses possibilités avec les députés du coin, dont la quête de subventions gouvernementales.

«Après vérifications, au moment où l’on se parle, il n’y a pas de programme de subventions sous le radar. J’en ai cherché des programmes et c’est clair que s’il y en a un, on va le regarder. Moi aussi, j’ai l’aréna tatoué sur le cœur, mais le fait d’étirer sa vie dans les circonstances, ce n’est pas l’idéal. C’est un sursis, mais ça ne doit pas être un faux espoir pour une rénovation non plus. Mais de mon côté, c’est certain que je veux garder ce pôle sportif dans le secteur.»