La Classique internationale de canots de la Mauricie a dressé un bilan positif de sa dernière édition, malgré la météo capricieuse.

La Classique en mode séduction

Depuis quelques années, la Classique internationale de canots de la Mauricie tente de séduire la population du sud du Québec afin de faire croître le nombre d'embarcations sur le Saint-Maurice au début du mois de septembre.
Mais la solution pourrait venir du coeur de la région. En effet, l'organisme tentera de recruter des équipes chez la nation Atikamekw.
Le 4 septembre dernier, une page d'histoire de la Classique s'est écrite quand Rocky Awashish est devenu le premier Atikamekw en 79 ans à compléter le parcours de 190 km, en compagnie de Zachary Greffard. Non loin derrière, Charles-Édouard Verreault et Jennifer Launière l'imitaient. Pour le directeur général de la Classique, cette performance de membres de la nation amérindienne ne doit plus être l'exception. Elle doit devenir la norme.
«Pour nous, c'est une question non seulement historique, mais c'est dans une vision d'avenir. C'est très important que les ponts soient améliorés avec la nation Atikamekw. Après tout, ce sont les communautés autochtones qui ont inventé le canot. Et le mot rabaska, c'est amérindien!», souligne Boileau.
Ce dernier compte déjà un atout dans sa manche en Awashish. Il veut d'ailleurs tenter de convaincre la population de Wemotaci et Opitciwan de l'importance de pratiquer la discipline, un peu comme l'a fait l'ancien hockeyeur Joé Juneau avec les communautés inuits dans le nord du Québec. 
«Rocky fait un travail extraordinaire. Il adore la Classique et le canot. C'est un ambassadeur de premier plan. C'est sûr qu'on va s'asseoir ensemble. Je veux aussi rencontrer Constant Awashish. On a de nombreuses idées», lance-t-il à propos du Grand Chef du Conseil de la Nation.
Des pertes limitées
La dernière Classique n'a pas été des plus reposantes pour ses organisateurs. Après avoir enregistré une foule record à La Tuque le samedi, la météo a gâché la journée de dimanche, et celle de lundi s'est disputée sous un ciel ennuagé avec du temps très frais. Boileau s'attendait à des pertes financières importantes. Or, deux semaines plus tard, il y aura bel et bien un manque à gagner, mais la catastrophe a été évitée, a annoncé le directeur général, jeudi lors de son bilan annuel.
«Nos chiffres à La Tuque ont été à la hausse, même le jeudi lors des spectacles, et ce, même s'il faisait froid. Le stationnement à Mattawin était plein, il ne l'était pas l'année d'avant. On a regardé les photos à Shawinigan et malgré la météo, il y avait quand même du monde, même si ce n'est rien de comparable à ce qu'on s'attendait. Il faut vraiment que les gens aiment la Classique. La perte n'est pas majeure. Je sais qu'on aurait fait plus de revenus, mais présentement, la perte s'établit entre 9000 et 12 000 $. Il nous reste de l'argent à rentrer. Avec nos réserves, on va s'en tirer.»
Un champion du monde sur la rivière?
Le coup de maître de l'événement n'aura peut-être pas été orchestré par l'organisation, mais il pourrait faire des petits l'année prochaine. En kayak, la présence de l'olympien Ryan Cochrane, en duo avec Pierre-Luc Poulin, semble avoir intéressé d'autres compétiteurs de canoë-kayak. 
Les rumeurs laissent entendre qu'un vainqueur du dernier Championnat du monde pourrait être de la partie l'année prochaine, tout comme l'olympien trifluvien Richard Dober fils, qui travaille avec l'organisation pour faire la promotion de la catégorie du kayak.
«Avec les arrivées de deux olympiens et le fait que nous avons eu la confirmation pour la présence d'au moins un champion du monde, ça débloque. C'était un travail de longue haleine le kayak, parce que c'est international. Ça va nous amener beaucoup de visibilité. On va par la suite travailler avec Richard Dober, utiliser ses contacts et aller un peu partout dans les clubs de canoë-kayak au Québec et au Canada pour augmenter le nombre de participants dans la catégorie», conclut Dominic Thibault, directeur de la compétition de l'événement.