Depuis le début de sa carrière, la Trifluvienne Elissa Alarie, 34 ans, a remporté une médaille d’argent en Coupe du monde de rugby à 15. Elle était aussi à Rio, comme réserviste en 2016, lorsque le Canada a gagné le bronze lors du premier tournoi olympique de la discipline. Elle espère être du groupe de Tokyo, en 2021, cette fois à titre de joueuse partante.
Depuis le début de sa carrière, la Trifluvienne Elissa Alarie, 34 ans, a remporté une médaille d’argent en Coupe du monde de rugby à 15. Elle était aussi à Rio, comme réserviste en 2016, lorsque le Canada a gagné le bronze lors du premier tournoi olympique de la discipline. Elle espère être du groupe de Tokyo, en 2021, cette fois à titre de joueuse partante.

La chance ultime d’Elissa Alarie

TROIS-RIVIÈRES — On ignore s’ils se tiendront comme prévu, mais les Jeux de Tokyo en 2021 risquent d’être les plus chauds jamais organisés. Dans le milieu des sciences du sport, le sujet interpelle de plus en plus d’athlètes, dont la joueuse de rugby Elissa Alarie. Pour elle, l’entraînement en période de canicule se veut un avant-goût du Japon. D’ailleurs, même confinée et loin de ses coéquipières de l’équipe du Canada, la Trifluvienne de 35 ans n’a pas lésiné sur les efforts.

Des obstacles rencontrés depuis 2016 auraient sans doute eu raison du moral de certains sportifs dans sa position. Pourtant, elle n’a jamais songé à traverser les lignes de touche.

À quelques mois des Olympiques de Rio, Alarie avait subi de multiples déchirures aux ligaments du genou droit. Un bête incident, conséquence d’un changement de direction en situation de jeu. De retour juste à temps pour le Brésil après une longue absence, l’entraîneur John Tait l’avait désignée comme réserviste. Le Canada allait gagner la médaille de bronze.

«Je n’ai pas encore ma médaille. Dans d’autres sports, je sais que des réservistes l’ont reçue. J’attends toujours la mienne. On m’a dit qu’il y avait eu un problème de communication avec l’organisation des Jeux, car le rugby à 7 féminin était un nouveau sport olympique à l’époque», explique-t-elle.

Bien sûr qu’elle aimerait mettre la main sur le précieux objet. D’ici là toutefois, pas question de se morfondre. En fait, elle ne s’est pas vraiment offert de pause depuis mars.

Les derniers mois, Elissa Alarie les a passés dans son gymnase maison, sur l’île de Vancouver en Colombie-Britannique. C’est là que l’équipe nationale s’entraîne. C’est aussi dans cette province qu’elle a élu domicile et déniché un emploi, à l’Institut national du sport de Victoria.

Question de maximiser ses chances de se tailler une place sur l’équipe nationale comme partante aux Jeux, elle a mis une partie de sa carrière professionnelle en veilleuse. Dans l’uniforme unifolié, elle connaissait de bons moments sur le circuit mondial de rugby à 7. Ça commençait drôlement à sentir les Jeux...

«Je me souviens du fameux vendredi 13 [mars]. Un peu sonnées, on retournait à nos appartements en se disant qu’on se reverrait dans deux semaines. Finalement, on se reverra le 4 août!»

Elissa Alarie avait marqué un essai devant des milliers de personnes, en août 2014 au stade Jean-Bouin de Paris, pendant le match de demi-finale de la Coupe du monde de rugby à 15 contre les hôtes de la France. Elle aimerait récidiver en Nouvelle-Zélande, pour le tournoi mondial de rugby à 15 l’an prochain.

À Trois-Rivières

Elissa Alarie est arrivée à Trois-Rivières le 15 juin et repartira le 27 juillet, vers l’Ouest canadien. Ça faisait un bail qu’elle avait eu la chance de passer du temps de qualité avec ses proches.

Entre ses entraînements au Centre athlétique T-R et les rencontres familiales à distance, elle a maintenu les liens avec ses coéquipières.

«J’ai hâte de les retrouver, c’est sûr! On se rapproche d’un retour. D’un autre côté, avec tout ce qui se passe ailleurs dans le monde et la hausse des cas, entre autres dans le sport professionnel, on dirait que je me garde une réserve. Je ne serai pas soumise à une quarantaine obligatoire en débarquant de l’avion en Colombie-Britannique. En même temps, je suis consciente que ça pourrait changer.»

Si tout se déroule comme prévu, nos représentantes de rugby disputeront des matchs intraéquipes au début du mois d’août, en petits groupes. Les tournois mondiaux? Peut-être en décembre 2020. Les plus conservateurs avancent plutôt le printemps 2021, à l’aube des Jeux.

Dans certains pays où la COVID-19 cause moins de dégâts, les entraînements ont repris. C’est le cas de la Nouvelle-Zélande, tombeuse du Canada à quelques reprises en rugby féminin, avant le confinement. «De les voir en groupe, en séance de pratique, ça nous travaille beaucoup», convient Elissa Alarie en souriant. «On a hâte que ce soit notre tour.»

Une année, deux compétitions?

Les Néo-Zélandaises seront d’ailleurs les hôtes de la Coupe du monde de rugby à 15 de 2021, qui doit prendre son envol quatre semaines après les Jeux de Tokyo du rugby à 7. Pour une athlète qui aura alors 35 ans, ces deux événements constituent l’ultime opportunité de savourer un championnat sur la scène internationale.

«C’est certain à 100% que je prends ma retraite après la Coupe du monde. Dans un monde idéal, je veux participer aux Jeux et à la Coupe du monde, même si ce sont deux sports différents [rugby à 7 et rugby à 15] et que ma place est loin d’être gagnée. Sinon, je suis très confiante d’aller à au moins un des deux.»

Alarie agit comme cocapitaine de l’équipe à 15, sa discipline de prédilection, mais qui n’est pas un sport olympique. Il y a six ans, elle avait gagné la médaille d’argent à la Coupe du monde, en France.

Devant des milliers de personnes acclamant les Bleues, en demi-finale à Paris, elle avait inscrit un essai en route vers une victoire mémorable des Canadiennes. Un match regardé par des centaines de milliers de téléspectateurs au pays.

«Je veux revivre ce type d’émotions. Si ce n’est pas aux Jeux à Tokyo, ce sera en Nouvelle-Zélande. Mon âge ne me fait pas peur. Je suis dans une bonne forme physique, je peux encore aider nos équipes nationales.»