Maïka Chamberland, une élève de danse-études de Trois-Rivières, prendra part cet été à sa deuxième saison complète de karting.
Maïka Chamberland, une élève de danse-études de Trois-Rivières, prendra part cet été à sa deuxième saison complète de karting.

La ballerine accro à la vitesse

TROIS-RIVIÈRES — Que ce soit sur une scène ou sur une piste de course, Maïka Chamberland ne s’en laisse pas imposer. L’élève de danse-études de l’Académie les Estacades range ses chaussons de danse l’été pour se consacrer à son autre passion... la course automobile. Elle entamera dans quelques mois sa deuxième saison complète sur les circuits québécois de karting. Et elle entend défendre chèrement sa peau.

La famille de Maïka Chamberland a toujours entretenu un intérêt marqué pour la course automobile. Lorsqu’elle était plus jeune, la jeune Trifluvienne se rendait avec ses parents à des rencontres de sports motorisés. Il y a quelques années, Maïka Chamberland s’est assise pour la première fois derrière le volant d’un kart. Et ce fut la naissance d’une passion qui l’habite plus que jamais.

«Être à l’intérieur du kart est pour moi une libération. La course, c’est ce qui me fait changer le monde. Je ne sais pas trop comment l’expliquer... c’est une passion», avoue la jeune pilote.

Lorsque Maïka Chamberland met son casque et qu’elle avance son kart à la ligne de départ, elle n’a qu’un objectif en tête: «tout faire pour finir le plus en avant possible».

Après un été d’entraînement, elle a entrepris l’an dernier sa première véritable saison de compétitions. La jeune pilote a terminé au 10e rang du classement cumulatif du Québec de la catégorie Briggs et Stratton junior. Une trentaine de pilotes participent normalement à ces courses.

«On vise un top 10 encore cette année. Ça devrait bien aller, surtout qu’on a beaucoup plus de courses que l’an passé. Je vais faire deux championnats complets», mentionne l’adolescente de 14 ans.

«C’est quand même difficile, bien se qualifier. Il y a plusieurs grosses équipes qui s’aident pour mieux se qualifier, mais on fait notre possible.»

Seule fille en piste dans sa catégorie, Maïka Chamberland est très à l’aise dans un sport essentiellement masculin. Elle prend même un malin plaisir à montrer de quel bois elle se chauffe. Dès sa première course, elle a terminé au 6e rang sur 27 compétiteurs. «Ils ne sont pas habitués de se faire dépasser par des filles», mentionne-t-elle en riant.

«Malgré la compétition, Maïka s’est fait plein d’amis en peu de temps», ajoute son père, Carl Chamberland.

Spectaculaire accident

Guidée par l’adrénaline et la volonté de se dépasser, Maïka Chamberland est toutefois pleinement consciente des risques inhérents à son sport. L’an dernier au circuit ICAR, elle a eu un accrochage lors d’une séance d’entraînement et elle a fait des tonneaux.

«Je me souviens de tout. J’ai fait trois tonneaux, après je me suis poussée en dehors du kart. Il en a fait ensuite dans tous les sens», se rappelle-t-elle. «C’est un choc. Tu vois tous les autres rouler encore et toi tu es assise au milieu de la piste.»

L’adolescente a été transportée à l’hôpital par ambulance par mesures préventives. Elle n’a subi aucune blessure et dès le lendemain, elle était prête à retourner derrière son volant. «J’ai couru quand même craintive le matin, mais j’ai réussi à faire de bons temps. Je me disais que rien de pire ne pouvait m’arriver. Quand j’ai embarqué dans mon kart, c’est comme si rien ne s’était passé», confie-t-elle.

Le Kart avait toutefois subi davantage de dommage que sa pilote. Il a dû entièrement être réparé pour pouvoir retourner en piste le lendemain. Derrière chaque compétiteur se trouve en effet toute une équipe. La jeune Trifluvienne peut compter sur l’équipe Chamberland Racing. Celle-ci est essentiellement composée de son père, Carl Chamberland, ainsi que de Jimmy Desmarais, un coach, ami et mentor pour Maïka Chamberland. Une saison de karting nécessite un engagement total de la part des parents des pilotes. Maïka Chamberland est à ce titre très bien soutenue par ses proches. L’adolescente bénéficie même d’un simulateur de course dans son sous-sol digne des pilotes professionnels.

La danse au quotidien

Élève en 3e secondaire à l’Académie les Estacades, Maïka Chamberland n’imagine pas sa vie sans la danse. Inscrite au programme danse-études avec l’école de danse MOVE, l’adolescente se rend chaque jour au studio. Elle danse de tout, du jazz au contemporain en passant par la claquette et le ballet. Alors que la plupart des ados retournent à la maison après l’école, Maïka Chamberland saute régulièrement sur la glace pour des entraînements de patinage artistique. «Avant le patin était vraiment mon sport. Mais j’étais souvent blessée. Je me retrouve maintenant autant dans la danse que dans le patin», précise-t-elle en ajoutant qu’elle apprécie la camaraderie et l’énergie caractéristiques de la troupe de danse.

«J’adore bouger et danser… mais la course est une passion. C’est vraiment intéressant de mélanger la danse et la course. En danse on est bien arrangées et toutes peignées pareil. À la course, il n’y a que des garçons et tu es tout le temps tachée parce que c’est de la mécanique. Ce sont deux opposés et c’est ce que j’adore vraiment.»