Stéphanie Roy en compagnie de Frédéric Domingue lors de tests en soufflerie en Caroline du Nord.

L-Tips: des ambassadeurs de renom

TROIS-RIVIÈRES — Les meilleurs s’entourent des meilleurs. C’est pour cette raison que le coureur cycliste Hugo Houle et la triathlète longue distance Stéphanie Roy ont décidé de travailler avec les spécialistes du Laboratoire de technologies et d’innovation pour le sport et la performance sportive (L-Tips) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Les deux athlètes qui font partie de l’élite mondiale de leur sport sont au nombre de ceux qui bénéficient de l’expertise de Frédéric Domingue, Claude Lajoie et de leur équipe afin trouver le positionnement leur permettant d’être le plus efficace possible lorsqu’ils enfourchent leur vélo. Leur engagement envers le laboratoire trifluvien est tel qu’ils ont accepté d’en être les ambassadeurs. Ils s’entendent d’ailleurs pour dire que leur association avec les chercheurs dépasse largement les ententes que concluent généralement les athlètes avec des compagnies afin de promouvoir leurs produits. Mais il faut dire que les relations entre certains membres des entourages de ces deux athlètes professionnels et messieurs Lajoie et Domingue ne datent pas d’hier.

«Je connais Claude [Lajoie] depuis des années. C’est lui qui a vendu mes premiers vélos à mes parents à Nicolet à l’époque», raconte Hugo Houle.

Et même s’il a accès aux meilleurs spécialistes lorsqu’il se trouve en Europe, le cycliste de Sainte-Perpétue n’a pas hésité à accepter l’invitation que lui a lancée le L-Tips.

«Je trouve ça intéressant de partager mon savoir et mon expérience sur le World Tour avec des experts de chez nous. Les gars ont d’ailleurs sorti des idées qui m’ont poussé à me remettre en question. Ils ont des équipements à la fine pointe de la technologie dans le laboratoire. Ils sont à jour dans leur champ de compétence et leurs connaissances technologiques se comparent à ce qu’ont les équipes sur le World Tour», reconnaît sans hésiter le cycliste.

Mais la relation entre l’athlète qui s’aligne avec l’équipe kazakhe Astana depuis deux ans après un séjour avec la française AG2R et les chercheurs trifluviens n’est pas à sens unique. Comme pédaler sur une machine dans un laboratoire aseptisé est très différent que d’attaquer un col français, l’athlète leur transmet des données de ses entraînements et ses courses.

Hugo Houle lors d’une séance de positionnement au L-Tips.

«Je leur fais part des feelings que je ressens sur la route afin qu’ils puissent les comparer avec ce qu’ils voient en laboratoire. Ça leur apporte un feedback intéressant d’un coureur professionnel qui roule entre 30 000 et 35 000 km par année», souligne-t-il.

Si Hugo Houle connaît Claude Lajoie depuis de nombreuses années, c’est plutôt par l’entremise de son entraîneur, le Trifluvien Pascal Dufresne, que Stéphanie Roy a découvert le travail du L-Tips.

«Claude [Lajoie] a supervisé les travaux de maîtrise de Pascal il y a quelques années. L’an dernier, on avait établi que le vélo était la chose que je devais améliorer afin de rivaliser avec les meilleures. Pascal croyait que Claude et Frédéric pouvaient m’aider, et ça adonne qu’ils sont à Trois-Rivières», confie celle qui poursuit ses études en ergothérapie à l’UQTR en plus de sa carrière de triathlète professionnelle.

L’étudiante – athlète de 24 ans apprécie tout particulièrement l’approche et l’attitude des membres l’équipe du L-Tips. Elle a d’ailleurs pu les côtoyer pendant quelques jours lors d’un séjour en Caroline du Nord il y a quelques semaines au cours duquel ils ont effectué des tests en soufflerie.

«Ils nous expliquent bien les choses et prennent le temps de répondre à nos questions. Ils ne font pas que monter ou descendre notre selle, ils nous disent précisément pourquoi», insiste-t-elle.

On dirait bien que ces changements ont été profitables et que la jeune femme devrait être en mesure d’attaquer en bonne position la portion de course à pied, sa spécialité, des épreuves Ironman 70.3 auxquelles elle prendra part au cours de la prochaine saison. Par le passé, il lui arrivait parfois d’être relativement loin de ses rivales à la fin des 90 km de vélo, ce qui diminuait ses chances de monter sur la première marche du podium. Jumelé avec un changement de vélo, elle a en effet paraphé une entente avec la compagnie québécoise Argon 18 en prévision des prochaines saisons, elle est convaincue que le travail effectué au L-Tips sera payant.

«Je ne me suis jamais aussi bien sentie sur un vélo de triathlon! J’ai fait des longues sorties de cinq heures lors d’un camp d’entraînement en Floride et ç’a très bien été. Avant, je commençais à mal me sentir après environ trois heures», note-t-elle.