Steve Turcotte
Roger Lavergne et Camille Estephan souhaitent présenter un combat opposant Simon Kean à Tony Yoka avant la fin de 2020.
Roger Lavergne et Camille Estephan souhaitent présenter un combat opposant Simon Kean à Tony Yoka avant la fin de 2020.

Kean-Yoka à Shawinigan… en août?

CHRONIQUE / Comme bien des entrepreneurs, Camille Estephan souffre actuellement de cette pause de quelques semaines.

Le patron d’Eye of the Tiger Management verse toujours un salaire mensuel à ses boxeurs, mais il n’y a aucun revenu qui entre. Pas évident pour une écurie qui a fait beaucoup d’acquisitions depuis deux ans!

Estephan, qui a aussi gardé son personnel en ces temps de crise, prépare donc son retour avec appétit. EOTM s’est toujours démarqué par son audace depuis sa création mais si les planètes s’alignent, attention elle fera du bruit. Sur sa planche à dessin, Estephan mijote quelques gros scénarios dont un impliquant Simon Kean.

Ce dernier pourrait en effet se mesurer au champion olympique Tony Yoka. Le Français a été couronné aux Jeux de 2016. Aux Olympiques de 2012, c’est Kean qui l’a sorti du tournoi. Kean qui, rappelons-le, boxait alors avec une épaule en compote.

Depuis, les deux boxeurs rêvent de se mesurer à nouveau. Pour Yoka, c’est personnel. Il veut venger sa défaite. Pour Kean, c’est une opportunité unique de rayonner à l’échelle mondiale face à un gars qu’il croit capable de surprendre à nouveau.

Hormis un faux pas contre Dillon Carman (ci-dessus), Simon Kean a progressé depuis ses débuts chez les pros. Son entourage l’estime prêt pour affronter le champion olympique de 2016, le Français Tony Yoka.

Le clan Yoka a approché EOTM par le passé. Les négociations ont été bien courtes. L’entente contractuelle proposée était ridicule au plan monétaire selon les conseillers du Trifluvien. Estephan se promet de revenir avec une contre-offre beaucoup plus généreuse, quand la COVID-19 sera sous contrôle au Québec. «Quand les affaires vont reprendre, les plates-formes de sport seront à la recherche de contenu de qualité. L’argent sera au rendez-vous pour des combats comme Kean-Yoka, ce ne sera pas un problème. Dès que le premier ministre Legault donne le feu vert à la reprise des activités, je vais approcher les réseaux susceptibles de financer un tel combat», confie Estephan.

Ce dernier se dit confiant de pouvoir ensuite attirer Yoka au Québec. Même s’il jouit d’une grande notoriété en France où il a disputé ses sept premiers combats chez les pros (avec une fiche immaculée de 7-0), Yoka devait se battre une première fois en Amérique du Nord, à New York le 14 mars. Événement qui a été annulé… «C’est logique que le combat Kean-Yoka se déroule ici. Simon est un meilleur vendeur de billets. Et puis en ce moment, c’est la dérape totale avec la COVID-19 en France, c’est facile de deviner que la reprise sera beaucoup plus rapide ici. Yoka a besoin de se battre pour continuer à progresser. Simon aussi. Je pense que ça pourrait se matérialiser rapidement. On veut faire ça avant la fin de 2020!»

Sur les réseaux sociaux, EOTM a sondé le terrain auprès de ses fans à propos de ce potentiel duel. La majorité des amateurs croient que Yoka serait favori. Estephan n’est pas d’accord. «Simon a fait une vingtaine de combats, il a été impliqué dans de gros événements. Yoka a beaucoup moins d’expérience chez les pros. Simon est plus prêt pour Yoka que Yoka est prêt pour Simon», analyse-t-il.

Par ailleurs, parmi les villes ciblées par EOTM, Montréal, Québec, Shawinigan, Rimouski et Trois-Rivières ont été mentionnées. Estephan ne nie pas que Shawinigan est avantageusement positionnée sur cette liste. «Notre plus gros gala avec Simon, c’était face à Adam Braidwood et c’est à Shawinigan que nous l’avons fait», rappelle-t-il. «Nous avons développé une excellente relation avec les Cataractes au fil des années. Et puis avec les revenus d’une plate-forme de diffusion, nous pouvons rentabiliser un événement comme celui-là avec 5000 fans dans l’aréna. Pour ces raisons, Shawinigan fait certainement partie du portrait.»

Reste à savoir la date qui pourrait être choisie. Estephan avance que ses athlètes, qui continuent à s’entraîner, pourraient être prêts à boxer six semaines après la reprise des activités. Si tout va bien, cette reprise pourrait être graduelle à partir du début mai.

Ce sera trop serré pour respecter l’agenda initial des Cataractes de la mi-juin, comme lors des deux dernières années. Mais Roger Lavergne croit que c’est possible, dans le meilleur des scénarios, de rêver à une date en août. «Pour le moment, la priorité est la santé. Tout le monde s’entend là-dessus. Quand il y aura reprise, il faudra aussi laisser un peu de temps aux gens pour repartir la roue. Est-ce que ça peut nous mener en août? C’est possible.»

Lavergne salive évidemment à l’idée d’attirer éventuellement Yoka en Mauricie. À son avis, ce ne serait toutefois pas le seul scénario qui pourrait être attrayant pour les fans de boxe. «Bien des choses vont changer après cette pause. Pas juste ici, dans le monde entier. Il y aura peut-être de nouvelles opportunités. Beaucoup de bons boxeurs canadiens, notamment Mladen Miljas et Oleksandr Teslenko, ont évité Simon ces dernières années mais je ne serais pas surpris d’apprendre qu’ils sont davantage intéressés maintenant. Peut-être qu’il y a même possibilité de mettre sur pied un tournoi pour poids lourds au pays! Je m’attends à des discussions passionnantes avec Camille (Estephan) lorsque la COVID-19 sera sous contrôle. Pour en arriver là, il faut tous rester à la maison!», conclut le président des Cataractes.