Simon Kean a livré un combat méthodique samedi.

Kean s'impose par K.-O.

Trois-Rivières — Simon Kean a ajouté une première pointure internationale à son tableau de chasse. Le Trifluvien (18-1, 17 K.-O.) a livré un combat sans bavure face à l’ex-champion du monde Siarhei Liakhovich (27-8, 17 K.-O.), à qui il a finalement passé le K.-O. au 10e assaut.

C’est l’arbitre qui a mis fin aux hostilités, quand le Biélorusse s’est retrouvé dans le pétrin, dos au câble dans un coin. Le Grizzly a senti, pour la première fois de l’affrontement, qu’il pouvait se débarrasser de Liakhovich et il a ouvert la machine, incitant l’officiel à s’interposer.


Cette fin spectaculaire a mis un terme à un combat à sens unique. Le vétéran de 43 ans n’a pas été très actif. Liakhovich était calme, semblait attendre l’ouverture pour attaquer, mais elle n’est jamais venue. Kean contrôlait l’action avec son jab, ne restait pas immobile, et marchait vers son ennemi.

Le mélange de style a toutefois provoqué peu d’étincelles. La foule est restée un peu sur son appétit, et quelques huées ont été entendues au huitième assaut, alors que Kean a probablement perdu son seul round du combat. Liakhovich a bien paru également au neuvième mais au dernier round, Kean l’a pincé d’aplomb et il s’est réfugié dans les câbles. Mauvaise idée, l’olympien a terminé le travail avec autorité, pour empocher le titre WBC international silver, une ceinture mineure.


«Je suis content. J’ai eu un virus toute la semaine, j’avais peur de manquer d’énergie. Je ne me suis pas fait assez confiance. Par contre, j’ai boxé intelligemment, j’ai beaucoup utilisé mon jab. J’ai dominé ce combat-là», analysait Kean, en avouant avoir entendu les huées. «Mais j’aurais fait une erreur si j’avais dévié du plan de match. Chez les poids lourds, un seul coup peut tout changer. À trop vouloir plaire aux gens, j’aurais pu me mettre dans le trouble. Je pense quand même avoir fait plaisir à la foule, en finissant le travail au 10e round. J’ai senti que je lui avais fait mal au 10e, je l’ai aussi vu dans les yeux. C’était le moment de terminer le travail!»

En tout cas, Kean a fait plaisir à son entraîneur Jimmy Boisvert. «J’attendais Simon un peu plus explosif en début de combat mais sinon, il a livré une très belle performance. Il a été prudent, discipliné. Son jab a fait réfléchir Liakhovich, qui n’a jamais été assez confortable pour attaquer. Simon aurait aimé faire mieux mais considérant le fait qu’il a été malade une bonne partie de la semaine, je pense qu’il a très bien fait les choses», jugeait Boisvert. «Si le combat s’était terminé au deuxième round, la foule aurait été excité mais Simon n’aurait jamais autant grandi qu’en faisant 10 rounds. Il sort d’ici avec un bagage immense d’expérience, qui sera utile pour la suite des choses.»


En finale de ce gala d’Eye of The Tiger Management, David Lemieux (41-4) a enregistré une victoire controversée aux points aux dépens de Maksym Bursak (35-6) . Lemieux a survécu à deux chutes au plancher, puis son rival a lui aussi été au plancher dans cette guerre de rue. Notons aussi la victoire du jeune surdoué Lexson Mathieu (8-0), qui a orchestré un K-.O. au 8e et dernier assaut de son combat contre Rolando Paredes (16-8-2). Mathieu a ainsi mis la main sur la ceinture couronnant le champion junior de la North American Boxing Federation des super-moyens.