Simon Kean et Dillon Carman.

Kean promet de «massacrer» Carman le 15 juin

Shawinigan — Si la revanche est à la hauteur de la conférence de presse, Simon Kean et Dillon Carman vont offrir tout un feu d’artifice aux amateurs de boxe le 15 juin à Shawinigan.

Les deux poids lourds ont conclu leur mini-tournée médiatique de deux jours à Espace Shawinigan, à quelques kilomètres du Centre Gervais Auto où ils ont rendez-vous dans un peu plus de deux mois. Au-delà des éternels clichés tenus dans ce genre d’activités promotionnelles, Kean (16-1, 15 K.-O.) et Carman (14-4, 13 K.-O.) ont été tranchants: les deux veulent faire mal à leur rival quand ils vont se recroiser au centre du ring.

À la surprise générale, Carman a fait subir au Trifluvien sa première défaite chez les pros en octobre dernier, en lui passant un violent K.-O. Depuis ce temps, Kean réclamait le privilège de prouver que ce n’était qu’une erreur de parcours. Le voilà servi. «Ça ne peut pas être plus personnel comme combat. Il a dit vouloir mettre un terme à ma carrière le 15 juin. Ça ne se dit pas, c’est hors limite. C’est moi qui vais l’envoyer à la retraite. Je me fous si ça dure un ou 12 rounds, je vais le massacrer!», a lancé le Grizzly, qui semblait un peu moins en contrôle qu’à l’habitude. Si Carman voulait l’énerver, c’est réussi. «Si je perds, je vais aller refaire des toitures. Mais ça n’arrivera pas. J’ai appris de ce qui s’est passé en octobre, au plan mental surtout. Je comprends Carman d’être confiant, après m’avoir battu. Mais il va s’apercevoir rapidement quand la cloche va sonner qu’il a affaire à un boxeur qui n’a jamais été aussi affamé. J’ai tellement envie de le cogner. Je vais laisser toute cette fébrilité sortir le 15 juin.»

Carman aussi était plus bagarreur qu’à l’habitude. La mise en scène de la conférence de presse ne l’a pas épaté. L’ex-champion canadien n’a pas mâché ses mots envers l’olympien. «Il est arrogant. Il se pense meilleur qu’il ne l’est en réalité. Je lui ai passé un K.-O net en octobre, ce sera la même chose en juin», a lancé l’Ontarien, en décochant des flèches à Eye of the Tiger Management. «Les gens ici veulent me fâcher. Ce n’est pas une bonne idée! Quand je suis dans cet état d’esprit, je tasse tout ce qui se trouve sur mon chemin. J’allais me préparer de la même façon qu’à l’habitude pour ce combat. Mais là, ils m’ont allumé pas à peu près. Ils n’ont aucune idée à quel point je vais pousser à l’entraînement pour arriver préparé comme jamais. J’espère que Simon va dire vrai et offrir le meilleur de lui-même le 15 juin. Ça me forcerait à moi aussi, sortir le meilleur et c’est ce que je veux. Simon, c’est une blague. C’est le Golden Boy d’Eye of the Tiger Management mais je suis sûr que la compagnie a commencé à douter. Le 15 juin, ces doutes se transformeront en certitude!»

Grand patron d’EOTM, Camille Estephan a promis un accueil hostile à Carman à partir du moment où il marchera vers le ring. «Tant mieux si ça arrive, je me nourris de ce genre de choses. En octobre, j’ai été hué au Centre Vidéotron. Ça ne s’est pas trop mal passé par la suite!»

«Simon doit gagner»

Estephan et les Cataractes ont dû mettre la main dans leurs poches pour convaincre Carman d’accorder une revanche au Trifluvien. Carman a dévoilé qu’au premier duel, il avait touché 30 000 $. Estephan a reconnu que le chèque de paie est évidemment plus gros pour mettre sur pied le deuxième rendez-vous. «C’est le prix à payer pour effacer tous les doutes. Simon doit gagner, c’est le meilleur vendeur de billets au Québec avec David Lemieux. Comme Carman, il joue gros le 15 juin. J’espère que les gens se rendent compte de l’importance de ce combat, et qu’ils viendront en grand nombre encourager Simon. Vous avez vu l’attitude des deux gars aujourd’hui? Ce n’est pas un jeu, la boxe. C’est dangereux. On a des plans pour Simon. Mais tout commence avec ce combat. Je trouve ça loin le 15 juin, j’ai tellement hâte», s’enthousiasmait Estephan.

Ça va donner le temps aux Cataractes d’écouler les billets en vente. Le président Roger Lavergne ne cachait pas l’objectif d’entasser 4000 personnes au Centre Gervais Auto. «Nous sommes très chanceux d’accueillir un gala de ce calibre chez nous, et de permettre à Simon de remettre les pendules à l’heure devant ses fans. En plus, la sous-carte sera de qualité, on va encore concocter un tailgate avec des surprises. Et on prévoit même faire une place à la boxe amateur. On vous prépare toute une soirée encore une fois», souriait Lavergne.