Simon Kean et Avery Gibson ont posé devant les caméras, sous le regard attentif du promoteur Camille Estephan.

Kean: «Enfin un gars qui veut se mesurer à moi!»

Pour sa deuxième sortie sous les projecteurs du Centre Bell, Simon Kean (7-0, 7 K.-O.) souhaitait un défi à la hauteur de ses ambitions. À première vue, l'Américain Avery Gibson répond parfaitement aux critères, pour le plus grand plaisir du colosse trifluvien!
À sa première expérience entre les câbles de l'amphithéâtre montréalais, le 22 octobre dernier, Kean n'avait fait que passer. Contre David Torres Garcia, il n'avait eu aucun mal à signer une victoire par arrêt de l'arbitre, dès la deuxième minute du deuxième round.
Déçu de la qualité de son opposant, Kean l'avait même qualifié de «jambon saucisse-bacon» à sa sortie du ring. Cette fois, le portrait s'annonce bien différent, en demi-finale du gala qui mettra en vedette Steven Butler et Brandon Cook. Le protégé de Jimmy Boisvert en est bien conscient.
«C'est un adversaire coriace, qui a de l'expérience. Je sais qu'il est tough, mais je suis encore plus tough que lui. Je ne vois pas comment je pourrais ne pas gagner ce combat. Si j'ai la chance de l'étendre dès le premier round, c'est certain que je vais le faire.»
Gibson n'en est pas à son premier rodéo. En plus d'avoir livré de bonnes performances contre Didier Bence et Éric Martel-Bahoeli au cours des derniers mois, il totalise quatre combats contre des olympiens. Du lot, l'Américain compte à son dossier une victoire aux dépens de l'Équatorien Ytalo Perea, signée par décision unanime en août 2013.
Ce Perea, Simon Kean le connaît bien. Lors des qualifications olympiques, en vue des Jeux de Londres 2012, l'Équatorien avait passé le K.-O. au Trifluvien en demi-finale.
Avery Gibson n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler qu'il avait vaincu Perea, contrairement à Kean, jeudi en conférence de presse. «Je suis venu ici pour me battre! Simon sera mon cinquième olympien. J'ai même battu un type qui l'a battu. Il ne me fait pas peur. Samedi, ça sera le moment de s'amuser dans le ring!»
En plus de cette petite pointe devant les caméras, Gibson s'est aussi servi des réseaux sociaux pour narguer l'olympien de Londres 2012 cette semaine. Dans une vidéo où il frappe dans un sac d'entraînement, on le voit adresser quelques reproches à Kean en soulignant que le protégé d'Eye of the Tiger Management a choisi le mauvais gars contre qui se frotter.
Peu habitué à ce genre de mascarade, Kean admet avoir adoré l'initiative de son rival. «J'étais vraiment content! Enfin un gars qui veut vraiment se mesurer à moi. C'est très stimulant», s'emballe le colosse de 6 pi 5 po.
En conférence de presse, le poids lourd de 28 ans avait lui aussi lancé un message bien clair pour Gibson. «Je ne sais pas si je vais te knocker, mais je sais que je vais gagner et que je vais te faire mal!»
Une belle vitrine
Au-delà des joutes verbales, son entraîneur Jimmy Boisvert trépigne surtout d'impatience à l'idée de voir son poulain étaler son savoir-faire sous les projecteurs du Centre Bell. 
«Les gens vont avoir l'occasion de découvrir tout son talent. Ils vont voir que Simon n'est pas seulement fort et un gros cogneur, mais un excellent boxeur aussi.»
Dans un duel prévu pour huit rounds, Kean pourrait bien être appelé à puiser dans ses réserves d'énergie, un scénario qui s'est rarement présenté à lui depuis ses débuts chez les professionnels. Son plus long combat s'est terminé par arrêt de l'arbitre, au cinquième round, face au Mexicain Daniel Cota à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières.
«Il va devoir bien gérer son combat, bien gérer ses énergies. Ça va être important pour lui de ne pas se laisser embarquer dans le style de Gibson, en accrochant. Mais je sais que Simon a l'énergie pour se bagarrer avec lui.»
Voilà la table mise pour samedi soir. Les deux colosses ont rendez-vous sur le pèse-personne vendredi midi.