Simon Kean et Adam Braidwood lors de la dernière conférence de presse.

Kean de mauvais poil, Braidwood souriant

SHAWINIGAN — L’univers de la boxe est imprévisible.

On s’attendait à voir Adam Braidwood (13-1, 12 K-O.) provoquer Simon Kean (14-0, 13 K-O.), à la dernière conférence de presse avant ce choc des poids lourds attendu d’un océan à l’autre samedi soir. Le mastodonte de la Colombie-Britannique affichait plutôt une mine détendue, alors que le Trifluvien était au bord de l’explosion.

«Je trouve ça vraiment cool. Vous m’avez amené ici en avion. Je suis parti de l’autre bout du pays pour venir battre votre boxeur devant ses fans. Voilà ce qui s’en vient», a lancé Braidwood avec un large sourire aux lèvres pour lancer les hostilités. Puis, l’ex-joueur de football a repris son discours des derniers mois, en s’adressant directement à l’olympien. 

«J’espère que tu ne vas pas te sauver. Je vais t’attendre au milieu de l’arène. Je veux offrir un combat spectaculaire aux fans. Ce combat est bon pour la boxe. Au Canada, c’est l’équivalent de Deontay Wilder-Anthony Joshua. Je vais mettre de la pression sur toi. Tout le monde est gentil avec moi depuis mon arrivée, je suis très bien traité. Tu ne m’enlèveras pas ça samedi!»

Kean n’a pas apprécié le monologue de son rival. Il a montré quelques signes d’impatience au bout de la table, qui ont donné le signal aux deux gardes de sécurité de se rapprocher! Une fois au micro, le protégé de Jimmy Boisvert a invité Braidwood à en venir aux coups tout de suite, mais ce dernier lui a répondu en se moquant de son offre. 

Kean a renchéri en lui offrant son fameux toutou d’ours, mais encore là, Braidwood a misé sur la rigolade. Il faudra donc attendre à samedi pour voir lequel est véritablement le plus fort, après une guerre verbale de plus d’un an. 

«Sur les réseaux sociaux, il est arrogant, agressif. C’est drôle, en personne, il est beaucoup plus docile», a indiqué Kean. «Il fait le clown, alors que la boxe, c’est sérieux. Il n’a pas l’air de comprendre ce qui l’attend. Il ne s’est jamais fait frapper comme il va être frappé samedi. Quand la cloche va sonner, personne ne pourra l’aider.»

Pas question toutefois pour Kean de livrer une guerre à Braidwood. Il a répété vouloir prouver qu’il était un bien meilleur boxeur que le Boogeyman. 

«Je sais qu’il veut qu’on se retrouve au milieu du ring, mais ça n’arrivera pas. Je vais le frapper le premier, puis je vais me tasser et revenir le frapper. Même si je me fais huer, je ne dérogerai pas à mon plan. Je vais gagner tous les rounds puis je vais le mettre K.-O. quand la porte va s’ouvrir», a expliqué Kean, tiré à quatre épingles. 

«Moins je me fais frapper, plus je pourrai me bâtir une longue carrière. C’est mon plus gros test jusqu’à maintenant. Je dois gagner ce combat, c’est lui qui va me faire monter. Braidwood est sur mon chemin, mais ce n’est pas le terminus. Le terminus, c’est le championnat du monde. Je veux battre les Joshua, les Wilder. Pour me rendre là, je dois gagner samedi», a martelé Kean.

Le Trifluvien n’a toutefois pas voulu livrer une prédiction précise. «Je vais gagner. Je pense que ça va être par K.-O., car il a un style offensif et je vais pouvoir profiter de ses erreurs. Mais si ça doit aller à la limite, c’est correct. Je suis prêt à tout.»

Braidwood dit être lui aussi préparé pour un long duel. «Kean est fort. C’est un olympien. Il n’est pas classé numéro un au Canada par hasard. Il me voit simplement comme un obstacle sur sa route vers un championnat du monde, mais moi, je sais que je vais gagner par K.-O. Je ne peux prédire à quel round, je suis le genre de gars qui ne sait même pas comment il va s’habiller demain! Mais soyez assurés que je vais finir par le pincer.»

Le coloré personnage a aussi promis de faire de son nouveau toutou son compagnon de route. «Vous allez me voir partout avec lui! Il sera sur mes photos à la tour Eiffel, à la tour de Pise. Nous allons devenir inséparables», a-t-il rigolé.

Camille Estephan, promoteur de l’événement avec les Cataractes, croit par ailleurs que l’attitude de Braidwood jeudi trahissait son véritable état d’esprit. «Ça m’a sauté aux yeux. Au micro, il a été agressif quand Simon était assis.
Mais quand Simon lui a donné le toutou, il l’a pris comme un petit garçon. Puis, au face à face, il était souriant, mais quand il s’est tourné et que Simon ne le voyait plus, il lui a fait un doigt d’honneur. Pour moi, ça dénote un manque de caractère. Était-ce une mise en scène? On va le découvrir samedi.»

Le mot de la fin à Kean, qui n’a pas fait dans la dentelle quand il s’est adressé directement à son opposant. «J’ai entendu dire que tes parents seraient là pour la première fois. Je suis content pour toi. Car quand tu comprendras ce qui se passe sur le ring, tu vas vouloir rentrer dans le ventre de ta mère, comme un petit fœtus!»