Comme la veille, il y a peu d’amour et de respect qui se dégageaient de cette tradition.

Kean – Santos: place aux choses sérieuses

Shawinigan — Les jeux sont faits. Les boxeurs du gala de samedi soir au Centre Gervais Auto ont fait une dernière apparition publique avant de passer aux choses sérieuses. Plus de 200 personnes étaient réunies à la Plaza de la Mauricie pour assister à la pesée et au face à face entre Simon Kean (12-0, 11 K.-O.) et Alexis Santos (18-2, 15 K.-O.).

Comme la veille, il y avait peu d’amour et de respect qui se dégageaient de cette tradition. Santos, le négligé des parieurs, est même sorti de ses gonds en offrant des doigts d’honneur au Trifluvien après leur pose pour les photographes. 

«Les gens aiment la violence. La violence et le sexe! Aujourd’hui, c’était du spectacle. Demain, ce sera pour vrai. Je suis prêt!» assurait l’ex-champion de la Nouvelle-Angleterre, qui espère ravir à Kean le titre mineur de l’IBO qui est en jeu.

Kean ne s’est évidemment pas laissé damer le pion. Il lui a promis sur l’estrade de l’endormir pour longtemps samedi soir, en utilisant des gestes pour que tous comprennent bien son anglais. «Il a essayé de m’intimider parce qu’il ne croit pas en ses moyens. Évidemment, il n’a pas réussi. Je lui ai montré que je n’avais pas peur de lui. J’ai gagné ce face à face», martelait l’olympien, qui a fait rigoler les journalistes en répondant à la question sur la durée de sa préparation pour ce duel avec Santos. 

«Ça fait 13 ans que je m’y prépare! Je prévois un combat très offensif des deux côtés. Un combat pour hommes. D’après moi, ça va finir par un bon knock-out!»

Santos est d’accord sur une chose, le duel sera explosif. «J’affronte un clown. Il est nerveux. Et dans son subconscient, il sait que son clan a fait une grave erreur en mettant ce combat sur pied. Il ne peut plus reculer. Il s’en va vers des feux d’artifice demain», a-t-il garanti. «Je ne suis pas un gars gentil. Lui il donne des toutous à ses rivaux. Moi les toutous, je donne ça aux filles. Il va découvrir de quoi je suis fait demain.»

Kean a fait osciller la balance à 245 livres. Santos va donc lui concéder une vingtaine de livres. «Ça ne me dérange pas du tout. J’ai déjà affronté des gars qui pesaient 100 livres de plus que moi», témoignait Santos.

Dans les faits, l’entraîneur de Santos, Sean B. Farley, s’attendait à un écart plus prononcé. «Kean se bat plus pesant, d’habitude. Est-il surentraîné? Ou simplement très nerveux? Chose certaine, nous on sait dans quoi on s’embarque. Alexis a vécu beaucoup d’adversité depuis le début de sa carrière. Kean, c’est le contraire. Je pense que c’est ce qui va faire la différence en notre faveur», analysait Farley, ravi que son poulain soit d’humeur massacrante. 

«En raison des agissements de Kean, c’est devenu personnel ce combat. C’est parfait, Alexis devient un bien meilleur boxeur quand c’est le cas. À son dernier combat, c’était amical avec Kennedy, ça lui a joué un tour. Cette fois, pas de danger que ça arrive. Je conseille aux gens de ne pas rater ce combat, ils vont avoir tout un spectacle. Et j’aime mieux les prévenir, ça risque de se terminer d’une autre façon qu’ils ne le prévoient. Je maintiens ma prédiction, Kean va être K.-O. au septième ou au huitième round.»

Toute cette animosité plaisait à Roger Lavergne, président des Cataractes, qui a orchestré cette carte avec Camille Estephan d’Eye of the Tiger Management. Soulagé d’avoir écoulé plus de 3000 billets, ravi par une pesée sans anicroche, il confiait s’attendre à trouver les prochaines heures un peu longues. 

«Je ressens beaucoup de fierté actuellement de voir que la Mauricie s’est appropriée l’événement. Eye of The Tiger visait 3000 personnes, moi j’en espérais 3500. C’est un chiffre qu’on va probablement dépasser. Et on va le faire avec une carte de grande qualité, dont une finale qui ne laissera personne indifférent. Tous les ingrédients sont réunis pour que la soirée soit mémorable.»