Pier-Olivier Grandmaison ne connaissait rien du hockey en Australie avant de poser les pieds au pays des kangourous. À la fin de la saison, il a été nommé joueur par excellence du circuit national.

Joueur le plus utile... en Australie

TROIS-RIVIÈRES — À 24 ans, Pier-Olivier Grandmaison fait partie de ces hockeyeurs qui ont eu la chance de pratiquer leur sport sur trois continents différents. Il figure aussi parmi les rares joueurs à avoir évolué dans une ligue organisée durant l’été... en Australie!

Avec ses 67 points récoltés en 28 matchs, le patineur originaire de Trois-Rivières a d’ailleurs reçu le titre de joueur par excellence de la Ligue australienne de hockey, un circuit semi-pro en émergence dans un pays qui affectionne les sports virils.

Grandmaison s’est retrouvé avec l’équipe du Thunder de Perth, après avoir tenté sans succès, pendant plusieurs mois, de rejoindre la ligue. Il souhaitait vivre une nouvelle expérience, fort de ses trois saisons en première division française, dont deux à Nantes.

«Le hockey européen m’a permis de voyager, mais en Australie, ç’a été le dépaysement total», raconte Grandmaison qui, grâce à ses exploits à l’autre bout du monde, a pu dénicher un premier contrat professionnel en Amérique du Nord. À compter du week-end prochain, il se rapportera aux Icemen de Jacksonville dans l’ECHL. Il s’agit du club affilié du Moose du Manitoba de la Ligue américaine.

L’ancien des Estacades et des Loups de La Tuque est arrivé en Océanie en ne connaissant rien du calibre de jeu. Benjamin Breault, un ex-hockeyeur de la LHJMQ, jouait déjà pour le Thunder. Il était sa seule référence culturelle. Quelques mois plus tard, Grandmaison était pourtant sacré meilleur joueur de la ligue. Perth a perdu en demi-finale. «Je considère que c’est un bel honneur. Je n’étais pas le seul Canadien dans la ligue. Les joueurs de l’Amérique et de l’Europe ont un bon calibre, certains ont joué dans la Ligue Magnus en France, d’autres provenaient du championnat d’Angleterre.»

La Ligue australienne de hockey a vu le jour en 2000 et le trophée qu’elle décerne, la Coupe Goodall, est l’un des plus vieux au monde, avec la Coupe Stanley et la Coupe Allan. Le Thunder de Perth, de par sa situation géographique sur la côte ouest, est isolé par rapport aux autres équipes, toutes concentrées dans l’est du pays, où la majorité de la population demeure. La proximité de Perth avec l’Asie a incité Grandmaison de visiter Bali, en Indonésie, ainsi que le Vietnam. Bref, il a joint l’utile à l’agréable!

«On prenait l’avion une fois aux deux semaines pour jouer dans des arénas de 1000 ou 1500 places. La plupart du temps, c’était un gros happening. Les gens en Australie ne connaissent pas beaucoup le hockey, mais ceux qui assistent aux matchs sont de grands fans. C’est une ligue très physique, à l’image des sports australiens.»

À Perth, Grandmaison a joué devant des foules de 300 à 400 personnes. Son contrat stipulait qu’il devait aussi s’impliquer lors des entraînements pour enseigner certaines stratégies aux joueurs, dont la plupart sont des Australiens. Dans l’un des arénas visités, c’est une clôture qui faisait office de baie vitrée! Quand on parle de choc culturel...

«Les gars ont des emplois, ils jouent par passion. Les joueurs étrangers sont logés, les propriétaires nous fournissent un véhicule. Ils nous dénichent même un emploi! J’ai travaillé dans une cour à scrap, mais ce n’était pas très forçant», reconnaît Grandmaison en souriant. «Pour eux, c’est une occasion d’améliorer leur niveau de hockey, ils sont heureux qu’on soit là. Et nous le sommes aussi! C’est vrai que certains arénas étaient assez vétustes. D’un autre côté, on a joué au hockey dehors toute notre vie. On ne pouvait pas se plaindre, surtout que les Australiens sont vraiment gentils et accueillants.»

Grandmaison admet au passage que le rythme de vie lui a plu. L’hiver en Australie (notre été) n’est pas très rigoureux, la température oscillant souvent entre 15 et 22 degrés Celsius. Le Trifluvien a ainsi pu pratiquer la pêche en haute mer et profiter de la plage sur une base presque quotidienne. Tout cela avec deux pratiques par semaine! «Je comprends pourquoi les gars qui arrivent ici ont de la difficulté à repartir», dit Grandmaison.

Maxime Langelier-Parent, qui a joué pour les Redmen de McGill, est devenu entraîneur-chef des Mustangs de Melbourne après avoir défendu les couleurs du club en 2016-17. Pier-Olivier Grandmaison admet qu’il voudrait lui aussi y retourner, si l’occasion se présente.

D’ici là, il se rapportera aux Icemen de Jacksonville et il compte bien prouver qu’il a sa place chez les pros, de ce côté-ci de l’océan Pacifique.