Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Une partie des officiels ayant pris part au Championnat mondial junior. Cinquième à partir de la gauche, Jonathan Deschamps est notamment accompagné du Trifluvien Guillaume Labonté (premier à partir de la gauche).
Une partie des officiels ayant pris part au Championnat mondial junior. Cinquième à partir de la gauche, Jonathan Deschamps est notamment accompagné du Trifluvien Guillaume Labonté (premier à partir de la gauche).

Jonathan Deschamps a réalisé son rêve différemment

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Article réservé aux abonnés
Trois-Rivières — Plus jeune, Jonathan Deschamps rêvait d’enfiler le chandail de l’unifolié au Championnat mondial junior. Ça ne s’est pas concrétisé, mais mardi, le juge de lignes de Trois-Rivières ne pouvait être plus près de l’action, alors qu’il a été sélectionné comme officiel pour la finale Canada États-Unis.

Les sacrifices imposés dans la bulle d’Edmonton en auront valu la peine, assure l’ancien joueur des Patriotes de l’UQTR et des Cataractes de Shawinigan.

Avec moins de trois ans de métier derrière la cravate comme juge de lignes, Deschamps se retrouvait sur la plus grande scène du hockey junior, pour ce choc entre les Canadiens et les Américains. Alors que les vedettes de demain s’affrontaient, les officiels responsables de la rencontre étaient scrutés par les superviseurs de la Fédération internationale de hockey sur la glace... et de la LNH.

«C’est tout un sentiment! Je n’ai pas beaucoup dormi dans la nuit de mardi à mercredi», sourit Deschamps, de retour en Mauricie depuis quelques heures.

Il avait quitté la région le 13 décembre, une semaine après avoir entamé sa période de confinement. L’arbitre Guillaume Labonté, un autre officiel du coin, était aussi de la délégation québécoise des officiels à Edmonton.

Deschamps aura été délégué dans six matchs, dont quatre du Canada et non les moindres (Finlande, Russie et États-Unis). Quant à Labonté, il a arbitré quatre parties, notamment le quart de finale entre les Américains et la Slovaquie.

«Je réalise la chance que j’ai eue. En temps normal, un arbitre ou un juge de lignes ne peut pas officier un match de son pays. Par contre, à Edmonton, nous étions tous des officiels canadiens. C’était une année particulière avec la pandémie et cela m’a permis d’être en uniforme pour la finale. Je ne l’oublierai jamais!»

Un Noël en «famille»

Malgré des cas de COVID-19 répertoriés avant le début du tournoi, la bulle d’Edmonton a de nouveau tenu le coup. L’été dernier, la LNH avait aussi complété ses séries en déjouant le coronavirus.

Le prix à payer? Des tests de dépistage au quotidien pour tous les acteurs du Mondial junior.

Jonathan Deschamps (premier à droite) aura officié six parties au Mondial junior, dont l’affrontement entre l’Autriche et la Russie.

«Disons que j’ai eu ma dose de tests, autant par la gorge que le nez», s’exclame Deschamps, qui se considère privilégié d’avoir partagé ses soirées de Noël et du jour de l’An en compagnie des autres officiels du tournoi, dont Labonté.

«Des amitiés pour la vie se sont soudées à Edmonton, c’est clair! Les journées étaient longues parfois, mais des espaces nous étaient réservés autant à l’hôtel que dans l’amphithéâtre. Le ping-pong, les cartes, les poches; on a trouvé le moyen de passer le temps!»

Sur la bonne voie

Deschamps n’a pas été choisi par hasard pour officier en finale. Son coup de patin l’aide entre autres à gravir les échelons rapidement.

Ils sont nombreux à croire que sa carrière pourrait rapidement prendre son envol vers la LNH, surtout avec la visibilité obtenue dans les deux dernières semaines.

«Entre le 31 décembre et la finale, j’ai vécu trois des plus gros matchs de ma vie, autant comme joueur que juge de lignes. Je suis fier de ce que j’ai fait sur la glace, même s’il y a eu des périodes d’adaptation.»

Même pour les juges de lignes, certains règlements à l’international diffèrent de ceux du hockey nord-américain. «Par exemple, on ne peut pas chasser un joueur de centre d’une mise au jeu dans le hockey international. Les changements concernent davantage les arbitres, mais nous avons dû nous adapter nous aussi.»

Deschamps admet au passage que l’absence de la foule a été ressentie à quelques reprises, surtout en finale.

«Je dois avouer qu’en finale, le niveau de stress était légèrement inférieur avec un aréna vide. Dans le feu de l’action cependant, ça ne change rien. J’arbitre depuis deux ans dans la Ligue américaine, j’ai travaillé à la Place Bell de Laval à guichets fermés et j’ai vécu la même chose à Hershey avec 10 000 personnes. C’est différent, mais ça ne change rien au fait que c’est le Mondial junior et que c’est un honneur d’être là.»

Deschamps a évité les controverses durant le championnat. Il y a eu des moments tendus, comme c’est toujours le cas, mais rien de majeur à signaler. Son bon bulletin lui a d’ailleurs permis d’officier en finale.

Alex Turcotte des États-Unis voit son tir bloqué par le gardien slovaque Simon Latkoczy en quarts de finale, sous les yeux de l’arbitre Guillaume Labonté (#16).

Il prendra maintenant quelques jours de repos, à Trois-Rivières, avant de se préparer en vue du début de la saison dans la Ligue américaine.

Les quatre équipes canadiennes du circuit (Belleville, Toronto, Winnipeg et Laval) s’affronteront entre elles, à l’image du calendrier de la LNH qui prévoit uniquement des confrontations entre clubs du même pays, du moins en saison régulière.