Véritable légende de la LNAH, Jon Mirasty portera le chandail des Draveurs de Trois-Rivières cette saison.

Jon Mirasty effectue son retour dans la LNAH

Pour les amateurs de la Ligue nord-américaine de hockey, Jon Mirasty n’est pas seulement un des grands batailleurs du circuit: c’est une légende. Ce n’est donc pas pour rien que les Draveurs ont fait son acquisition cet été, on le voit comme l’un des grands vendeurs qui permettra de sauver la concession.

Mirasty disputera un total de 25 matchs cette saison. Chaque jeudi, trois fois par mois, il sautera à bord d’un avion à Saskatoon, situé à trois heures de route de route de son domicile, afin de s’envoler vers Montréal et venir disputer quelques minutes de jeu où on lui demandera de jeter les gants.

«C’est une situation assez unique. Je vis à Meadow Lake en Saskatchewan et l’aéroport le plus près est à trois heures. Je m’attends à beaucoup de voyagement cet hiver. La passion est encore là et ça me garde jeune. La ligue connaît des difficultés dans les dernières années et je pense qu’un gars comme moi peut aider à ramener des amateurs. C’était une décision intelligente de la part de Trois-Rivières. Des joueurs comme moi, il n’y en a pas beaucoup.»

Même s’il était à quelques milliers de kilomètres du Québec, Mirasty a été mis au fait des suspensions exemplaires écopées par ses futurs coéquipiers et entraîneurs chez les Draveurs. 

«Je ne suis pas sûr de la direction que la ligue va prendre, mais des gars comme Joël Thériault, Steve Bossé et moi, on a bâti cette ligue et on l’a rendue populaire. Je pense qu’il y a toujours une place pour les combats dans le hockey. Si ce n’est pas le cas, on verra où la ligue va aller et si elle va survivre. Il y a encore des gens qui veulent voir du hockey comme dans le temps. Sans bataille, ce n’est plus du hockey, c’est Disney on ice.»

Car le hockey a énormément changé dans les 20 dernières années. Si Mirasty était né 20 ans plus tôt, ce n’est peut-être pas dans la LNAH qu’il évoluerait mais plutôt dans la Ligue nationale de hockey. Il est d’ailleurs passé bien près d’enfiler le chandail des Blue Jackets de Columbus après avoir été rappelé à quelques occasions, mais ça ne s’est jamais concrétisé. Il s’est tout de même imposé comme l’un des combattants les plus connus dans le monde du hockey, disputant quatre saisons dans la Ligue américaine et deux dans la Ligue continentale de hockey.

«Je n’ai peut-être pas joué dans la LNH, mais j’ai parcouru la planète, j’ai rencontré des tonnes de personnes et j’ai joué avec certains des meilleurs joueurs au monde. Je ne regrette absolument rien.»

L’après-carrière

À 35 ans, Mirasty se considérait comme retraité du hockey avant d’accepter l’offre des Draveurs. Reconnu pour la solidité de sa mâchoire, il a disputé 257 combats en carrière – dont deux lors de matchs présaison de la LNH – selon le site spécialisé Hockeyfights.com. Conscient que sa carrière pouvait se terminer en un seul coup de poing, il a été en mesure de préparer la suite de sa vie.

«Je me suis lancé dans la restauration en faisant l’acquisition d’un Tim Hortons. Je travaille aussi avec les jeunes sur la réserve, puisque je suis membre des Premières Nations et que ce n’est pas toujours facile sur la réserve. J’ai aussi une ferme avec des chevaux.»

Et comme si ce n’était pas assez, son fils Triston évolue pour le réputé programme des Hounds de Notre-Dame en Saskatchewan.

«Il a 14 ans et il est dans le bantam. C’est un bon joueur et il est grand. Je suis en mesure de l’aider avec toute l’expérience que j’ai vécue. Une chose est sûre, c’est qu’il ne fera pas le travail que je fais.»