La «Cyclovore» Jessica Bélisle a entrepris un tour des 17 régions administratives du Québec.

Jessica Bélisle à la découverte du Québec

Il n'y a aucun doute, Jessica Bélisle carbure aux défis. Celle qui a établi en mars dernier un record du monde pour le plus de kilomètres parcourus sur un vélo stationnaire en 128 heures, soit 3019,1 km, a entrepris mardi un tour du Québec. Son objectif: se rendre dans les 17 régions administratives de la province.
«Je veux faire ce défi pour voir le Québec. J'ai hâte de découvrir le Grand Nord, ça m'intrigue énormément. Mon voyage entraîne un aspect découverte très intéressant et motivant», affirmait mercredi la jeune femme alors qu'elle se trouvait dans le parc du Mont Tremblant.
Jusqu'au 25 mai, Jessica Bélisle entend parcourir 3000 km. Actuellement en direction de l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec, elle se rendra par la suite vers Chibougamau, le lac Saint-Jean, la Côte-Nord, la Gaspésie puis la vallée du Saint-Laurent. Elle souhaite terminer son périple à travers le Québec à Thurso en Outaouais. L'objectif est de parcourir en moyenne 300 km par jour. 
Après avoir quitté L'Île-aux-Coudres mardi matin, la première journée de Jessica Bélisle s'est très bien déroulée. Elle a même été plus rapide que prévu. «Mercredi, c'est un peu plus difficile, car je vis ce que je redoutais. Le véritable défi pour moi qui n'a pas un très bon sens de l'orientation c'est de me repérer. J'ai dû arrêter souvent valider que je prenais la bonne direction», ajoutait la cycliste en précisant que ces difficultés d'orientation peut lui jouer dans la tête. 
«C'est vraiment une partie plus psychologique que physique, car de ce côté, ça va très bien.»
Bien qu'elle a établi un itinéraire précis de son périple à travers toutes les régions administratives du Québec, Jessica Bélisle avoue qu'elle doit s'ajuster au quotidien. Lorsque Le Nouvelliste s'est entretenu avec elle mercredi, l'ultracycliste se dirigeait vers Mont-Laurier, mais le vent et les nombreuses côtes lui compliquaient la vie. «Mon itinéraire est révisable», disait en riant celle qui a déjà parcouru trois fois la distance entre Vancouver et Montréal. 
Celle qui a déjà roulé plus de 12 000 km cette année est habituée de composer avec ces difficultés... particulièrement avec les vents forts de face.
«Je le dis souvent à la blague, mais je n'ai pratiquement jamais le vent de dos. On dirait que c'est un mythe. Je n'y croirais pas tant que je ne verrai pas», confiait-elle à la blague.
«Quand on a le vent de face, on le sent en tabarouette. Des bouts, je roule à 20 km/h alors que normalement je fais du 28 km/h. Ça peut représenter 30 % en efforts supplémentaires.»
La réalisation du record de 3019,1 km parcourus sur un vélo stationnaire plus tôt cette année a bien sûr été une très bonne préparation pour Jessica Bélisle.
«Je n'ai pas eu d'entraînement particulier pour ma préparation, mais la grosse différence c'est que je transporte un sac de 16 livres. [...] Je n'ai vraiment pas apporté beaucoup de choses. Ce n'est pas le temps de faire un défilé de mode.» 
La troisième journée du défi de la «Cyclovore» s'annonce particulière. Jessica Bélisle doit quitter Mont-Laurier très tôt le matin pour se rendre à Val-d'Or. Toutefois, un tronçon de la route 117 dans le parc de La Vérendrye s'est affaissé, forçant le ministère des Transports à carrément la fermer à la circulation.
«Depuis ce matin [mercredi], j'essaie de trouver un plan B. Plusieurs personnes m'ont dit que ça passe en vélo, mais pas en auto. Je vais sûrement tenter le coup et si ça ne passe vraiment pas, je vais trouver un autre plan», avouait le jeune athlète de Trois-Rivières.
Discipline de fer
Réaliser un défi sportif d'une telle ampleur nécessite une discipline de fer.
Chaque matin, Jessica Bélisle entend prendre la route vers 4h30 ou 5h. Par la suite, elle passe la journée sur sa monture d'acier pour atteindre ses objectifs.
La «Cyclovore» n'a pas voulu se surcharger en poids. Après tout, elle croisera des commerces chaque jour pour faire le plein de nourriture et de liquide.