Jean-Sébastien Bélisle (9) est l’un des vétérans de la brigade défensive des Carabins, l’une des meilleures du football universitaire canadien.

Jean-Sébastien Bélisle brille sous les projecteurs

Trois-Rivières — Depuis qu’il défend les couleurs des Carabins de l’Université de Montréal, Jean-Sébastien Bélisle a fait face à son lot d’adversité, ayant dû négocier avec une mononucléose et quelques blessures. Samedi, lors d’un premier match attendu face au Rouge et Or, le demi défensif de Trois-Rivières a brillé en étant sacré joueur par excellence d’une rencontre suivie par des milliers de Québécois.

Un retour d’interception de 60 verges menant à un touché et 5,5 plaqués: c’est une chose de connaître une bonne sortie, cela en est une autre de briller sous les projecteurs de la plus grande scène du football universitaire dans la province. On le sait, les matchs entre les Carabins et le Rouge et Or laissent bien peu d’amateurs de sports indifférents.

Vétéran de cinquième et dernière année, Bélisle, 24 ans, est l’un des piliers d’une défensive que plusieurs considèrent comme la plus dominante au pays.

Samedi à Montréal, il a inscrit un majeur après avoir intercepté un ballon lancé par le quart arrière du Rouge et Or Samuel Chénard. En retard 0-5, les Carabins ont pris les devants 7-5 sur ce jeu. Les Montréalais (4-0) sont d’ailleurs demeurés invaincus cette année et ont pris une option sur le premier rang du classement devant Laval (2-1).

«J’ai tiré profit de la pression exercée par mes coéquipiers. C’était le plan de match établi, il a été exécuté à merveille», se réjouissait Bélisle, nommé lundi le joueur par excellence du football universitaire par le Réseau du sport étudiant du Québec. Ce revirement constituait déjà une deuxième interception pour lui cette saison. Avant cette séquence, il avait écopé d’une pénalité de 15 verges. Toute une façon de se racheter!

«Je considère avoir été chanceux, c’est vraiment le blitz des gars qui a forcé leur quart arrière à lancer rapidement. Mais nos efforts portent fruit. On a tous le même objectif.»

Un souvenir à effacer

Bélisle était une recrue à l’automne 2015, lorsque les Carabins ont échappé la Coupe Vanier devant l’Université de la Colombie-Britannique, à Québec.

Le Trifluvien a réussi un touché sur un retour d’interception de 60 verges samedi face au Rouge et Or.

Il n’a pas eu l’occasion de revivre l’expérience de la grande finale du football universitaire canadien. Il tentera d’y retourner dans quelques semaines. Autour de lui, il y a évidemment plusieurs nouveaux visages, des joueurs qui n’étaient pas présents en 2015. Des gars de la région de la Mauricie, comme Marc-Antoine Lemay, Antoine Mailhot et Shawn Boucher se sont notamment greffés au groupe dirigé par l’entraîneur-chef Danny Maciocia.

«Je refuse de penser que ça pourrait être ma seule présence en carrière à la Coupe Vanier. Nous sommes meilleurs en défensive que l’an passé et notre attaque va continuer de progresser. Peu d’experts nous croyaient capables de battre Laval en fin de semaine et pourtant, nous avons prouvé qu’on jouait sur le même terrain. C’est une saison très motivante jusqu’à maintenant.»

Des options

La moitié du calendrier de saison régulière étant déjà chose du passé, les Carabins ont encore quatre matchs à disputer avant les éliminatoires. Ils se mesureront entre autres au Rouge et Or, à Québec le 20 octobre.

Pour Bélisle, pas nécessaire pour l’instant de se projeter dans l’avenir. Déçu d’avoir été ignoré au repêchage de la Ligue canadienne de football au printemps, il assure être passé à un autre appel rapidement.

Étudiant en enseignement préscolaire et primaire, il se dit toujours en réflexion pour la poursuite de ses projets professionnels.

«J’aurai plusieurs options, dont la LCF et le football en Europe. En ce moment, je me concentre entièrement sur la saison des Carabins et mes études. Je ne veux pas avoir de regrets.»

D’autant plus qu’il se sent privilégié de pouvoir évoluer pour une équipe aussi prestigieuse.

«Il y a tellement d’ambiance à nos matchs locaux! Le terrain est enclavé entre la montagne et les gradins, ça crée une atmosphère unique. On espère pouvoir donner un championnat national à notre monde.»

D’ici là, les Carabins ont encore beaucoup de travail à abattre. Mais la victoire de samedi leur a permis de lancer un message clair.