Jean-Philippe Parr, 15 ans, pointe au 125e rang du classement Rolex de l’American Junior Golf Association, le principal circuit de développement vers le golf professionnel.
Jean-Philippe Parr, 15 ans, pointe au 125e rang du classement Rolex de l’American Junior Golf Association, le principal circuit de développement vers le golf professionnel.

Jean-Philippe Parr ronge son frein

Trois-Rivières — On lit et entend que les enfants et les adolescents, entre autres les jeunes sportifs, sont les grands oubliés de cette pandémie. Pour ceux de l’élite aspirant à une carrière professionnelle, le confinement et l’absence de compétition commencent à peser lourd. C’est le cas du golfeur Jean-Philippe Parr, qui ratera les premiers tournois juniors de la saison aux États-Unis... et peut-être les autres.

N’entre pas qui veut dans les cercles de l’American Junior Golf Association (AJGA). Depuis quelques années, c’est l’objectif du surdoué de St-Célestin.

Parr réussit à tirer son épingle du jeu face à quelques-uns des meilleurs golfeurs américains. Le petit Canadien n’a jamais paru intimidé dans les allées lors des grands rendez-vous. Il pointe d’ailleurs en ce moment au 125e rang du classement Rolex aux États-Unis, un pays qu’il ne peut visiter depuis la fermeture des douanes.

Oui, le jeune homme se considère chanceux de pouvoir reprendre la pratique de son sport en Mauricie et dans d’autres régions du Québec. Depuis une semaine, il a joué tous les jours. Ce n’est pas un privilège que les athlètes du soccer ou du baseball ont et il en est conscient.

D’un autre côté, il se sent bien impuissant en voyant les golfeurs de son âge, au sud de la frontière, recommencer les tournois de l’AJGA, dans le but d’accumuler les précieux points au classement. Il sait qu’il est de calibre avec eux.

L’été 2020 devait en être un de concrétisation pour Parr, d’autant plus qu’il fait désormais partie de l’équipe nationale de développement de Golf Canada. La dure réalité, c’est que tous ses projets sont en mode pause. Sauf le golf récréatif, les entraînements en solo avec son coach Fred Colgan, à Québec, et les parties amicales avec sa gang du Ki-8-Eb de Trois-Rivières.

«Ça fait du bien de voir du monde, de frapper la balle ailleurs que dans un filet. Sauf que c’est aussi un peu frustrant de voir mes amis aux États-Unis retourner dans les tournois. Ce sont des tournois auxquels je devais participer, où j’avais l’occasion de montrer ce dont je suis capable. C’est du très haut niveau.»

Parr ciblait un tournoi en Caroline du Nord dans deux semaines. Puis un autre, en Arkansas, où la liste des invités se limitait à une vingtaine de golfeurs, triés sur le volet. «Pour être franc, j’aimerais mieux jouer et risquer de perdre des points au classement plutôt que de rester ici à pratiquer, à attendre. J’aime mon monde, je n’ai pas beaucoup de temps pour jouer uniquement pour le plaisir, mais je traverserais la frontière à la première occasion si je le pouvais...»

Et de ce côté-ci de la frontière, ça risque d’être assez tranquille, du moins à l’échelle nationale, avec certaines restrictions selon les provinces. Le championnat junior féminin a déjà été annulé, celui des garçons pourrait suivre dans les jours ou les semaines à venir. Au Québec toutefois, une lueur d’espoir persiste pour qu’il y ait un peu d’action sur la scène golfique des juniors. «J’ai confiance qu’il y ait des événements en août et septembre. Mais pour Jean-Philippe, il faut se comparer aux meilleurs, qui sont en grande partie aux États-Unis», mentionne son entraîneur, Fred Colgan, avec qui il passe plusieurs jours par semaine.

«Il a quand même un bon moral. Plusieurs jeunes de son âge ont cette capacité de résilience qu’on a peut-être moins avec les années chez certains adultes. Par contre, il ne faudrait pas que ça dure six mois de plus, ce confinement. D’autant plus que les jeunes de 12 à 22 ans sont très peu touchés par la COVID. Moi aussi, j’ai l’impression qu’on les a un peu oubliés là-dedans. Je trouve ça regrettable.»

Malgré tout ça, Jean-Philippe Parr n’est pas mal entouré. Fred Colgan est un entraîneur réputé et au Ki-8-Eb, il a la chance de jouer avec d’excellents golfeurs, comme Louis-Pierre Godin, qui a pu constater, depuis le retour du golf mercredi, que le jeune a gagné beaucoup de puissance au cours des derniers mois!

«Je l’ai battu en distance à deux ou trois reprises, c’est encourageant», sourit Parr, qui ne laissera pas une situation incontrôlable l’affecter au point de perdre le moral. «Quand je pourrai repartir, je serai prêt!»