Jean-Guy Talbot s’inquiète pour la relève du hockey mineur dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.
Jean-Guy Talbot s’inquiète pour la relève du hockey mineur dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

Jean-Guy Talbot déçu pour les jeunes du hockey mineur

Trois-Rivières — Le Nouvelliste a appris à Jean-Guy Talbot, mercredi après-midi, que la Ville de Trois-Rivières planche sur la démolition de la glace dans l’aréna qui porte son nom depuis 1973.

«Non, je n’étais pas au courant. Je n’y peux rien, je n’ai rien à faire par rapport à ça. Je suis content pour le temps que ça aura duré.»

Au cours des dernières années, l’avenir de la bâtisse située sur la rue de Grandmont, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, a alimenté le débat sur la place publique.

De son côté, Jean-Guy Talbot a toujours manifesté le désir de voir «son aréna» être sauvé de la démolition. Bien sûr, il voudrait que la pratique de son sport y soit maintenue, peu importe la transformation qui sera choisie.

«Je suis déçu pour les jeunes du hockey mineur au Cap, si ça se confirme. Eux, ils ont besoin d’heures de glace. C’est déjà assez difficile d’en avoir! Où vont-ils les replacer? C’est important pour le Cap-de-la-Madeleine, cet aréna-là.»

Jean-Guy Talbot a célébré ses 87 ans cet été. L’ex-défenseur de la LNH figure parmi les doyens des anciens joueurs des Canadiens de Montréal, avec lesquels il a remporté la Coupe Stanley à sept reprises, aux côtés des Maurice Richard, Jacques Plante Butch Bouchard et Jean Béliveau. Il aura disputé plus de 1000 parties dans la LNH, en plus de diriger les Blues de St. Louis et les Rangers de New York. Il se trouvait d’ailleurs à St. Louis, en 1973, lorsqu’on lui a annoncé que l’aréna du Cap porterait désormais son nom. «Je ne me souviens plus qui m’avait appelé, c’était peut-être le maire [J.-Réal Desrosiers] ou un échevin. J’avais vécu un beau moment en famille, je n’étais pas pour leur dire non! Mes parents pleuraient. Mais je vous rassure, je ne pleurerai pas si mon nom disparaît de la bâtisse, peu importe à quoi elle servira!»

Il reconnaît néanmoins qu’il s’inquiète pour la relève du hockey mineur de ce secteur de la ville. Monsieur Talbot est ambassadeur à vie du Tournoi national pee-wee du Cap. Chaque année, il s’assure d’aller y faire son tour pour rencontrer les jeunes. «J’amène toujours mes bagues et ma petite coupe Stanley. Ça me fait plaisir. Les gens me parlent souvent de leur amour pour cet aréna, même s’il n’est plus au goût du jour et qu’il a besoin de rénovations. À l’intérieur, on y est bien. Au moins, il fait chaud!»

Selon lui, il n’y a pas de comparaison à dresser avec le cas de Fernand Bédard, dont le nom a été retiré du Stade de baseball il y a quelques années pour laisser la place à un commanditaire, disparu depuis. «Ça, ce n’était pas correct, car le stade est beau et des travaux y ont été faits. Moi, l’aréna, il risque d’être détruit puis reconstruit pour autre chose. Est-ce qu’ils vont garder mon nom à quelque part? Je ne sais pas!»

Dans sa région natale, Jean-Guy Talbot a été intronisé au Temple de la renommée sportive de la Mauricie. Son chandail aux couleurs du CH flotte aussi dans les hauteurs du Colisée. «C’est vrai, je ne m’en souvenais plus! Je n’y vais pas souvent. Mon aréna, c’est celui du Cap!»