En engageant Jacques Villeneuve pour la fin de semaine du GP3R, l’équipe de rallycross de Subaru espère battre les voitures de Volkswagen, pilotées par Scott Speed et Tanner Foust.

«Je ne viens pas pour porter le lunch»

MIRABEL — Même s’il fait maintenant plus de télévision que de course automobile, Jacques Villeneuve continue à susciter un grand intérêt partout où il passe. Les premiers tours de piste de l’ancien champion du monde de F1 à bord de la Subaru qu’il conduira, ce week-end à Trois-Rivières, n’ont pas passé inaperçus.

Une vingtaine de représentants des médias et plusieurs curieux se sont rendus à ICAR Mirabel, mercredi, pour voir Villeneuve piloter pour la première fois sa Subaru en vue de l’étape du Grand Prix de Trois-Rivières du Championnat de rallycross des Amériques. Le pilote québécois se disait d’ailleurs ravi de l’engouement qu’il y avait sur le circuit ICAR.

Très puissante, cette Subaru WRX STi modifiée pour le rallycross a enchanté le pilote québécois. «C’est puissant le premier tour... et le deuxième. Après, ça devient normal. Ce sont des autos qui ont quand même du chien. Quand tu mets du gaz dans un virage, tu sens que ça veut aller quelque part. Tu peux te sortir du trouble avec la puissance», avoue avec un grand sourire celui qui n’a pas couru en rallycross depuis quatre ans.

«Tous les souvenirs reviennent. Une fois piqué, c’est comme un vaccin. Ça reste, il faut juste de temps en temps remettre une petite dose.»

Villeneuve n’a toutefois pas pu tester la voiture sur la terre battue, comme il devra le faire lors des courses du GP3R. Car la beauté du rallycross repose en partie dans cette combinaison de circuit routier et de rallye.

Ce week-end à Trois-Rivières, Jacques Villeneuve se joint donc aux pilotes Chris Atkinson et Patrick Sandell de l’équipe Subaru Rally Team USA. Il complétera un trio formé pour battre les pilotes de Volkswagen Andretti Rallycross. Les deux pilotes de cette équipe, Scott Speed et Tanner Foust, trônent au sommet du classement, devant leurs deux rivaux de Subaru.

Plusieurs membres des médias ont assisté aux premiers coups de volant de Villeneuve avec l’équipe américaine de Subaru, mercredi sur le circuit ICAR de Mirabel.

«Notre objectif à Trois-Rivières est clairement de battre les Volkswagen. Ils sont notre cible», assure Lance Smith, le propriétaire de Vermont SportsCar et de Subaru Rally Team USA.

«Je ne viens pas pour porter le lunch», ajoute de son côté Villeneuve. «Le but c’est d’être compétitif, mais il faut encore que je découvre l’équipe. Il y a toutefois une partie du circuit de Trois-Rivières que je connais très bien. Et la partie sur la terre, il y a beaucoup d’espace. Ça devrait bien aller. J’étais là la première année et je me suis quand même bien débrouillé.»

L’association entre Jacques Villeneuve et la Subaru Rally Team USA s’est bouclée rapidement. En quelques semaines, les rapprochements ont été faits et une entente a été conclue pour une participation au GP3R. D’ailleurs, le directeur général du GP3R, Dominic Fugère, a joué un rôle important dans ce rapprochement entre le clan Subaru et l’ancien champion du monde de F1.

La dernière présence de Jacques Villeneuve à Trois-Rivières remonte à 2014, alors qu’il avait participé à l’épreuve du Championnat du monde de rallycross. Depuis, il s’est surtout consacré à son emploi d’analyste à la télévision. Son expérience derrière un volant se limite surtout ces dernières années, dit-il, à «reconduire les enfants à l’école». Un retour à Trois-Rivières est donc bienvenu.

«Ma passion première c’est de rouler. C’est primordial. Des courses derrière le micro, j’en fais une vingtaine par an. C’est bien, c’est excitant, mais c’est moins existant que derrière un volant», précise-t-il.

Une belle vitrine pour le rallycross
Même s’il s’agit d’une discipline très excitante, le rallycross demeure méconnu des amateurs de courses du Québec et de l’Amérique. La présence de Jacques Villeneuve au GP3R permet de tourner les projecteurs sur ces petites voitures de course sur les stéroïdes. Les moteurs 2.0L turbochargés produisent plus de 600 chevaux, ce qui permet à ces voitures de passer de 0 à 100 km/h en seulement 1,9 seconde.

«Ce sont des départs plus rapides que des F1», rappelle le directeur général du GP3R, Dominic Fugère. «On espère que les gens vont aimer encore plus le rallycross avec la présence d’un gars comme Jacques Villeneuve.»

Très spectaculaire, une épreuve de rallycross se déroule en plusieurs vagues où les erreurs de pilotage ne pardonnent pas. «Ce sont des courses courtes et intenses. Les courses durent 3 minutes et demie. Si tu manques ton départ, c’est fini et si tu manques le premier virage c’est fini. Ça ne pardonne pas», explique Fugère. «Et il y a même des sauts. Qu’est qu’on peut demander de mieux?»

VERS UNE SAISON COMPLÈTE?

La participation de Jacques Villeneuve à l’épreuve du Championnat de rallycross des Amériques ARX pourrait bien se poursuivre après le GP3R. Le pilote québécois aussi bien que la direction de l’écurie se disent ouverts à une participation à toutes les courses du championnat de la saison prochaine.

«Pour l’instant, cette association avec Subaru est que pour Trois-Rivières. Mais, le but c’est de pouvoir construire quelque chose. J’aimerais ça que ça continue. Et faire le championnat l’année prochaine, c’est le but», affirme Villeneuve sans réserve.

Lance Smith, le propriétaire de Vermont SportsCar et de Subaru Rally Team USA, sait qu’il vient de mettre sous contrat un pilote d’exception. «Nous sommes très excités d’avoir Jacques pour le GP3R», souligne-t-il. «Pour nous, Vermont SportsCar, cette course est très spéciale. Il s’agit de l’événement le plus près de chez nous. Et Jacques est un des pilotes canadiens les plus célèbres du monde. C’est une situation gagnante pour tout le monde.»

Lorsqu’on interpelle Lance Smith sur les probabilités d’association entre son écurie et Villeneuve la saison prochaine, il affirme que cela est «possible».

«On ne sait pas ce que le futur nous réserve. Nous sommes à la recherche de performances et nous voulons être compétitifs. Et Villeneuve a beaucoup d’expérience.»