Après 167 matchs avec le Viking, le Blizzard et les Draveurs de Trois-Rivières, Marco Cousineau était de retour au Colisée, vendredi soir, dans le camp des visiteurs avec les Éperviers de Sorel-Tracy.

«Je ne leur souhaite pas de malheur»

Trois-Rivières — C’est dans le rôle de gardien auxiliaire que Marco Cousineau a vécu ses retrouvailles avec les Draveurs de Trois-Rivières vendredi soir au Colisée. Le portier vedette, qui avait stoppé le hockey après une chicane de famille en début de saison, a été échangé mercredi aux Éperviers de Sorel-Tracy.

En l’espace de quelques heures, Cousineau a retrouvé le goût de retourner à l’aréna, acceptant de joindre les rangs des Éperviers. Comme n’importe quel compétiteur, Cousineau n’aurait pas détesté se mesurer à son ancien club. Mais bon, puisqu’il n’avait pas touché à la glace depuis plusieurs mois, il était plus sage d’attendre un peu.

«Même si j’avais voulu garder la forme en jouant dans des ligues de semaine, je ne pouvais pas, les Draveurs avaient gardé mon équipement», lance le coloré athlète avec sa franchise habituelle.

Ce n’est pas un grand secret d’État, le divorce entre les deux parties a été amer. Cousineau a eu une prise de bec avec le capitaine Jonathan Bellemare au beau milieu du deuxième match de la campagne. Martin Larivière s’était mêlé de la querelle dans le vestiaire et, selon Cousineau, il lui avait «sauté à la gorge». Cet incident a mis un terme au passage de Cousineau dans la cité de Laviolette. En novembre, il s’était gâté dans Le Nouvelliste en avançant que les Draveurs ne sortiraient pas de la queue du classement. «J’en ai vu beaucoup du hockey et avec des pommes pourries, tu ne gagneras jamais», avait lancé Cousineau.

«Je ne regrette rien»
Deux mois plus tard, son analyse tient la route. Du moins, au classement, les Draveurs sont encore bons derniers. Cousineau assure toutefois ne pas prendre plaisir à voir son ancien club être incapable de se remettre sur les rails. «Je ne regrette rien. Ce que j’ai dit est dit. J’ai vécu des choses, j’ai ressenti des trucs et je ne vois pas pourquoi je serais gêné d’en parler. Par contre, je sais qu’il y a toujours deux côtés à une médaille. Tout ça est derrière nous maintenant, et je ne souhaite pas de malheur aux Draveurs. J’ai beaucoup de respect pour Alain (Côté), il m’a dirigé pendant trois ans. Et puis Étienne (Boileau), je ne l’ai pas côtoyé beaucoup mais son arrivée a fait en sorte qu’il a peut-être sauvé la ligue. Il fait des efforts, personne ne peut le nier. Il s’est peut-être toutefois aperçu que ce n’est parce que tu ramasses des joueurs qui ont compilé des belles statistiques, que ça va être facile pour autant de faire gagner une équipe !»

Cousineau se joint quant à lui à une équipe qui se bat pour la tête du classement général. Les Éperviers ont sacrifié le vétéran Marco Charpentier afin d’obtenir ses services et ceux de Marc-André Huot et François-Pierre Guénette. Une transaction qui fait très mal paraître les Draveurs pour le moment puisque Charpentier est en réflexion sur son avenir. Gilles Péloquin, relationniste des Éperviers, écrivait sur Facebook vendredi qu’à son avis, Charpentier annoncerait sa retraite dans quelques jours. Cousineau, lui, est prêt à reprendre du service… à temps partiel pour l’instant. «Quand j’ai quitté les Draveurs, j’ai refait mon horaire. Je ne pourrai pas être à tous les matchs. Mais quand je serai disponible, je serai là si on fait appel à moi. On va partir avec ça comme base, et on verra bien où ça va nous mener. Des fois, les choses changent vite dans le hockey.»

En après-midi vendredi, Cousineau disait ne pas s’attendre à trop d’animosité en soirée face à ses anciens coéquipiers. «Je mentirais si je disais que je n’ai pas hâte à la période d’échauffement. Mais pour le reste, le plan c’est que je sois sur le banc. Ça va peut-être changer si jamais je les affronte pour vrai dans un match…»