Ron Choules

«Je me sens comme dans Retour vers le futur!»

Le Titan est dans une classe à part, point de vue instabilité derrière le banc d'une équipe de hockey. Champion du monde, probablement! En sortant Danny Dupont avec des plumes et du goudron de Bathurst la semaine dernière, il a gonflé à neuf le nombre de pilotes engagés - puis virés - au cours de la dernière décennie!
Le dernier en liste à profiter de ce jeu de siège éjectable est Ron Choules, qui connaît bien cet univers particulier puisque c'est le Titan qui lui avait donné sa première chance en 2007. En octobre 2010, malgré une fiche de 10 gains contre cinq revers, Choules était devenu à son tour un trophée de chasse du coloré Léo-Guy Morrissette.
«Nous étions classés au septième rang au Canada», soupire Choules. «C'est sûr que je me sens comme dans Retour vers le futur! C'est une ville que je connais, un aréna où j'ai dirigé pendant quelques saisons. Reste qu'il y a quelques changements importants. Les nouveaux propriétaires ont amélioré un paquet de petits détails autour de l'équipe pour faire virer le vent de côté. Le Titan est perçu différemment, que ce soit à Bathurst, chez les joueurs et même chez nos rivaux.»
Choules n'a jamais reculé devant les défis. En début de saison, il a accepté l'offre des Loups de La Tuque dans le junior AAA même si un séjour en Haute-Mauricie n'a rien de particulièrement sexy pour un Montréalais! Cette fois, il a pris la route du Nouveau-Brunswick dans le statut de frappeur de relève, sans aucune garantie en vue de l'an prochain.
«Ça m'a aidé d'aller à La Tuque, j'en suis convaincu. En plus de prouver que j'étais prêt à faire des sacrifices pour vivre de mon métier, ça m'a permis de garder mes réflexes aiguisés, dans un environnement comparable au junior majeur. Pas convaincu que le Titan aurait pensé à moi si j'avais eu les deux pieds sur le pouf dans mon salon», image Choules, pas du tout offusqué de retourner dans le majeur avec un contrat valide pour quelques semaines à peine.
«Si j'avais été dans les souliers des dirigeants du Titan, c'est l'option que j'aurais choisie moi aussi avant de prendre une décision éclairée cet été. La seule garantie que je voulais, c'est de faire partie de la liste des candidats. Et j'espère être jugé sur la progression de l'équipe au cours des prochaines semaines, sur ce que j'aurai implanté. Si je suis jugé uniquement sur les résultats, ce sera injuste car j'ai hérité d'une équipe très jeune.»
Dur de contredire Choules, qui n'a pas vu son club marquer un seul petit but depuis qu'il a pris les guides il y a trois matchs!
«Les gars étaient très dédiés au premier match. Au deuxième, c'était passable. Au troisième, ça valait zéro! C'est l'une des choses sur lesquelles je vais m'attarder. L'effort, ça n'a absolument rien à voir avec le talent», martèle Choules, qui se préparait à lancer un message clair via un entraînement musclé.
«Il y a beaucoup de travail à faire ici et, en disant ça, je ne vise pas du tout Danny (Dupont), un entraîneur que je respecte. C'est juste que chaque coach veut mettre son empreinte sur son équipe et il y a des choses qui m'agacent actuellement. Il n'y a pas assez d'heures dans une journée pour tout régler d'un coup, mais on va faire les choses dans le bon ordre. On va s'attaquer à l'effort en premier...»