Mikaël Zewski sent qu’il se rapproche d’un combat de grande envergure, mais il doit d’abord se charger du Mexicain Aaron Herrera, samedi soir au Centre Vidéotron.

«Je dois bien paraître»

TROIS-RIVIÈRES — «Tout le monde sait que c’est long dans mon cas. Tout le monde sait que je n’ai pas encore eu l’opportunité que j’aurais dû avoir.»

À 29 ans, Mikaël Zewski (31-1, 22 K.-O.) est conscient que le temps presse s’il souhaite obtenir un jour la chance de se battre en championnat du monde. Malgré une seule défaite à sa fiche en 32 combats professionnels, le champion WBC International attend toujours sa chance de briller sous les projecteurs des plus grands réseaux.

Tout ça pourrait changer rapidement, samedi au Centre Vidéotron de Québec, avec une prestation convaincante devant Aaron Herrera (35-8-1, 24 K.-O.), un Mexicain coriace qui a déjà affronté quelques grandes pointures chez les mi-moyens.

«Dans ma tête, le temps presse. Il faut que ça se passe bientôt. Je veux avoir un gros combat. Il faut que ça vienne payer, mentionne le Trifluvien, qui pointe présentement au 13e rang mondial de la WBC. Un jour, il y aura l’âge qui va entrer en ligne de compte. Mais j’aime tellement boxer. Avec mon éthique de travail et ma passion, je suis convaincu que je vais avoir ma chance.»

Sans être étiqueté parmi la crème sur la planète, Herrera représente néanmoins le genre de test que tout boxeur qui aspire à une ceinture mondiale doit relever. Une grande victoire pourrait le propulser dans le top 10.

«Il a servi de test pour plusieurs boxeurs. C’est ce qu’on appelle un gate keeper. Il est capable de se battre contre les meilleurs au monde, mais sans nécessairement gagner. Il s’est battu contre Jessie Vargas et Brandon Rios, deux gros noms que j’aimerais affronter. Si tu es juste bon, tu ne vas pas bien paraître contre Herrera. Si tu es de calibre mondial, c’est le genre de gars contre qui tu dois réussir à dominer», explique Zewski.

«À mon dernier combat à Toronto, je devais simplement gagner pour avoir la ceinture. Là, contre Herrera, je dois bien paraître. J’ai beaucoup de pression. Ce combat peut faire bouger beaucoup les choses pour moi», ajoute celui qui a remporté cinq combats de suite depuis sa défaite aux dépens de Konstantin Ponomarev, le 1er mai 2015 à Las Vegas.

Contre Herrera, qui est loin d’être un spécialiste de la défensive, Zewski devra se méfier des très nombreuses occasions d’attaquer qui se présenteront à lui. Une saine gestion du combat sera primordiale. «Sa garde n’est pas hermétique. Il y a plusieurs occasions de placer des coups contre lui. Ça ne lui fait pas peur de recevoir des coups, donc je vais devoir bien gérer mes énergies et saisir les bonnes occasions. C’est un gars qui connaît tous les trucs pour étirer un combat et survivre. Il est capable de mettre de la pression et il peut aussi être un peu salaud parfois», prévient Zewski.

Du nouveau dans son coin

Pour cette première défense de son titre WBC International des 147 livres, Zewski accueillera un nouveau visage dans son coin. En plus de son père Jean, qui l’épaule depuis toujours dans son cheminement, le Trifluvien pourra miser sur l’expertise de Sébastien Gauthier pendant le combat.

Ancien champion intercontinental des poids coqs, Gauthier a développé une complicité avec Jean Zewski en dirigeant conjointement la boxeuse originaire de Trois-Rivières, Marie-Pier Houle. Puis, comme les boxeurs peuvent ajouter une personne supplémentaire dans leur coin lors des combats de championnats, Zewski a cru bon tendre une perche à Gauthier.

«Sébastien est un super connaisseur de boxe et un passionné comme moi. Mon père, malgré son expérience, je demeurerai toujours son gars à ses yeux. Il y a toujours un lien émotif pour lui. Alors c’est toujours bon d’avoir quelqu’un de plus neutre avec nous qui peut apporter un regard différent», explique Zewski.