Javier Herrera aura porté l’uniforme des Aigles pendant plus de 300 matchs.

Javier Herrera prend sa retraite

TROIS-RIVIÈRES — Javier Herrera en a surpris plusieurs en annonçant sur les réseaux sociaux, samedi, sa retraite en tant que joueur de baseball professionnel. L’un des favoris de la foule au Stade Stéréo Plus depuis quatre ans, le frappeur de puissance des Aigles se dit d’attaque pour de nouveaux défis. Peu importe la ville... ou le pays.

«C’est la décision la plus difficile à prendre dans une carrière», raconte au Nouvelliste le Vénézuélien de 33 ans, dont le stage en Amérique du Nord avait commencé alors qu’il n’était qu’un adolescent, en 2003, dans l’organisation des Athletics d’Oakland. «Il faut écouter son corps. Le mien me parle. J’ai adoré mes années dans le baseball, sauf que je dois passer à autre chose. Quand c’est fini, c’est fini.»

En 322 matchs de la Ligue Can-Am dans l’uniforme des Oiseaux, Herrera a frappé 342 coups sûrs, dont 66 doubles et 47 circuits, pour 205 points produits. Il a maintenu une bonne moyenne au bâton de ,289, en plus de faire partie de l’édition championne de 2015. Au terme de cette campagne, il avait demandé l’asile politique au Canada, en raison du conflit qui sévissait alors au Venezuela.

Herrera demeure à Trois-Rivières depuis octobre 2015 avec sa femme et ses deux enfants. Bien qu’il n’était pas celui qui se présentait le plus souvent aux activités communautaires, il restait parmi les joueurs les plus appréciés. «Il n’y a rien que je désire plus que de voir mon équipe gagner. Dans mon cœur, je sens qu’en me retirant, je leur donne une meilleure chance d’y parvenir. Je serai plus présent pour les membres de ma famille.»

Un avenir dans le monde du baseball?

Il ne serait pas surprenant que Javier Herrera quitte la région dans les semaines ou les mois à venir. L’ex-numéro 13 considère un avenir dans le monde du baseball, dans d’autres fonctions. On le sait, Herrera aimait conseiller ses coéquipiers sur le banc lorsqu’il n’était pas en uniforme. C’était particulièrement évident en 2016, quand il attendait l’obtention de son visa de travail.

«Oui, le coaching est une option, le recrutement aussi. Je suis ouvert à tout. Je dois regarder les options et penser à ça. Je n’ai pas reçu d’offres, mais le baseball, c’est ce que je connais le plus et j’aimerais continuer à m’y impliquer.»

L’an passé, Herrera s’était déniché un emploi dans une entreprise trifluvienne qui était prête à le dégager de ses responsabilités pendant la saison des Aigles, de mai à septembre. Il ne retournera pas travailler pour cet employeur. Force est d’admettre qu’il a déjà des plans en tête, bien qu’il ne veuille pas les partager pour l’instant.

Les Aigles froissés

Le gérant des Aigles, T.J. Stanton, savait que son vétéran planchait sur sa retraite de joueur. Les deux ont discuté à quelques reprises ces dernières semaines et l’entraîneur a bien tenté de ralentir les ardeurs de Herrera. L’entraîneur des lanceurs Matthew Rusch, un Trifluvien permanent, était également au courant des volontés de Herrera.

«Javier est encore très bon. Il frappe la balle avec force, il a joué de façon convaincante au champ extérieur. J’ai essayé de lui faire comprendre qu’il avait encore de bonnes années devant lui», affirme Stanton.

D’ailleurs, celui-ci n’est pas prêt à lancer la serviette de façon définitive avec son joueur. «C’est long, cinq mois», s’est-il contenté de dire en souriant. «Ça peut changer.»

Rejoint plus tard, Javier Herrera a de nouveau confirmé ses intentions. «Je l’ai écrit sur ma page Facebook. Ma carrière de joueur de baseball est terminée.»

Chose certaine, la méthode utilisée pour procéder à une annonce aussi importante a déplu à l’organisation des Aigles, à commencer par le directeur général René Martin. «C’est ordinaire, je trouve ça maladroit. On aurait aimé faire quelque chose de plus officiel pour souligner la carrière de Javier avec les Aigles», a lâché Martin, lors d’un entretien téléphonique. «Je suis allé aux Patriotes samedi et des gens m’en parlaient. Je me sentais mal.»

Le malaise est autant perceptible du côté de Stanton. «Il ne voulait pas faire de mal à personne en publiant son statut Facebook, mais dans le contexte, il aurait pu attendre. Les Aigles ont fait beaucoup de sacrifices pour lui dans les dernières années afin de le garder à Trois-Rivières comme joueur, notamment en attendant que son processus judiciaire de résident permanent se confirme. C’est une relation spéciale qu’il avait construite avec les partisans et la communauté.»

Herrera n’a pas tari d’éloges envers les amateurs de baseball de la région. «J’ai apprécié chaque minute passée sur le terrain, devant vous. Je serai éternellement reconnaissant pour l’amour et le respect que vous m’avez portés durant ces quatre années.»