Javier Herrera aurait aimé être fixé sur son avenir en sortant de la salle du juge, mais il devra s'armer de patience pour encore quelques heures, voire quelques jours.

Javier Herrera doit s'armer de patience

Javier Herrera aurait préféré quitter la salle en connaissant les intentions du juge, mais il devra s'armer de patience pour encore quelques heures, voire quelques jours.
Le joueur des Aigles de Trois-Rivières, qui a demandé l'asile politique en octobre pour s'établir au Canada avec sa famille, a rencontré lundi matin un juge de la Commission à l'immigration à Montréal.
Pendant plus de trois heures, le Vénézuélien a expliqué pourquoi il craint pour la sécurité de ses proches dans son pays natal, évoquant la crise sociale et les menaces d'enlèvement dont ont été victimes ses deux enfants.
Herrera était accompagné de sa femme Ludzmy et de l'ancien directeur général des Aigles, Bob McDuff. Ce dernier représentait la famille Herrera et il a pu prendre la parole à la fin de la rencontre. «Nous aurions aimé obtenir la réponse plus rapidement, mais je suis confiant», mentionne McDuff, tout en estimant avoir rendu un dossier crédible et étoffé.
«Le juge m'a confirmé que pour une cause sans avocat, on s'en était bien sorti. Nous avons pensé à faire appel à un avocat, mais ça aurait coûté trop cher. Par contre, si la demande de Javier est rejetée, nous irons en appel et à partir de là, nous allons peut-être en contacter un.»
Un interprète espagnol a également pris part à la rencontre afin de traduire les propos des Herrera. Si le numéro 13 des Aigles s'exprime très bien en anglais, il se disait trop nerveux pour utiliser sa deuxième langue. Le juge a aussi demandé à voir les enfants, qui n'ont fait qu'une brève apparition dans la salle afin de confirmer qu'ils ont bien accompagné leurs parents au Canada.
Bob McDuff a rappelé que depuis son arrivée à Trois-Rivières le 20 octobre, le frappeur vedette des Oiseaux a offert de son temps comme bénévole, notamment en visitant des jeunes de la région lors de cliniques de baseball.
La population s'est quant à elle montrée solidaire à la cause des Herrera. Près de 4000 $ ont été amassés pour leur venir en aide, en plus des chèques cadeaux, vêtements, meubles et électroménagers distribués. Les Herrera vivent en appartement et les deux enfants fréquentent l'école depuis plus d'un mois.
«Javier et Ludzmy ont parlé avec leur coeur. À un certain moment, elle a fondu en larmes en racontant le déroulement de la journée où la tentative d'enlèvement a eu lieu.»
Quant au juge, il a posé plusieurs questions en feuilletant le dossier présenté par McDuff. «Il est souvent revenu à la charge en essayant de les convaincre qu'un déménagement pourrait leur être profitable. Mais même s'ils quittent Caracas, des criminels pourraient les retrouver. Dans leur tête, ils imaginent que les Herrera sont riches, mais c'est loin d'être le cas. En plus, le climat social au Venezuela est très tendu après les élections d'il y a quelques semaines.»
Les Herrera souhaitent être fixés sur leur avenir avant Noël.