Mikaël Zewski pourrait bien se battre dans ses terres prochainement. L'ancien ministre et maintenant homme d'affaires Yves-François Blanchet aimerait bien organiser un gala mettant en vedette le boxeur trifluvien.

«J'ai manqué d'énergie et de vision» - Mikaël Zewski

Mikaël Zewski ne cherche pas d'excuses pour expliquer sa première défaite en carrière dans les rangs professionnels.
«Je n'ai jamais été capable de prendre mon rythme. J'ai manqué d'énergie et de vision. Bref, j'ai été ordinaire.»
Rentré de Las Vegas au cours des dernières heures avec le reste de son équipe, le boxeur de Trois-Rivières a non seulement encaissé son premier revers en 27 combats vendredi, il a surtout perdu son titre de champion des mi-moyens de la NABF... et la ceinture qui l'accompagne.
Au terme d'un duel de dix rounds, les juges ont accordé une décision unanime au Russe Konstantin Ponomarev (28-0, 13 K.-O.), qui a été en mesure d'ébranler Zewski (26-1, 20 K.-O.) à quelques reprises. «Il ne m'a pas surpris avec son style, car il a livré le genre de combat auquel je m'attendais. Il a certainement réussi sa meilleure performance en carrière, mais je lui ai donné l'espace pour briller.»
Difficile à accepter
Le pugiliste de 26 ans avait déjà regagné ses terres au moment de l'entrevue. Blessé à l'oeil gauche vendredi soir, il se porte bien sur le plan physique dans les circonstances. «Je n'aurai pas à récupérer de blessures importantes. D'ailleurs, le plus vite je serai sur pied, le mieux je me porterai.»
Zewski a partagé ses états d'âme sur sa page Facebook hier. Admettant qu'il était «un mauvais perdant» et qu'il venait de «débouler de nombreuses marches», il a réitéré son souhait de devenir un jour champion du monde.
«Je n'ai pas fait que de mauvaises choses sur le ring, mais je dois trouver des solutions pour que ça change la prochaine fois. J'étais le plus gros des deux, mais je boxais comme si j'étais le plus petit. Mes coups avaient moins d'impact que les siens, je manquais de timing aussi. Le seul à qui je peux en vouloir, c'est moi-même.»
À ce chapitre, le poulain de Top Rank admet qu'il aurait dû se montrer plus réceptif aux conseils de son entraîneur. «Je n'ai pas écouté mon coin. Ce n'était pas par méchanceté ou refus, je n'étais juste pas dans le moment présent. Mon père me disait d'en donner plus et il avait raison. Je n'ai pas envoyé assez de combinaisons. En tout cas, pas mal moins que d'habitude.»
Son gérant le soutient
Dans cette rude épreuve, Mikaël Zewski peut heureusement miser sur l'appui de ses fans, de sa famille... et de son gérant. Cameron Dunkin, qui a eu de bons mots pour son protégé avant le combat en comparant notamment son cheminement à celui de Kelly Pavlik, compte bien poursuivre son association avec lui.
«En gros, il m'a rappelé qu'on devait faire face à la danse. Perdre un tel combat, ce n'est pas l'idéal car nous étions près du but, c'est-à-dire un combat de championnat du monde. Les options rétrécissent, la route sera plus longue et difficile, mais Cameron m'a assuré qu'il ne me lâcherait pas.»
S'inspirer du passé
Zewski ne s'apitoiera pas sur son sort, jure-t-il. Analyser les erreurs commises contre Ponomarev s'avérera probablement un exercice de conscience douloureux, sauf qu'il doit passer par là.
«Ça va paraître cliché, mais je suis toujours revenu plus fort après un échec. J'en ai subi pendant ma carrière chez les amateurs et pourtant, je boxe encore.»
Lors de son dernier duel en boxe olympique, le Trifluvien avait subi une défaite en quart de finale au championnat du monde de 2009. Juste auparavant, il surprenait le milieu en battant le Cubain Carlos Banteux. Un exploit peu commun dans l'histoire de la boxe canadienne. «Je n'avais pas ruminé la défaite suivante très longtemps. Je commençais déjà à penser à ma carrière chez les pros et Cameron m'avait approché. Ça peut m'inspirer pour la suite.»
La famille avant tout
Les prochains semaines seront occupées pour Zewski, mais ça n'a rien à voir avec la boxe. Sa femme et lui accueilleront le premier enfant du couple dans les prochains jours. Il prendra ainsi une pause de la boxe pour concentrer ses énergies sur sa famille.
«J'ai beaucoup appris depuis vendredi. Je vais revenir plus fort dans le gym après quelques semaines de repos.»