L’ancien entraîneur des Patriotes, Jacques Laporte, aujourd’hui commissaire de la Ligue de hockey junior AAA du Québec, offrira son soutien aux Broncos de Humboldt, qui évoluent dans un circuit parallèle au sien, mais en Saskatchewan.

Jacques Laporte ira à Humboldt

Trois-Rivières — En tant que commissaire de la Ligue de hockey junior AAA du Québec, Jacques Laporte a déjà confirmé sa présence aux funérailles des personnes décédées dans la tragédie touchant les Broncos de Humboldt. La date des obsèques reste à déterminer.

L’ex-entraîneur-chef des Patriotes de l’UQTR, qui réside toujours à Trois-Rivières, a pu échanger avec son homologue de la Saskatchewan, Bill Chow. Une conférence téléphonique est aussi prévue mardi, en compagnie des dix gouverneurs de la LHJAAAQ, afin de déterminer comment le circuit québécois honorera la mémoire de l’équipe.

La finale de la LHJAAAQ commence vendredi, entre Longueuil et Terrebonne. Les joueurs des deux clubs porteront un autocollant avec le logo des Broncos sur leur casque. Une chaîne humaine ainsi qu’une minute de silence compléteront la cérémonie protocolaire. Mais il pourrait y avoir d’autres démarches.

«On se sent encore plus interpellés, car c’est la même ligue que la nôtre, mais en Saskatchewan», mentionne Laporte qui, en tant qu’ancien travailleur social, a une pensée pour les survivants.

«Nous pleurons la perte de tellement de gens associés aux Broncos, mais il y a aussi les survivants. Je ne veux pas qu’on oublie ces jeunes, ils doivent avoir le suivi que leur condition exigera.»

Il faut comprendre que tout le monde est dépassé par ces tristes événements, à commencer par les dirigeants de la ligue saskatchewanaise. «Bill Chow a dit qu’on ne peut pas être préparé à une telle tragédie et il a raison. Comme commissaire, tu tentes de tout planifier pour t’assurer que tes équipes ne manquent de rien, mais un drame de la sorte, c’est inimaginable.»

Le Championnat canadien junior A, qui regroupe les finalistes de tous les circuits de ce calibre de jeu au Canada, aura lieu dans quelques semaines en Colombie-Britannique. Ce prestigieux tournoi, les Broncos l’ont gagné quelques fois dans leur riche histoire. Les cérémonies protocolaires seront empreintes d’émotions cette année.

«Il est possible que tous les clubs enfilent le chandail des Broncos, partage Jacques Laporte. Reste à savoir si ce sera seulement pour la cérémonie ou pour tout le tournoi.»

Le Trifluvien a assez voyagé pour connaître l’importance culturelle accordée au hockey dans les Prairies, spécifiquement dans les petites villes comme Humboldt. «Ils ont de petits budgets, mais ils accomplissent de grandes choses. L’énergie déployée par les bénévoles fait souvent la différence dans ces communautés. J’aime ce sentiment rassembleur, qu’on retrouve dans quelques villes de notre circuit au Québec. Ça me fait penser aux belles années du National de Joliette, durant la décennie 90.»

Jamais à l’abri
En trois décennies de hockey, Jacques Laporte considère qu’il fut privilégié. Il n’a jamais dû composer avec un accident majeur. «Le pire qui m’est arrivé, c’est une crevaison en quittant Trois-Rivières. C’est là qu’on réalise que nous ne sommes jamais à l’abri d’une tragédie comme celle des Broncos.»

Dans les circonstances de l’accident, la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan n’a rien à se reprocher. Mais parfois, pour la sécurité des joueurs et des entraîneurs, les commissaires doivent prendre des décisions controversées. «J’ai dû reporter quatre matchs cette saison en raison des mauvaises conditions météorologiques. À deux reprises, les dirigeants des équipes locales étaient en beau fusil après moi. Je n’avais pas le choix.»

Il a encore frais en mémoire un épisode stressant. En mars 2007, les Patriotes venaient de gagner la coupe Queen à Kitchener, en Ontario. La neige recouvrait l’autoroute 401, rendant les conditions routières extrêmement difficiles.

«On avait tous hâte de fêter avec notre monde à Trois-Rivières. À un moment, j’ai dit au chauffeur de prendre la première sortie et de trouver un hôtel. Il n’était pas question qu’on poursuive notre route. Finalement, il n’y avait que six ou sept chambres disponibles et la moitié d’entre elles n’avaient presque pas de chauffage! Je ne regrette pas cette décision aujourd’hui», conclut l’homme de hockey, en ayant une pensée pour d’autres, qui auront été moins chanceux.