«Je serai au service des athlètes. Parfois, je leur servirai de bouclier, je vais les protéger. Je suis là pour eux», affirme Isabelle Charest qui sera chef de mission de la délégation canadienne à Pyeongchang.

Isabelle Charest s'envole pour les JO

Isabelle Charest est fébrile : elle s’envole mardi matin pour Pyeongchang. « La grande aventure commence ! », lance-t-elle, les yeux brillants.

Les Jeux de Corée du Sud ne débutent que le 9 février, mais la Bromontoise a insisté pour être sur place de bonne heure, « car on veut que tout soit prêt pour l’arrivée de nos athlètes », dit-elle encore.

On le sait, Isabelle Charest sera chef de mission de la délégation canadienne, qui comptera 226 athlètes. Un rôle auquel elle se prépare activement depuis un an.

« Ce sont de grandes responsabilités, c’est clair, mais au sein d’une délégation importante comme la nôtre, je suis bien appuyée et chaque membre de l’équipe d’encadrement a un rôle bien défini. Chez les délégations plus petites, le chef de mission travaille énormément, il touche absolument à tout. C’est différent au Canada. »

Le rôle de Charest en sera d’abord un de porte-parole. Préparez-vous à la voir souvent à la télé, à l’écouter à la radio et à lire ses déclarations dans La Voix de l’Est et ailleurs pendant les Jeux. Elle servira également de mentor aux athlètes, en plus de voir à créer un environnement favorable aux succès des porte-couleurs canadiens.

« Je serai au service des athlètes. Parfois, je leur servirai de bouclier, je vais les protéger. Je suis là pour eux. »

Mais voilà, les gens du Comité olympique canadien n’ont pas fixé d’objectifs en vue de Pyeongchang.

« On n’a pas d’objectifs précis, mais nous sommes maintenant prêts à affirmer qu’on veut et qu’on peut gagner. Ça, c’est le plus bel héritage que Vancouver 2010 nous a laissé. On ne va plus aux Olympiques en touristes. »

« Totalement privilégiée »
Isabelle Charest a participé aux Jeux olympiques trois fois, elle qui est allée à Lillehammer en 1994, à Nagano en 1998 et à Salt Lake City en 2002.

Elle a remporté trois médailles au relais 3000 mètres, soit une d’argent et deux de bronze. Elle a connu du succès, mais elle a aussi connu des déceptions. Et elle n’aura aucun mal à se mettre dans la tête des athlètes qu’elle va épauler à Pyeongchang.

« Les gens me demandent si je suis dans le même état d’esprit que lorsque je me préparais à quitter pour les Jeux en tant qu’athlète. Honnêtement, c’est complètement différent. Je suis excitée comme à l’époque, mais quand j’étais athlète, j’avais l’impression d’être en contrôle de la situation. Aujourd’hui, j’ai des responsabilités, mais je suis impuissante par rapport aux performances à venir. C’est vraiment autre chose. »

Mais elle se sent « totalement privilégiée » de vivre à nouveau l’expérience olympique. En 2016, elle avait été chef de mission adjointe aux Jeux d’été de Rio.

« Voir nos athlètes grandir, assister à leur évolution, c’est un beau cadeau. J’embarque dans un marathon, mais je sais que, au cours des prochaines semaines, je vais vivre des moments exaltants. Je ne sais pas qui me fera vivre ces moments-là, mais je sais que je vais en vivre. Les Jeux olympiques, c’est ça. Et c’est vraiment un privilège de prendre part à une telle aventure. »

Charest est toujours à l’emploi de la commission scolaire du Val-des-Cerfs à titre de coordonnatrice aux communications. Depuis l’automne, elle y a travaillé à temps partiel.

« Les gens de la commission scolaire ont été très compréhensifs à mon égard en me permettant de vivre l’aventure de Pyeongchang. »

Et Pyeongchang l’attend justement dans quelques heures.