Isaac Lefebvre était le seul joueur du Québec sur l’équipe nationale junior de softball. Selon son entraîneur, il fut l’un des joueurs parmi les plus dominants du tournoi.

Isaac Lefebvre comble Softball Canada

SAINT-LÉONARD-D’ASTON — Sur la vingtaine de joueurs invités à un camp de sélection pour former l’équipe nationale junior de softball, Isaac Lefebvre, de Saint-Léonard-d’Aston, est le seul à avoir convaincu les dirigeants de lui faire une place au sein du groupe. C’était la deuxième fois en trois ans et à la lumière des résultats du Mondial, qui s’est conclu il y a quelques jours, c’était pleinement mérité!

Co-capitaine de la délégation canadienne, Lefebvre, 18 ans à peine, s’est imposé comme l’un des meilleurs joueurs du championnat, disputé à Prince Albert, dans le nord de la Saskatchewan. Des milliers de personnes ont été témoins du jeu défensif efficace de ce jeune homme, découvert par l’infatigable Jean-Yves Doucet il y a une dizaine d’années.

«J’ai joué au soccer et au softball pas mal toute mon enfance, avant de pencher définitivement pour le softball. Je pense que ce fut une bonne décision», réfléchit Lefebvre à voix haute, sous le regard approbateur de Doucet, entraîneur-adjoint des Canadiens à Prince Albert. En fait, ils étaient les deux seuls francophones de l’équipe, une autre preuve que Saint-Léonard-d’Aston reste l’un des derniers bastions forts de la balle rapide au Québec.

Isaac Lefebvre avait 16 ans, en 2016, quand Softball Canada lui a ouvert un casier au sein du groupe. Cette année-là, les Canadiens avaient mérité le bronze au Mondial et Lefebvre, en dépit de son âge, conservait un rôle de joueur régulier. «C’est rare qu’on voit des juniors prendre part à deux championnats mondiaux», note Jean-Yves Doucet, qui a vu sou poulain remporter le bronze avec le Québec, l’an dernier aux Jeux du Canada.

«Pour moi, il n’est pas seulement un leader positif. Il était sans doute le meilleur joueur de notre équipe à Prince Albert. Son efficacité en défensive au troisième but en a impressionné beaucoup. Isaac est gardien de but au hockey et parfois, ça paraît dans ses déplacements au softball parce qu’il adopte le style papillon!»

Doucet rigole en racontant l’anecdote, mais il retrouve son sérieux quand vient le temps d’analyser les performances de Lefebvre face à l’élite. «Il est tellement rapide! On l’a vu partir du deuxième coussin pour venir marquer sur une balle passée. Ce sont des choses exceptionnelles et ça prend toute une concentration. Il n’est pas rare que j’arrive au terrain municipal et qu’il est là, seul, à s’entraîner.»

«Tant que j’aurai du plaisir, je continuerai, répond simplement Lefebvre, un étudiant en sciences de la nature au Cégep de Drummondville. Les derniers jours ont été incroyables, parmi les meilleurs de ma vie d’athlète. Je me considère choyé d’avoir vécu deux Mondiaux juniors.»

La seule ombre au tableau demeure la fin un peu boiteuse du parcours des Canadiens à Prince Albert. Gonflés d’espoir par un dossier de 5-0 avant d’attaquer la ronde éliminatoire, les favoris de la foule, très nombreuse pour les encourager dans les Prairies, ont perdu face aux éventuels champions de l’Australie et la Nouvelle-Zélande, finissant le tournoi en quatrième place.

«On y croyait donc oui, c’est un peu décevant. Mais les souvenirs que je garderai seront très précieux.»

Les organisateurs ont attiré des foules de 7000 à 8000 personnes pour certains matchs de l’équipe nationale. «C’est un autre monde! On se prépare à organiser le championnat canadien junior ici, à Saint-Léoanrd, et nous aurons de bonnes foules de 1000 à 15000 personnes pour les gros matchs. C’est là que tu réalises à quel point ce sport est gros en Saskatchewan», lance Lefebvre, qui compte bien se racheter, justement, lors du tournoi national présenté dans son patelin du 31 juillet au 5 août.