Indrik Trahan a vécu un moment spécial, vendredi, quand il a vaincu lors d'un duel son idole de jeunesse Jasey Jay Anderson. Plus important encore, le Trifluvien a été couronné champion canadien en slalom en parallèle.

Indrik Trahan: «Ma meilleure course en carrière»

Indrik Trahan n'a pas caché sa déception quand il a été écarté de l'équipe canadienne pour les Jeux olympiques. Amer, il avait quelque peu délaissé les courses de style alpin pour se concentrer sur le boardercross.
Le planchiste de Trois-Rivières s'est toutefois assuré de conclure cette émotive saison sur une bonne note, lui qui a été couronné champion canadien de l'épreuve en slalom parallèle, lors des nationaux présentés vendredi dernier au Mont-Tremblant.
Dans les faits, Trahan a pris le deuxième rang, derrière l'Américain Michael Trapp et devant son idole de jeunesse Jasey Jay Anderson. Vice-champion du slalom géant en parallèle la veille, il a mis un terme à une compétition presque parfaite en cumulant 256 points. «Pas de doute dans mon esprit, c'est ma meilleure course en carrière», a-t-il confié au Nouvelliste, sourire aux lèvres.
Sensiblement à la même période l'an dernier, l'athlète de 20 ans savourait un autre important fait d'armes, soit la récolte d'une médaille de bronze au slalom en parallèle, dans le cadre des Championnats du monde juniors de surf des neige. «Les bonnes nouvelles arrivent souvent à ce temps-ci de l'année pour moi, c'est vrai!»
Sa première place à l'échelle canadienne représente une surprise, lui qui avait peiné en début de saison sur le circuit de la Coupe du monde. Quelques résultats plus encourageants dans les courses Nor-Am lui ont toutefois permis de regagner en confiance.
Il a d'ailleurs terminé au deuxième rang chez les Canadiens au cumulatif de ces courses, qui constituent le deuxième niveau de compétition après la Coupe du monde. Ce titre de vice-champion de l'unifolié l'assure d'une place avec les meilleurs de la planète en vue de la saison 2015.
Bref, Trahan remisera sa planche avec le sentiment du devoir accompli... et la certitude qu'il demeure parmi l'élite de son sport. «Je crois que je suis arrivé au championnat canadien dans de bien meilleures dispositions et avec pas mal moins de stress. J'ai préféré m'en tenir au boardercross après la sélection pour Sotchi, mais je m'aperçois aujourd'hui que ma vraie passion, c'est le slalom. Le dernier week-end pourrait représenter un point tournant dans ma carrière.»
Car les conditions de piste ont rendu le travail difficile pour les planchistes à Tremblant. De la glace compliquait la tâche sur les deux parcours. Ça n'a pas empêché Trahan de prendre le quatrième rang, au terme des qualifications. «J'ai battu le champion de la veille Steve Barlow et Adam McLeish, un autre excellent compétiteur.»
Puis, le moment dont il avait rêvé. «Terminer premier d'une course devant Jasey Jay Anderson, le gars que j'admirais plus jeune, ç'a été le point culminant! J'ai explosé de joie, je n'en revenais juste pas. De vaincre un champion olympique devant son public, c'est vraiment spécial.»
En finale, il détenait une courte avance sur Trapp avant de chuter à trois portes de la fin. Une erreur bête, qui ne l'a cependant pas privé de son titre canadien. «J'ai mis un peu trop d'angle dans ma planche lors d'un virage et ce fut fatal. La victoire m'échappe de peu, mais j'aurai l'occasion de me reprendre contre lui!»
2015: une année plus tranquille
Indrik Trahan participait dimanche et lundi à une épreuve Nor-Am de boardercross en Ontario, mais il ne devrait plus y avoir de compétitions majeures à l'agenda pour les semaines à venir. Et 2015 risque aussi d'être plus tranquille, à l'instar de toutes les années post-olympiques.
«Je vais en profiter pour terminer mes études en sciences de la nature au Cégep de Trois-Rivières», mentionne le jeune homme, qui vise à plus long terme des études en médecine. «Je vais devoir apprendre à mieux gérer mes déplacements, je ne participerai probablement pas à toutes les Coupes du monde, mais ça ne va pas m'empêcher de continuer à travailler fort lors des entraînements.»
En ayant toujours une pensée pour les Jeux de 2018.