Adam Braidwood a failli passer par-dessus les câbles au troisième round.

Impérial Simon

Ceux qui l’ont côtoyé la semaine dernière peuvent en témoigner, Simon Kean était de mauvais poil.

Irrité est peut-être un mot plus juste. En raison de sa feuille de route unique et de son aisance au micro, Adam Braidwood monopolisait beaucoup d’attention dans sa cour. Kean avait promis de prouver samedi soir qu’ils n’appartenaient pas à la même ligue et il est passé de la parole aux actes dès le son de la cloche.

En 15 secondes, il avait déjà écrasé son puissant jab au visage de l’ex-joueur de football trois fois. Ça fait des mois que Braidwood le suppliait de le retrouver au centre du ring plutôt que de danser et il a été servi! Agressif, l’olympien a pris le contrôle d’entrée de jeu. Plus lent, complètement désorganisé, Braidwood s’est fait passer à la moulinette. Durant le combat, il aura véritablement pincé Kean une seule fois, à la fin du premier round. En revanche, il a essuyé deux bonnes dizaines de coups de puissance.

Le champion des réseaux sociaux a la tête dure mais avec un tel volume, son physique herculéen a fini par céder. L’officiel Michael Griffin a pris la bonne décision de stopper le massacre au troisième round, quand Braidwood a failli passer par-dessus les câbles. Il a protégé sa santé. Il était complètement sonné à ce moment-là et avec un Grizzly qui continuait de rugir, quelques coups de plus auraient pu causer de très lourds dégâts.

SÉRIEUX
Kean a livré ce qu’il avait promis. Le protégé de Jimmy Boisvert a été impérial. Tous ceux qui mettaient en doute sa force de frappe, sa mâchoire et son courage retournent au bureau ou à l’usine à court d’arguments. Ces gens - et ils étaient nombreux - prédisaient que Braidwood allait joyeusement lui botter les fesses. Ce n’est même pas passé proche.

Kean a fait ses devoirs. Il a perdu neuf livres ces dernières semaines à suer à l’entraînement, ce qui témoigne de son sérieux. Braidwood a dit que les fans avaient pu voir le meilleur Kean à ce jour samedi soir. Je suis d’accord. En l’insultant presque sur une base quotidienne via les réseaux sociaux pendant un an et demi, il l’a poussé à ne rien ménager pour se présenter au sommet de son art pour ce rendez-vous. Braidwood a fait ce qu’il avait à faire, c’est avec sa grande gueule qu’il a pu provoquer ce duel et empocher sa plus grosse bourse en carrière. Il a promis de reprendre l’entraînement la semaine prochaine, et de livrer un combat dès septembre. Tant mieux, c’est un actif pour la boxe canadienne.

Un mot aussi sur l’attitude de Kean après le combat. Il aurait pu se gâter, il a choisi de rester humble. Il a dit avoir du respect pour Braidwood... Depuis ses ennuis avec la justice, il faut bien admettre que Kean est irréprochable. Il visite des écoles, fait du bénévolat dans le temps des Fêtes. Le Trifluvien n’aura jamais la langue de bois, mais il montre une belle maturité qui ne pourra que l’aider à se gagner des admirateurs.

UNE BELLE SOIRÉE
Je me suis fait un cadeau samedi. Plutôt que de prendre place tout près du ring avec mes confrères journalistes, c’est dans les estrades que j’ai suivi l’action avec mon père et mon frère. La dernière fois que nous avions fait une telle sortie, c’était pour le combat d’Arturo Gatti à Montréal, et le dernier volet de trilogie Hilton-Ouellet. Dix-huit ans plus tard, mon grand Alexis et mes neveux nous accompagnaient. La veille de la fête des Pères, impossible de demander mieux!

De ce point de vue, j’ai évidemment pu remarquer des choses qui m’échappent normalement, quand je suis collé sur l’action! Je retiens l’infatigable travail de Roger Lavergne, qui a passé la soirée à s’assurer que tout le monde ne manquait de rien sur le parterre. En tant que promoteur du gala, Lavergne aurait très bien pu s’installer première rangée et profiter du spectacle. C’est mal le connaître, il a dû marcher l’équivalent de trois kilomètres tellement il se promenait pour jaser avec son monde. Un hôte fier de la réponse du milieu.

Je retiens aussi à quel point le Centre Gervais Auto est un site exceptionnel pour ce type de galas de boxe. Camille Estephan a déjà indiqué son intention de revenir. Il a évoqué 2019. C’est drôle, je ne serais pas surpris si ça se passait dès la fin 2018, avec encore Kean comme tête d’affiche.

Viendra un temps où il sera trop populaire pour se limiter aux salles de 6000 places. Ça s’en vient, mais je doute que nous soyons déjà là. En attendant, la synergie développée avec les Cataractes positionne Shawinigan comme le château fort du Trifluvien.