Laurence Vincent-Lapointe est la reine du C-1 200m, du C1-5000m et du C-2 500m.

Imbattable!

TROIS-RIVIÈRES — Qui stoppera Laurence Vincent-Lapointe?

Ce week-end au Championnat du monde de canoë-kayak qui se déroulait au Portugal, la Trifluvienne a enrichi sa collection de trois autres titres planétaires.

Samedi, l’athlète de 26 ans a raflé l’or en C-1 sur 200m. C’était la sixième fois depuis le début de sa carrière qu’elle dominait la planète entière sur cette distance, et la 11e fois toutes distances confondues.

Dimanche, elle a conquis ses 12e et 13e couronnes mondiales en C-2 500m avec sa coéquipière Katie Vincent, puis au C-1 5000m, une épreuve qu’elle disputait pour la première fois!

«C’est fou! Je n’en reviens pas! Trois médailles d’or en trois épreuves», a livré Vincent-Lapointe à l’agence Sportcom.

C’est l’épreuve de samedi qui était la plus importante pour elle, puisque le C-1 200m sera des prochains Jeux de Tokyo en 2020. Elle a franchi le parcours en 45,567 secondes, devançant la Russe Olesia Romasenko par ,675 secondes. La Polonaise Dorota Borowska a mis la main sur la médaille de bronze tout comme la Bélarusse Alena Nazdrova, toutes deux à 1,245 seconde de la gagnante.

«Ç’a l’air que je suis partie vraiment, vraiment vite. C’est super, parce que, quand tu réussis ton départ, la confiance est plus là dans le reste de la course. J’ai poussé jusqu’à la fin, la technique a pris le bord un moment donné, mais j’ai réussi à maintenir [le rythme] et survivre jusqu’au bout », a dit Vincent-Lapointe, en avouant avoir eu à composer avec la nervosité.

«Plus j’approchais de la finale, plus je savais que je compétitionnais contre les plus fortes. La pression a augmenté même si j’étais consciente que je pouvais les battre. Il a vraiment fallu que je relaxe avec mes coéquipières et que j’écoute de la musique. Mon entraîneur est aussi toujours là pour me dire que je suis rapide et que ça va bien aller. C’est normal, tous les athlètes sont un peu anxieux avant une course. J’ai eu besoin de tout mon monde pour m’aider. J’ai fait un câlin à ma mère entre mes deux courses.»

Dimanche, avec Vincent, son duo n’a laissé aucun doute sur sa supériorité. Elles ont dominé la course en 1:56,395, soit 2,237 secondes de moins que leurs plus proches rivales, les Hongroises Virag Balla et Kincso Takacs (1:58,632). C’était un deuxième titre d’affilée pour le tandem.

Puis, la cerise sur le sundae fut cette troisième médaille d’or au C-1 5000m, une distance beaucoup plus longue que sa spécialité. «Je me demande comment j’ai fait. Je suis très orgueilleuse, alors à partir du moment où mon entraîneur m’a dit: “tu fais cette course”, je savais que j’étais capable. Avant le départ, je n’avais plus de bras ni de jambes. J’ai fait mon échauffement et je me suis bien sentie, mais de là à faire 5 kilomètres?», souriait-elle, en glissant qu’elle a dû composer avec de l’eau dans son canot, gracieuseté de celle qui la pourchassait, l’Allemande Annika Loske.

«Les vagues des bateaux à moteur ont rapproché les deux embarcations. Elle n’était même pas à un centimètre de mon canot. Elle a rempli mon embarcation à moitié d’eau et il restait un peu moins de la moitié de la course à faire. Honnêtement, je l’ai trouvé dur! J’ai continué parce que je sais que je suis capable d’être efficace sur l’eau. Dans la dernière ligne droite du bassin, je l’ai sentie relâcher et je me suis dit: OK, c’est le temps, pousse!»

Finalement, Vincent-Lapointe a été la plus rapide en 27:43,02. Loske a suivi à 9,521 secondes.

L’étudiante en sciences infirmières à l’Université du Québec à Trois-Rivières aura peu de temps pour savourer ses exploits. Elle revient au Québec pour participer aux Championnats canadiens cette semaine à Sherbrooke, puis sera des Championnats panaméricains dans deux semaines en Nouvelle-Écosse.

CRÊTE 12e, St-Pierre 7e
Deux autres Mauriciens participaient à ce championnat à Montemor-o-Velho. Dominik Crête a terminé au troisième rang de la finale B au K1-1 200m, terminant à ,594 seconde du gagnant Maxime Beaumon (35 :109.) Au classement général, Crête a obtenu le 12e rang.

Mathieu St-Pierre a pour sa part conclu en septième place du VL2 200m. Le Shawiniganais de 30 ans a fait un temps de 56,606, soit un retard de 2,290 secondes sur le vainqueur, le Brésilien Igor Tofalini.

«C’est une belle expérience, les gars sont très forts. Je suis très content de m’être rendu ici et je sais maintenant sur quoi travailler. J’étais bloqué à 57 secondes pendant tout l’été. C’est 1 seconde de mieux que ce que je fais normalement. Pour gagner, je dois viser les 55 et 54 secondes. Peut-être que l’an prochain j’y arriverai. À 2 secondes du premier, tout est possible. C’est deux ou trois coups de pagaies de plus et moins de petites erreurs techniques.»