Les Latuquois Yves Greffard et André Gagné revivront le départ ensemble comme il y a 40 ans.

«Il y a 128 ans dans le canot»

LA TUQUE — C’est sous un soleil radieux que les canotiers se sont élancés sur le lac Saint-Louis en plein cœur du centre-ville de La Tuque, vendredi. Les sprints ont permis aux athlètes de mettre la table pour le grand départ de la Classique internationale de canots de la Mauricie, samedi, au quai Dénommé-Goyette. Le départ sera particulier pour une équipe latuquoise. Yves Greffard et André Gagné pagaieront à nouveau ensemble sur le Saint-Maurice, 40 ans après la première fois.

Yves Greffard en est à sa 26e Classique de canots depuis la première fois en 1978 et celui qui l’a entraîné dans cette aventure, André Gagné, en sera à sa 8e descente.

«On a refait une Classique en 2015, mais cette année, ça fait 40 ans. C’est mon mentor du canot. C’est André qui m’a amené à faire du canot», explique Greffard.

Les deux hommes se plaisent à dire que ce sont eux qui ont le plus de maturité à l’intérieur de leur canot.

«Il y a 128 ans dans le canot. Je suis persuadé qu’on est la plus vieille équipe inscrite en 2018. On est des privilégiés à notre âge de pouvoir faire ça. Aujourd’hui, ça va bien, demain c’est un autre jour. La santé est là et on l’entretient», lance en riant Greffard.

Pour l’équipe latuquoise, et plusieurs autres rencontrées sur le site, les sprints du lac Saint-Louis permettent de se réchauffer un peu, de se mettre dans l’ambiance, mais surtout, de donner un spectacle aux amateurs. Ces derniers étaient d’ailleurs en grand nombre réunis dans le nouveau décor du lac Saint-Louis.

«On vient jaser avec les gens, les amateurs, les canotiers. Pour la compétition, ça ne donne rien. Par contre, ça amène des gens au lac Saint-Louis et c’est un bon spectacle. Les gens sont curieux», a commenté Greffard.

Les deux hommes ne lésinent pas sur l’entraînement. Ils ont commencé en avril alors qu’il y avait encore de la glace. «Les plus mordus commencent en février. Nous on casse un peu de glace sur le bord et on commence en avril. On enfile notre wetsuit et on y va. On aime ça et on n’a pas le choix si on veut performer un peu. Moi, à 68 ans, je le fais pour ma santé. Si tu ne t’entraînes pas adéquatement, tu risques plus de te rendre malade que d’autre chose», a noté Gagné.

La fébrilité se faisait déjà sentir à moins de 24 heures du grand départ et les deux hommes étaient d’accord pour dire que la compétition de cette année était relevée.

«C’est très fort. La jeunesse est forte. On va faire notre course et y aller à notre rythme. On ne veut pas battre les autres, on veut se battre soi-même. Samedi, ce sera une journée de vent de 17 km/h de face, ça va être dur et il va falloir travailler fort», a indiqué Greffard.

«On ne se fait pas d’illusion à notre âge, mais on veut performer», a conclu Gagné.