Il reste du travail à faire

Nos experts régionaux saluent tous la décision de Hockey Québec de placer les novices sur une demi-glace, à compter de la saison 2019-2020. Je ne vais pas cracher dans la soupe, je crois aussi que l’espace restreint va permettre de développer certaines qualités importantes pour le futur de nos jeunes hockeyeurs. Ça me rappelle l’époque où c’était dehors qu’on faisait nos premiers pas sur glace. Sur une surface de jeu plus petite, souvent face à des plus vieux, mettons que tu apprenais assez vite merci l’importante de la protection de rondelle et de te bagarrer pour celle-ci!

Bravo pour cette initiative. Ça prenait un peu d’audace, car il est clair que la mesure ne fera pas l’unanimité chez les parents. Un changement de culture, ce n’est jamais évident.

Maintenant, il ne faut pas s’arrêter là. Il reste du travail à faire si la priorité est vraiment d’outiller adéquatement nos jeunes.

La première étape à franchir va de pair avec cette décision. Il s’agit de doubler le volume de glace. Jouer sur une demi-glace fait en sorte que quatre clubs occupent la même case horaire, non? Donc, pour la même tarification, on peut passer de 16 à 32 matchs. C’est logique. Et ce serait salutaire, car plus les jeunes touchent à la glace, plus le développement s’accentue. Remarquez, le volume excédentaire n’est pas obligé d’être utilisé uniquement pour des matchs, on peut aussi le répartir différemment pour concocter plus de pratiques. Espérons que Hockey Québec va émettre des directives claires auprès des associations afin que celles-ci ne soient pas tentées d’y voir plutôt l’occasion de couper sur les frais de glace…

L’autre étape est plus difficile à franchir. Car elle implique de l’argent. Pourtant, ce serait la meilleure assurance d’offrir de bonnes bases à nos enfants. Vous me voyez venir, j’évoque la pertinence d’embaucher des maîtres pour s’occuper des plus jeunes. En ce moment, nos meilleurs entraîneurs travaillent avec les adolescents. Tant mieux pour eux! Pendant ce temps-là par contre, ce sont des bénévoles qui montrent à patiner aux enfants entre quatre et huit ans. Certains sont qualifiés, plusieurs par contre font ce qu’ils peuvent avec leur bagage et leur formation d’une demi-journée. Je m’inclus bien humblement dans la deuxième catégorie. C’est une chose de montrer des trucs pour améliorer certaines habiletés ou même d’enseigner les bases du collectif, c’est une autre de pouvoir disséquer les mouvements de patinage ou les virages sur les axes par exemple. D’une ville à l’autre, il n’y a aucune homogénéité.

Chaque association devrait pouvoir compter sur un expert comme Frédéric Lavoie, Jean-Philippe Glaude, Pierre Aubry, Keven Desrocher ou autres André Lapierre. Ils pourraient former les jeunes, et des bénévoles prêts à les épauler et à prendre le relais à partir de la catégorie atome. Mieux tu sers tes jeunes, plus tu augmentes tes chances de les retenir dans le futur…

La qualité de l’encadrement, c’est certainement une des raisons de la fuite des joueurs vers les réseaux privés. Il me semble que si j’étais un dirigeant chez Hockey Québec, c’est une bataille que je m’empresserais de livrer.