Le prochain adversaire de Simon Kean ne sera vraisemblablement pas le champion canadien des poids lourds, Mladen Miljas, qui n’a aucune intention de se frotter au Grizzly de Trois-Rivières.

Il faut oublier Mladen Miljas

CHRONIQUE / La boxe, ça fonctionne souvent par domino.

À la recherche du meilleur rival possible pour le prochain combat de Simon Kean, un premier est tombé il y a quelques jours dans le jeu de Camille Estephan lorsque le promoteur de Mladen Miljas lui a exprimé d’oublier un choc entre les deux poids lourds canadiens.

Estephan court après Miljas depuis qu’il est devenu champion national il y a près de deux ans. Il a déposé quelques offres, sans succès. Il est revenu à la charge la semaine passée, son promoteur n’a même pas voulu connaître le montant proposé!

Le plan de Greg Cohen, qui gère aussi la carrière du poids lourd américain Jarred Miller, semble clair: donner des jambons à Miljas pour gonfler sa fiche, et espérer éventuellement pouvoir l’impliquer dans un gros combat lucratif aux États-Unis.

En 18 mois de règne, le champion canadien a fait… aucune défense de titre. Zéro comme Ouellet! Il a plutôt livré trois combats chez l’Oncle Sam, et la fiche combinée de ses adversaires était de 44-71! L’un de ces gars, tenez-vous bien, avait 46 défaites au compteur dont 15 à ses 20 derniers combats!

Estephan espérait quand même déstabiliser son clan avec une offre audacieuse… «Vous m’avez offert le combat 15 fois. La réponse ne changera pas. Il est temps de passer à un autre appel. On a de plus gros plans que Simon Kean dans le futur, mais bonne chance», a écrit GCP Boxing sur Twitter en fin de semaine.

«C’est dommage, on voulait vraiment mettre ce combat sur pied. Ceux qui en doutaient ont cette preuve», fait valoir Estephan.

«C’est assez clair, Mladen Miljas a peur de Simon. Il peut dire ce qu’il veut. S’il était si sûr de battre Simon, il prendrait le combat et ajouterait un olympien à son tableau de chasse. C’est le contraire, il le fuit comme la peste. C’est plate pour les fans, ils voulaient voir ce combat», se désolait pour sa part Roger Lavergne, qui avait levé la main pour présenter ce duel à Shawinigan cet automne.

La ceinture vacante?

Même sans Miljas, Lavergne aura peut-être son combat de championnat canadien des poids lourds dont il rêve depuis deux ans. C’est que Estephan a demandé à la Fédération de dépouiller Miljas de son titre. «Il ne l’a jamais défendu, il n’a aucune volonté de le faire. On s’attend à avoir une bonne nouvelle d’ici quelques semaines au maximum. Nous, on veut se battre en championnat canadien. On pense que ça va arriver. Mais vraisemblablement, ça ne sera pas contre Miljas», confie Estephan.

Contre qui, alors? Ça peut être contre Adam Braidwood (14-2), Dillon Carman (14-5), Oleksandr Teslenko (16-0), Stan Surmacz (11-1). Braidwood et Carman meurent d’envie de recroiser Kean, Surmacz est géré par la même promotrice que Braidwood, Mel Lubovac. «Du groupe, Teslenko est peut-être le plus dur à amener, parce qu’il boxe pour Lou Dibiella. Mais je ne l’écarte pas du portrait. Je pense aussi que les gens aimeraient revoir Braidwood contre Simon, et même un troisième combat avec Carman. On va faire le combat qui va le plus plaire aux fans», promet Estephan.

Les Morrison dans le portrait

Cette quête du titre national pourrait toutefois attendre un peu si jamais Estephan réussit à convaincre l’un des deux frères Morrison de venir au Québec. Trey Lippe Morrison (15-0, 15 K.-O.) et James McKenzie Morrison (15-0-2, 13 K.-O.) sont les fils de Tommy Morrison, l’ex-champion du monde qui est aussi connu pour son rôle-titre dans Rocky 5. «On les avait approchés dans le passé, il n’y avait pas d’intérêt. Cette fois, il semble y avoir de l’ouverture pour amener James. C’est sûr qu’on va explorer ça très sérieusement. Les Morrison, c’est un nom très connu. Ça permettrait à Simon de faire un splash aux États-Unis. Et puis, on pourrait peut-être faire du deux pour un. En battant le premier, on se doute bien que le deuxième frère voudra le venger!», sourit Estephan.

Tous ces scénarios sont sur la table. Reste à établir un ordre de priorité. À jaser avec Estephan, on semble décoder que les deux Morrison sont sa préférence.

Parallèlement, il attend d’autres rapports médicaux sur l’état de santé de Kean. Eye of the Tiger Management veut être 100 % sûr de prendre la bonne décision. «La question, c’est de savoir s’il a besoin d’une chirurgie ou non. La réponse va déterminer la date de son retour sur le ring. C’est un repos de quelques semaines, ou de quelques mois qui est en jeu. Mais quand il sera prêt, on va le faire progresser. Simon ne reçoit pas le crédit qu’il mérite en ce moment. C’est correct, on va travailler pour que ça change.»

Adrien Plavsic, l’homme des Cataractes

Daniel Renaud et Martin Mondou vont présenter en conférence de presse ce jeudi l’homme qu’ils ont choisi pour maximiser le développement de leurs jeunes défenseurs. Après une recherche de plusieurs semaines, c’est l’ex-joueur de la LNH Adrien Plavsic qui a obtenu l’emploi.

Le Montréalais a disputé plus de 250 matchs dans la LNH dans les années ’90, avant de se tourner vers l’Europe. Il a mis fin à sa carrière en 2012, puis il a entamé sa seconde carrière dans le hockey derrière le banc.

Malgré sa longue feuille de route, il ne connaît évidemment pas la LHJMQ. Il n’a même pas évolué dans le junior canadien, préférant la NCAA à l’époque.
Renaud, qui a aussi greffé Jonathan Bellemare à son personnel, se retrouve avec un personnel qui connaît peu le circuit Courteau contrairement aux vétérans Steve Larouche et Rémi Royer, dont les contrats n’ont pas été renouvelés.

Remarquez, ce n’est pas automatiquement un désavantage. De nouvelles méthodes, un regard frais, ça peut compenser pour le manque de vécu à l’intérieur de la ligue…