Patrice L’Heureux et David Cadieux ont fait vivre des émotions fortes aux amateurs de boxe de la région, il y a 12 ans.

«Il doit rester dans sa bulle»

Trois-Rivières — C’est une grosse décharge d’amour qui attend Simon Kean en fin de soirée samedi, quand il va se frayer un chemin jusqu’au ring du Centre Gervais Auto pour la finale qui l’opposera à l’Américain Alexis Santos, dans le gala de boxe présenté conjointement par les Cataractes et Eye of the Tiger Management.

Il y a 12 ans, Patrice L’Heureux avait fait le même parcours dans un aréna Jacques-Plante surpeuplé et il n’avait pas réussi à bien gérer toute cette pression, malgré ses larges épaules. «Le plus important, c’est que Simon doit rester dans sa bulle. Il va voir un paquet de gens dans la place, tout le monde va l’acclamer. Tout ça est bien l’fun. Mais quand la cloche sonne, si son esprit est ailleurs, ça peut aller vite. Et pas du bon bord.»

Le Granit en sait quelque chose. Ce soir-là, même s’il était le favori, il s’était fait passer le K.-O. par David Cadieux. «C’était débile, l’ambiance. J’étais dans le vestiaire des Cataractes pendant la sous-carte, les murs bougeaient. Je n’avais pu m’empêcher de sortir et d’aller voir quelques instants de quoi ça avait l’air. J’ai bien mal géré la situation. Peu importe comment ça s’est terminé par contre, ce fut une soirée mémorable. Tomber c’est humain, rester à terre, c’est sans dessein, et se relever c’est divin. Je me suis relevé de ça», sourit l’homme d’affaires.

L’Heureux a déjà mis les gants avec Kean dans le passé. Il est donc bien placé pour évaluer le potentiel du Trifluvien. «Il cogne extrêmement dur. Et il est rapide pour un gars de sa grosseur. Pour moi, ça ne fait aucun doute, il a les outils pour aller plus loin que moi. Maintenant, ça ne veut pas dire que la soirée de samedi est sans danger. Au contraire! Santos arrive ici, il n’a rien à perdre. Il va s’essayer. J’espère que Simon ne pense pas que ça va être facile. Moi dans ma carrière, j’ai déjà pensé que j’affrontais des deux de pique. Ce fut lors de ces soirées-là que j’ai eu de mauvaises surprises.»

Ce n’est pas l’envie qui manque, mais L’Heureux ne sera pas sur place samedi. Il s’envole dans quelques heures avec sa douce pour consommer son voyage de noces! Dans un sens, ce n’est pas une mauvaise chose. Car lorsqu’il a appris qu’un gala se préparait dans ses terres, il a songé à proposer ses services!

«J’y ai pensé, c’est vrai. J’ai toujours voulu finir ça avec un dernier combat chez nous. J’aurais été prêt à retourner au gymnase et bûcher pour obtenir ma licence», confie l’ex-boxeur de 46 ans, qui a pris sa retraite en 2010 après avoir gagné 24 de ses 29 combats. Au passage, L’Heureux a rapatrié le titre canadien des poids lourds au Québec après un exil de cinq décennies et il a même partagé le ring avec Alexander Povetkin, l’un de meilleurs boxeurs sur la planète de sa génération.

«Mais bon, avec la date choisie par les promoteurs, c’était impossible. C’est peut-être un signe que ça n’arrivera jamais. Je commence à me faire à cette idée!»