Les anciens issus des programmes de football de la région devraient s'investir à leur tour afin d'alléger la tâche des Martin Croteau et autres entraîneurs, croit Charles-Antoine Sinotte.

Identité football: «On a tout pour réussir»

La Mauricie a tout ce qu'il faut pour se créer une identité football propre à elle, qui pourrait lui permettre d'attirer des joueurs de l'extérieur pour ses programmes collégiaux et, ultimement, une équipe universitaire sur le campus de l'UQTR.
Dans son rôle de coordonnateur des programmes universitaires au Réseau du sport étudiant du Québec, Charles-Antoine Sinotte garde un oeil particulièrement intéressé sur les activités de sa région natale.
Ex-porte-couleurs du Vert et Or et des Diablos, il estime que les astres sont alignés pour que la Mauricie retrouve ses lettres de noblesse en football. En tout cas, les installations et les intervenants sont là.
«Il y a tout le nécessaire pour réussir: le stade Diablos figure parmi les plus beaux du réseau collégial, les Estacades et le Vert et Or évoluent aussi sur des terrains parfaits tandis que Shawinigan a investi beaucoup d'argent dans son complexe sportif», déclarait l'ancien receveur étoile des Redmen de McGill, de passage au Séminaire Saint-Joseph hier pendant le camp de jour du Vert et Or.
Sinotte ne tarit pas d'éloges sur les entraîneurs, qu'il croise souvent sur les divers terrains de la province. Mais encore là, il pourrait y avoir encore davantage d'implication de quelques «anciens».
«Le sentiment d'appartenance doit revenir. Ce ne sont pas les exemples et les modèles qui manquent en Mauricie ces dernières années, quand on parle de succès dans les rangs universitaire ou professionnel. C'est une région de sports à la base. J'ai vraiment l'impression que de jeunes entraîneurs pourraient s'amener afin d'alléger la tâche des gars comme Martin (Croteau, l'entraîneur-chef des Diablos). Cette réalité existe dans d'autres régions, ce serait possible ici aussi.»
Il cite à ce chapitre les Cantons-de-l'Est qui, depuis la création du programme du Vert et Or de l'Université de Sherbrooke, parviennent à attirer des joueurs de l'extérieur. Au dire de Sinotte, la région a, du coup, réussi à se créer une identité.
«Cela a permis de créer un support et un système vertical de développement. Tout le monde embarque: les fans, les médias, les commanditaires. Parce qu'avec une telle structure, ça prend des fonds et l'argent ne pleut pas dans ce milieu non plus. Il s'agit d'ailleurs d'un aspect dissuasif pour plusieurs.»
Qu'à cela ne tienne, le vent semble vouloir tourner, dit-il. «L'arrivée de Shawinigan dans la ligue collégiale de troisième division est une bonne nouvelle. Le fait que les intervenants semblent vouloir travailler ensemble constitue aussi une piste encourageante.»
TVA Sports : une belle opportunité
Sinotte n'a que 27 ans, mais il est déjà bien connu dans le monde médiatique québécois pour son implication à Radio-Canada, lors des rencontres de football universitaire.
Un nouveau défi l'attend d'ici quelques semaines, alors que la chaîne TVA Sports diffusera les rencontres du jeudi soir dans la NFL.
Le Trifluvien se chargera de l'analyse lors des reportages. «Je me sens privilégié! Ils ont pris le pari de faire confiance à des jeunes et pour moi, il s'agit d'une excellente opportunité. C'est une belle plate-forme pour aider les gens à décortiquer ce sport qui fait partie de ma vie depuis si longtemps.»