Le cycliste Hugo Houle connaît, de son propre aveu, son meilleur début de saison en carrière.

Hugo Houle se rapproche du Tour de France

Trois-Rivières — Hugo Houle roule sa bosse chez les pros depuis neuf ans. Quand on l’intercepte sur le bord d’une route pendant un entraînement ou lors d’un événement, une question revient souvent: «As-tu déjà fait le Tour de France?» Pas encore, mais ça viendra, répond le cycliste de Sainte-Perpétue. Si tout se déroule comme il le prévoit ce printemps, il pourra enfin cocher ce fait d’armes sur sa liste de choses à accomplir. Rendez-vous le 6 juillet, à Bruxelles.

L’athlète de 28 ans profite d’un rare moment de répit en ce début de printemps, qui tarde à s’installer au Québec. «Je suis de retour de l’Europe depuis lundi, je ressens encore les effets du décalage horaire», qu’il dira, en entrevue au Nouvelliste dans un café du centre-ville de Trois-Rivières, jeudi après-midi.

Houle a le sourire facile. On peut le comprendre: le premier tiers de la saison est déjà derrière lui et il s’en est plutôt bien tiré. Son équipe professionnelle, la Kazakhe Astana, a déjà remporté 22 victoires sur le circuit de l’Union cycliste internationale. Avec neuf victoires dans les classements généraux, le prochain triomphe d’Astana lui permettra d’établir une nouvelle marque mondiale dans l’histoire de la discipline pour une année. Ils forment, en ce moment, l’équipe à battre. Et Houle a eu à se signaler dans ces succès.

Sans être un meneur, le rôle du Perpétuen demeure capital chez Astana. C’est grâce à sa contribution que les leaders parviennent à se détacher et à remporter des courses. Les années d’expérience accumulées commencent à payer. Pour lui, il s’agit de son meilleur départ en carrière jusqu’ici.

«Je compare souvent le cyclisme à un jeu d’échecs. Je suis plus à l’aise aujourd’hui que je l’étais à 25 ans. En ayant une meilleure vision des courses, je prends de meilleures décisions», explique Houle qui, malgré des malchances comme des crevaisons ou des chutes pendant les Classiques belges, a réussi à se faire justice et à impressionner la direction d’Astana. Il rappelle qu’à son arrivée avec eux, à la fin de 2017, il devait prouver sa valeur.

«Ils ne savaient pas à quoi s’attendre. J’arrivais de l’équipe française AG2R La Mondiale, ils ne me connaissaient pas.»

Houle l’avoue, les partenaires canadiens que sont Argon 18 et Premier Tech pour Astana ont penché dans la balance, quand est venu le temps d’enrôler de nouveaux cyclistes. «Ils ont probablement accepté de m’engager pour ces raisons. Aujourd’hui, je sais qu’ils sont satisfaits de mon rendement. Je ne suis plus un inconnu pour eux!»

De son propre aveu, il est plus endurant qu’il ne l’a jamais été. Voilà une qualité précieuse pour un cycliste professionnel qui lorgne le Tour de France. «Je pense avoir prouvé depuis le début de l’année que je suis un coureur solide. J’ai la même puissance qu’avant, mais je suis plus endurant.»

Il faut dire qu’il a fait les sacrifices pour atteindre ce stade, entre autres dans son alimentation, un aspect qu’il a amélioré. «Si tu veux jouer avec les meilleurs au monde, tu n’as pas le choix.»

Le premier Québécois?

Quand il confirmera sa place au Tour de France dans les semaines à venir, Hugo Houle deviendra le premier cycliste du Québec à avoir enfourché son vélo lors des trois Grands tours. Il a déjà participé à la Vuelta (Tour d’Espagne) et au Giro (Tour d’Italie) par le passé. «Mais tant et aussi longtemps que tu ne fais pas le Tour de France, on te le rappelle», lance-t-il en souriant.

«Je peux comprendre, c’est le Tour le plus prestigieux. Sauf que pour nous, les cyclistes professionnels, la Vuelta et le Giro ont le même niveau d’intensité en termes d’efforts. Je ne me prépare pas pour le Tour de France d’une façon différente, mais je comprends qu’il a une portée médiatique et mondiale plus importante. Et c’est pour ça que je veux le compléter.»

D’ailleurs, il est d’avis que le meilleur programme d’entraînement dont il peut bénéficier afin de s’y préparer, c’est celui qu’on lui dicte actuellement. «Je suis le plan à la lettre, je ne me suis jamais senti autant épanoui. Parce que ce sont des Russes et des Kazakhes, les gens me prévenaient qu’il y aurait une discipline de fer chez Astana, que ce serait l’armée. C’est tout le contraire, c’est devenu ma deuxième famille. Il y a des cyclistes de partout dans l’équipe, je peux maintenant comprendre l’italien et l’espagnol. Je me rapproche d’une première victoire dans une grande course. Je travaille pour, en tout cas!»

Sprint final avant juillet

Houle, qui roule un peu dans la région de Drummondville ces jours-ci, quittera le Québec au début du mois de mai en vue du Tour de la Californie. Il participera ensuite au Tour de la Suisse. «On commence à se préparer pour les montagnes, pour les stages en altitude.»

Il commence aussi à penser aux Jeux olympiques de Tokyo de 2020. «Le but, c’est de me rendre aux Jeux de Paris en 2024. J’aurai alors 34 ans.»

D’ici là, il espère qu’il aura aussi participé au Tour de Lombardie ainsi qu’à la course Amstel Gold Race.

«Ce sont les seules courses majeures qui manquent à mon palmarès. Après, j’aurai fait toutes les courses majeures.»